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Bibliographic record
Abstract
I. Le « droit » en paradigmes Dans son oeuvre classique intitulee La structure des revolutions scientifiques, Thomas Kuhn a bien montre la dimension collective de toute science1. Il a notamment fait voir le role central que jouent les manuels d’introduction et les oeuvres classiques dans l’apprentissage d’une discipline scientifique. Ces ouvrages accomplissent non seulement une fonction didactique, mais aussi une fonction epistemique, en transmettant une certaine conception de la discipline, en repertoriant les entites dont elle reconnait l’existence, en formulant les problemes auxquels elle s’interesse, en evoquant les approches theoriques qu’elle privilegie, en presentant les demarches methodologiques qu’elle utilise, etc. Dans les « sciences juridiques », de tels manuels d’introduction sont particulierement nevralgiques pour former les juristes en devenir1. Est exemplaire a cet egard l’un de ceux en usage au Quebec dans les facultes de droit (dont l’institutionnalisation a ete a la fois lente et compliquee au sein de l’universite)2. Des l’ouverture, ses redacteurs posent aux etudiants debutants une question fondamentale et leur proposent une reponse peremptoire : Qu’est-ce que le droit? De nombreux auteurs ont cherche a elaborer une theorie descriptive du droit en decrivant ce qu’il est et comment il devrait se faire. Ces auteurs ont alors cree une science autonome, distincte des autres savoirs comme la sociologie, la philosophie ou la politique, parce qu’ils voulaient expliquer le droit independamment des circonstances externes entourant sa production. Leur credo est qu’il n’y a pas d’autre droit que celui reconnu par le pouvoir politique; tout le droit doit passer par la mediation de l’Etat. Ils affirment egalement que le droit, avant d’etre reconnu comme tel, doit avoir ete pose, ce qui signifie avoir ete cree par des institutions humaines, d’ou le nom de positivistes qu’on leur a accole et celui de positivisme qui fut donne a leur doctrine. Le positivisme est la doctrine que nous enseignons dans cet ouvrage. Selon elle, le seul veritable droit est le droit positif. Il n’en existe pas d’autre auquel on pourrait l’opposer ou le comparer3. Ce passage resume comme nul autre les termes d’un paradigme particulier, tel que le definit Kuhn, soit un « ensemble de croyances, de valeurs reconnues et de techniques qui sont communes aux membres d’un groupe donne »4. Il expose une certaine conception du droit comme discipline universitaire (« une science autonome ») et definit l’entite qui en forme l’objet d’etude (« le droit positif »). Il depeint ainsi le juriste comme un specialiste des normes posees par une volonte humaine (plutot qu’issues d’une inspiration divine ou d’une finalite naturelle), bref, des normes juridiques — lois, reglements, jugements, contrats, etc. — placees dans un ordre hierarchique les unes par rapport aux autres et reconnues par une autorite legitime, incarnee par l’Etat, ainsi que des normes dont l’activite legislative garantit la legalite et dont la pratique judiciaire assure l’interpretation et la mise en oeuvre. L’apprentissage d’un tel paradigme, qu’il soit implicite ou explicite, introduit le nouveau juriste aux manieres de penser d’une communaute scientifique particuliere, celle des « sciences juridiques », et y facilite son integration5. Dans le manuel que nous avons cite plus haut, la formule « droit + Etat = droit positif » repose, sans tout a fait le nommer, sur un paradigme qui peut etre qualifie de « monisme juridique ». Typique en cela des manuels scientifiques evoques par Kuhn, le monisme juridique euphemise le contexte historique d’apparition du paradigme au sein duquel il s’inscrit. En droit, on pense spontanement aux travaux de Hans Kelsen et de Herbert Hart6. Comme tout paradigme scientifique, le monisme juridique minore la diversite des acceptions qu’il recouvre7 et elude toute une serie de paradigmes concurrents qui subsistent pourtant, malgre l’hegemonie exercee par le positivisme juridique8.
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Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.000 | 0.000 |
| Science and technology studies | 0.000 | 0.000 |
| Scholarly communication | 0.000 | 0.002 |
| Open science | 0.000 | 0.000 |
| Research integrity | 0.000 | 0.000 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.005 | 0.031 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from it