La fabrique du corps médical, dissections humaines et formation médicale dans le Québec du XIXe siècle
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Bibliographic record
Abstract
Lobe pariétal, ischiojambiers, plèvre, sphénoïde, vertèbres cervicales ... D'où vient que l'on conçoive nos corps comme des assemblages de parties, dont la nomenclature provient du langage chirurgical et médical ? Cette thèse retrace les conditions qui rendent possible au XIXe siècle l'avènement de ce corps médical dans les écoles de médecine de la province canadienne de Québec. Étudier le corps anatomique y devient un enjeu de légitimité et de distinction professionnelle pour les médecins. Cette activité de connaissance suppose la dissection de milliers de défunts, soit enlevés par des étudiants en médecine à même des lieux de sépulture, ou qui proviennent d'institutions de soin et d'assistance et n'ont pas été réclamés par des proches. Les lois canadiennes d'anatomie de 1843 et de 1883 imposent cette dernière catégorie, celle des morts «non réclamés», au terme de près d'un siècle de polémiques, de négociations et d'arrangements entre une variété de milieux. Au moyen d'archives hospitalières et d'écoles de médecine, de journaux, de débats judiciaires et parlementaires et de témoignages écrits de médecins, cette analyse du cas québécois contribue à l'histoire de la profession médicale et de la disposition des morts au XIXe siècle. Au milieu du XVIIIe siècle, la province de Québec est intégrée à l'Empire britannique, rendant possible l'installation sur le territoire de médecins et chirurgiens formés aux dissections humaines à Londres ou à Édimbourg. Par l'application du Murder Act, loi britannique autorisant la dissection de certains condamnés à mort pour meurtre, les premières dissections humaines sont alors pratiquées au Québec. Instituée à partir des années 1820 dans des cursus de formation médicale, cette pratique devient, dans la seconde moitié du siècle, obligatoire pour tous les apprentis médecins canadiens. En 1843, une première loi canadienne d'anatomie, qui prend modèle sur celle adoptée à Londres une décennie plus tôt, met un terme à la dissection punitive des condamnés à mort en limitant en principe les dissections humaines aux défunts non réclamés provenant d'établissements de soin et d'assistance. La répugnance de certains de ces établissements à se conformer à cette loi canadienne d'anatomie conduit toutefois à son échec. Au cours des quatre décennies suivantes, les écoles médicales négocient donc en marge de la loi l'obtention des cadavres nécessaires à leurs cours d'anatomie humaine. En parallèle, les enlèvements de défunts à même les lieux de sépulture entrent dans l'ordinaire des étudiants en médecine canadiens. Ce statu quo, dans les années 1870, atteint un point de rupture. Les controverses liées aux enlèvements de cadavres entrent en contradiction avec les velléités des médecins à ce qu'on les reconnaisse comme seuls habilités à intervenir professionnellement en ce qui regarde la santé des individus et des populations. Dans ce contexte, le procès à Montréal d'un étudiant en médecine accusé d'avoir enlevé un mort conduit, en 1883, à l'adoption d'une réforme de la loi canadienne d'anatomie. Au moyen d'une analyse quantitative des registres de cinq institutions, je montre que les dissections humaines se normalisent au Québec vers la fin du XIXe siècle. Une grande majorité des morts non réclamés confiés aux écoles médicales provient alors d'asiles d'aliénés. Par l'entremise d'intermédiaires tels que les inspecteurs d'anatomie, deux groupes sociaux se forment en définitive au miroir du corps anatomique dans le Québec du XIXe siècle. D'une part, celui des médecins qui étudient ce corps et, de l'autre, celui des « non réclamés», décédés dans l'indifférence, qui l'incarnent. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : anatomo-clinique, Jeremy Bentham, Murder Act, Asile de Longue-Pointe, enlèvements de cadavres, résurrectionnistes, Montréal, ville de Québec, Amérique du Nord, XVIIIe -XIXe siècles
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Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.000 | 0.000 |
| Science and technology studies | 0.001 | 0.001 |
| Scholarly communication | 0.000 | 0.000 |
| Open science | 0.000 | 0.000 |
| Research integrity | 0.000 | 0.000 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.000 | 0.000 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from it