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Record W6992177767

Je refuse! Petit manifeste pour un après COVID-19

2020· book· fr· W6992177767 on OpenAlex

Why this work is in the frame

A frame that forgets how it found something cannot be audited. These are the routes that admitted this work.

aboutThe title or abstract carries a Canadian signal from the geographic lexicon.
no affNo Canadian affiliation: this work is invisible to an affiliation-only frame.
No Canadian affiliation. An affiliation-only frame, the usual design, would never have seen this work. It is one of the works that make the case for inverting the frame.

Bibliographic record

VenueE-Artexte (Artexte) · 2020
Typebook
Languagefr
FieldSocial Sciences
TopicMigration and Exile Studies
Canadian institutionsnot available
Fundersnot available
KeywordsPeriod (music)Context (archaeology)The Imaginary
DOInot available

Abstract

fetched live from OpenAlex

Texte : Jérome Pruneau Le refus, un droit fondamental Je suis chez moi en ce 10 avril 2020, confiné comme la moitié de la planète. C’est une sensation bizarre, post-apocalyptique qu’on en a souvent vue dans certains films. Pour autant, je suis chanceux dans notre malheur collectif car j’ai un chez-moi agréable, je n’ai pas perdu mon travail, j’ai à manger et à boire, me payant le luxe de faire quelques apéro-zoom avec des amis, dernière tendance du moment, tel un lien social à la mode qui permet de garder l’illusion d’être ensemble. On s’organise, que voulez-vous. Oui j’ai de la chance dans mon confinement, je ne vis pas celui de certaines familles qui, partout dans le monde, ont parfois des situations bien plus précaires dues à leurs conditions sociales. Cette crise du Covid-19 est une plaie pour le monde d’un point de vue sanitaire, social, une sorte de couperet qui attend chaque pays au passage pour lui délivrer son lot de stress, d’angoisse et de morts, comme pour lui rappeler qu’il n’y échappera pas. Une lame de fond qui passe en ramassant tout le monde sans exception, même si les moins nantis, comme toujours, se font ramasser plus forts. Les aînés par leurs conditions précaires de santé et d’hébergement dans quelques centres de vieillesse dont on découvre les horreurs. Les plus pauvres qui avant déjà ne joignaient pas les deux bouts et à qui l’on demande maintenant de tenter d’en joindre trois, quatre ou plus. Les Noirs aux États-Unis qui, par leur précarité historique, leur manque d’accès aux soins, leurs conditions sociales vulnérables accumulant les petits boulots les plus exposés – caissiers, chauffeurs, livreurs – subissent de plein fouet la foudre de cette pandémie et reçoivent des réponses racistes, encore et toujours d’un système de domination qui lui n’est pas touché par la crise. Et bien sûr, l’économie du monde s’effondre, faisant pleurer les tradeurs d’une bourse folle qui perd la tête, mettant aux abois les gouvernements qui, subitement, décaissent des milliards de dollars en faisant rouler les planches à billets plein gaze, mais qui comme bien souvent, n’arrivent pas pour autant à s’entendre, désolidarisés par quelque guerre des masques et autres accessoires de santé qu’on se vole, qu’on réquisitionne sur les tarmacs à grand coup de cash, ou qu’on décide de garder pour soi à l’aune d’une bonne veille loi des années 1950 ressortie de derrière les fagots en guise d’acte patriotique. Me, myself and I, à l’heure d’une solidarité mondiale qui devrait mener la barque d’un sauvetage collectif. A croire que même lors de circonstances mondiales exceptionnelles, l’Ego des uns prédominent sur toute vision d’un monde différent et solidaire. Assis dans mon salon, je pense à demain, aux « plans de relance » dont les mots sonnent business as usual pour reprendre les mots de quelques parlementaires français lucides qui ont convoqué un groupe pour penser autrement, et je décide de refuser. Oui, je refuse, usant de ce droit fondamental de ne pas être d’accord, et de pouvoir l’exprimer ouvertement pour tenter de réduire ma peine de voir le monde qui s’en va à vaux l’eau, mais aussi pour « m’indigner » aux bon vouloir d’un Hessel1 qui nous manque, mais inspire. Il m’inspire de poser une réflexion sur demain, cet après Covid-19 qui viendra. Il m’inspire de non pas relancer, mais de transformer notre monde, nos vies, nos façons d’être et de faire. Il m’inspire de voir les jeunes pousser pour cette transformation solidaire et inévitable qui nous est tant hurlée par la Terre-mère, mais qu’on n’est jamais foutu d’écouter et de regarder en face. Le Covid-19 s’invite en ultimatum, dans un paradoxe porteur à la fois de mort et d’espoir, qui nous met tous à l’arrêt pour nous faire ralentir, pour nous faire entendre, pour nous faire regarder, pour nous faire réfléchir, pour nous faire agir afin que d’un après Covid-19 naisse autre chose. Et pour cela, il faut refuser de retourner vers ce que nous vivions, il faut refuser maintenant pour demain, ensemble. Je refuse la productivité illimitée Je me suis souvent demandé s’il était possible de produire à l’infini comme veut bien nous le laisser croire un système capitaliste débridé qui semble s’être inscrit en norme mondiale, au point où même les pays aux régimes communistes l’ont adopté, faisant apparaître des millions de nouveaux riches aux quatre coins de la Russie ou de la Chine. L’appât du gain, dont la manne financière s’est instituée en réalité pour quelques-uns au point où 1% des plus riches détient 82% de la richesse mondiale2, reste pour tous les autres une chimère, sorte d’objectif vain qui s’incarne dans nos volontés d’avoir toujours plus alors que notre bonheur devrait immanquablement se focaliser sur l’être. Être soi, être au monde, être entre amis ou en famille n’exprimerait-il pas plus de valeur que celle d’une pièce qui sonne et trébuche ? Cette chimère est profondément inscrite dans l’illusion que la productivité illimitée est la source de la croissance, elle-même illimitée, et à laquelle s’abreuve l’économie mondiale. Il faut produire plus, « travailler plus pour gagner plus » disaient certains, augmenter nos performances, nos chiffres, nos résultats, notre efficacité pour qu’au final, ceux en haut de la pyramide s’enrichissent, s’assoient sur nos efforts collectifs et sur un tas lucratif bien trop peu redistribué, voire pas du tout. Cette productivité infinie profite ainsi davantage à quelques milliardaires qui, soit dit en passant, n’auront pas assez d’une vie pour tout dépenser, alors que bien souvent la base de cette productivité provient des autres. Loin de moi l’idée de vouloir mettre à bas les idées de génie que certains ont pu avoir en créant des entreprises fleurissantes, ni celle de condamner tous les chefs et cheffes d’entreprise pour leur effort. Non, ce que je condamne et que je refuse à l’avenir, c’est cette idée de l’infiniment « plus » comme constante, de l’illimitée comme vision d’avenir dont on perçoit pourtant les limites. Moi qui suis un simple gestionnaire dans le milieu des arts, je déplore déjà dans ce secteur cette productivité sans limite qui aujourd’hui voit des spectacles à plusieurs milliers de dollars montés en quelques semaines pour finir par être joués douze à quinze soirs sur scène en théâtre par exemple puis disparaître quand ils n’arrivent pas à tourner par manque de moyens. Ou ces séries télé dont on tourne les épisodes à des rythmes effrénés, toujours plus vite, avec moins de budget, et au détriment des conditions des artistes qui n’ont droit qu’à une seule scène pour sortir la quintessence de leur art, devenus des automates sans émotion pour une malheureuse et unique prise. Idem pour les temps de création qui sont réduits comme peau de chagrin parce qu’il faut produire deux albums par an plutôt qu’un tous les deux ans, afin de vendre davantage et de rentabiliser les coûts de production. Ou encore ces films de cinéma jadis tournés pendant huit mois, un an, et qu’il faut désormais avoir fini en trois mois pour s’assurer la clémence d’un distributeur qui impose ses choix, ses dates, ses acteurs même parfois. Même chose dans le domaine du sport où les droits-télé sont devenus les nouveaux eldorados et qui imposent aux clubs qui veulent en recevoir (des droits), plus de matchs, plus de championnats au détriment de la santé des joueurs, désormais à la merci des blessures à répétitions. Mais ces enjeux font monter les prix et les enchères des joueurs justement productifs pour qui les salaires et les sommes des transferts montent encore et toujours au point de parvenir à l’indécence qui ne fait hurler personne : quasiment un million par semaine à des Christiano Ronaldo ou Lionel Messi de ce monde, de quoi exhiber fièrement pour le premier son immense garage aux quelques huit ou dix bolides d’une valeur de plusieurs millions. Et je n’aborde même pas ici la question des transferts... Pourquoi n’est-il pas possible d’imposer à ces sportifs un plafond salarial suffisant pour en jouir sans pour autant tomber dans cette indécence inégalitaire, celle qui veut que lorsqu’il joue au ballon durant une semaine, il me faut vingt ans de travail pour équivaloir son dû ? Certes, il a un des plus gros compte Instagram au monde et fait déplacer les foules. Mais est-ce là l’essentiel ? Rassurez-vous, je n’en suis pas jaloux, mais je questionne juste la possibilité d’un rééquilibrage dans les façons de vivre. Plus grave encore, la production alimentaire outrageuse qui fait mettre aux poubelles 60% de la production alimentaire canadienne3 parce qu’elle n’est pas consommée, quand des millions de personnes ne mangent toujours pas à leur faim. Ces supermarchés qui jettent chaque jour des kilos de viande, de légumes, incapables d’aller, comme les restaurants, vers une décroissance qui voudrait que ceux-ci proposent chaque soir un nombre de repas limités - mais qui imposerait aussi moins de bénéfices -. Non, il faut produire encore et encore, plus de gadgets personnels et personnalisés, comme nos inconditionnels téléphones dont nous ne pouvons non seulement plus nous détachés, mais qu’il nous faut changer tous les deux ans pour accéder à la production ultime, envoyant aux rebus l’ancien qui marchait si bien, mais qui probablement fera des heureux en troisième ou quatrième main dans celles d’un habitant d’Afrique, réceptacle continu de notre vide-ordure occidental. La production ne se perd pas, elle se revend. Pire encore, elle tire du ventre de la terre la majorité de ses besoins en matière première au point de l’assécher comme jamais, quoiqu’en disent les climato-sceptiques de ce monde qui appartiennent souvent d’ailleurs à la catégorie de ceux qui s’enrichissent sur son dos. N’est-ce pas Donald ? Ce cycle constant d’une productivité infinie est dépassé et nous prouve combien nous allons dans le mur de l’absurde, de l’absurdité et d’une logique d’autodestruction qui ne laisse pas grand temps de bonheur pour nos enfants. Alors oui, je refuse. Pour continuer votre lecture au chapitre 2 : Cliquez ici 1 Indignez-vous ! est un essai de Stéphane Hessel publié en 2010. Cet opuscule, d'une trentaine de pages, qui défend l'idée selon laquelle l'indignation est le ferment de l'esprit de résistance. 2 Oxfam, 2018. 3 Pas moins de 35,5 millions de tonnes métriques de nourriture sont jetées ou gaspillées chaque année au Canada, selon l'organisation Second Harvest, qui estime que c'est l'équivalent de 58 % de toute la nourriture produite au pays.

Fetched live from OpenAlex and de-inverted. Abstracts are not stored in this database: the inverted indexes are 8.6 GB of the frame’s 9.3 GB of text, and the host has 13 GB free.

Full frame distilled prediction

Teacher imitation

Not calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.

metaresearch head score (Codex)0.002
metaresearch head score (Gemma)0.002
Version: codex-gemma-dda1882f352aValidation status: machine_predicted_unvalidated
Candidate categoriesMeta-epidemiology (narrow), Science and technology studies, Insufficient payload (model declined to judge)
Consensus categoriesMeta-epidemiology (narrow), Insufficient payload (model declined to judge)
DomainCandidate signal: none · Consensus signal: none
Study designCandidate signal: Not applicable · Consensus signal: Not applicable
GenreCandidate signal: Other · Consensus signal: Other
Teacher disagreement score0.339
Threshold uncertainty score1.000

Codex and Gemma teacher scores by category

CategoryCodexGemma
Metaresearch0.0020.002
Meta-epidemiology (narrow)0.0020.002
Meta-epidemiology (broad)0.0020.001
Bibliometrics0.0000.001
Science and technology studies0.0040.002
Scholarly communication0.0010.001
Open science0.0020.001
Research integrity0.0010.002
Insufficient payload (model declined to judge)0.0500.073

Machine scores (provisional)

The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.

Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.

Opus teacher head0.094
GPT teacher head0.321
Teacher spread0.227 · how far apart the two teachers sit on this one work
Validation statusscore_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from it