Des miroirs déformants : le double autofictif dans la littérature québécoise contemporaine
Notice bibliographique
Résumé
l y avait déjà, dans l'histoire littéraire, cette maxime célèbre à propos d'un miroir sur le côté de la route : « un roman : c'est un miroir qui se promène le long d'un chemin », écrivait effectivement Stendhal, quelque part au XIX e siècle, plusieurs chapitres avant que Julien Sorel ne consomme son amour avec Mme de Rênal.Il semble que cet air connu ait signifié, pour les décennies qui allaient suivre, une vocation de l'art romanesque : le roman ne serait qu'une réfraction du réel, il aurait pour mission d'être réaliste.À côté de ces romanciers réalisto-naturalistes se profilaient des critiques aux pratiques amusantes : ils analysaient les œuvres en glosant sur les habitudes des écrivains, leurs fréquentations, leur race, leur démarche.Au réalisme des romans répondait la réalité de l'auteur.Cent ans plus tard survint cependant l'ère du soupçon, comme la nommait Nathalie Sarraute ; c'est qu'on doutait soudain que ce miroir sur le chemin sache montrer la réalité vraie : ne serait-ce pas là qu'apparences et conventions ?demandaient de pertinents réformateurs.Cette révolution appelait ses exécutions protocolaires : Roland Barthes se chargea de la houppe du bourreau et déclara la mort de l'auteur.Dès lors, analyser l'œuvre à partir de la vie de l'écrivain était nul et non avenu.Le réalisme anéanti, il ne manquait plus que de détacher la littérature de toute réalité.C'était l'ère du texte.À la recherche de cette réalité perdue, quelques romanciers, à la suite de l'écrivain français Serge Doubrovsky (1977), s'emparèrent du miroir à l'abandon dans un fossé et l'installèrent dans leur chambre à coucher.Sonnait alors le retour d'une nouvelle manière de réalisme qu'on édifiait sur la réalité de l'écrivain.Ainsi commençait l'ère de l'autofiction.Au Québec, dans les années 2000, la littérature a joyeusement fêté ce que de vilains persifleurs nommaient la littérature de l'ego : pensons aux succès médiatiques de Nelly Arcan, de Marie-Sissi Labrèche ou de Maxime-Olivier Moutier.Ces succès s'accompagnèrent néanmoins d'airs désapprobateurs, de moues sceptiques et de sourcils froncés.N'est-il pas vain de prétendre de nouveau à cette naïve réalité ?La littérature ne va-t-elle pas bien au-delà du sujet qui se raconte ?Bref, le Je suis cet autre autofictionnaire jurait avec une certaine idéologie de la littérature, celle qui a coutume, à l'instar de Flaubert et de son livre sur rien, de mettre l'art, l'imaginaire, le construit devant la réalité.Mais le péril était déjà installé à demeure : le pacte autobiographique, dont parlait Philippe Lejeune dès 1975, était alors généralisé.C'est ce qu'Yves Baudelle (2003) nomme, sombrement, l'hégémonie de l'autofiction : la soif de réalité du lecteur contemporain l'amène à croire que le « je » du texte est le « je » de la vie, que l'écrivain hante son texte de quelque manière, qu'il reproduise de biais une expérience vécue ou qu'il énonce des fantasmes véritables.Et cet écrivain acquiesce à cette demande de l'air du temps en se montrant à toutes les strates de l'édifice médiatique.La littérature devient dès lors l'espace d'un échange pragmatique : l'écrivain,
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Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,001 | 0,003 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,002 | 0,004 |
| Études des sciences et des technologies | 0,020 | 0,012 |
| Communication savante | 0,006 | 0,003 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,002 |
| Intégrité de la recherche | 0,001 | 0,003 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,018 | 0,001 |
Scores machine (provisoires)
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machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».