Notice bibliographique
Résumé
Archiprêtre du burlesque, romancier réaliste précoce, précurseur de Molière: Paul Scarron a fait l'objet d'innombrables recherches spécialisées sans qu'on l'ait reconnu comme auteur satirique (a part la moquerie de romans a la mode dans le Roman comique). La seule étude globale sur Scarron, celle de Morillot en 1888, ne fait qu'effleurer cet aspect de son oeuvre. Cette négligence s'explique facilement: son importance en d'autres genres; la contemporanéité des grands classiques; une vie et une personnalité pleines de mystères et de paradoxes qui ont obsédé les chercheurs. D'ailleurs, la plupart de ses traits satriques sont parsemés à travers son oeuvre et lancés souvent au hasard de la plume, exception faite de quelques passages du Sixième Livre du Virgile travesti et de quelques épîtres écrites vers la fin de sa vie. De plus, il était parfois satirique sans paraître s'en rendre compte. II lui manque, enfin, le zèle réformateur soutenu qu'on trouve chez les grands satiriques de marque. Cependant, Scarron mérite bien une place assez élevée parmi les auteurs du 17e siècle qui se proclamèrent satiriques ou que nous qualifions de moralistes, d'autant plus que la frontière entre le domaine du burlesque, genre dans lequel il excella, et celui de la satire est souvent assez floue. Dans les domaines des moeurs et de la littérature, les cibles qu'il visa comprenaient les faussaires de toute espèce : les flatteurs (courtisans, auteurs de dédicaces gonflées, etc.), les mécènes faux, les godelureaux et leur poésie galante; et surtout les pédants. Avec cela, il se nioqua de certains types universels comme les importuns, les parasites, les avares et les provinciaux. Il s'échauffa spécialement contre les marâtres (écho sans doute de ses déboires personnels) et les valets, quoique les valets de son théâtre servent souvent de porte-paroles pour sa critique des nobles de mauvais aloi et de 1'institution du duel. II ne manqua aucune occasion de flétrir les rimailleurs qui profitèrent de son style et de sa renommée. Dans la satire littéraire, il ne s'agissait pas seulement des romans trop "meublés", mais aussi du style boursouflé ou précieux en poésie. Ses cibles personnelles, par contre, étaient peu nombreuses, et, è la différence de ses contemporains, il les garda presque toujours anonymes. II détesta la médisance; en cela, il prêcha d'exemple, car sa critique porta plus sur 11abus que sur le malfaiteur. Ce principe, une des marques de l'honnêté tant prisée au 17e siècle, s'appliqua même à ses cibles de choix: les hypocrites, princes et princesses des faussaires, qui mettaient la dévotion et la vertu feintes au service du mal qu'ils faisaient aux autres. II est vrai que, comme presque tout le monde, il passa sous silence les maux et les injustices vraiment graves qui sévissaient autour de lui, quoiqu'il touchât à des abus politiques à l'époque de la Fronde. Son but principal fut de divertir, de faire rire, comme Rabelais; ce qui ne l'empêcha pas de se ranger parfois du parti des auteurs comme Boileau, La Fontaine et La Bruyère, et plus tard, les philosophes, pour qui l'humour était d'ordinaire secondaire à la correction. En tant qu'auteur satirique, Scarron reste moins important que les géants de son siècle, et peut-être que Régnier. Mais il réussit bien mieux dans ce genre que beaucoup d'autres qui se prenaient plus au sérieux, notamment Sorel et Furetière. Cela est dû, en partie à son talent supérieur; et aussi à sa gaieté, qui fit passer de nombreuses critiques. C'est grâce aussi à ses principes: dans son oeuvre, comme dans sa vie, il s'écarta rarement de l'idéal de l'honnêté, au sens moral du terme. En cela, il servit de pont entre "l'honnête homme" de Montaigne et "l'homme de bien" de La Bruyère.
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| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,002 | 0,003 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,000 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,010 | 0,011 |
| Communication savante | 0,006 | 0,003 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,003 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,004 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,010 | 0,002 |
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