Notice bibliographique
Résumé
Ma carrière de pédiatre généraliste a débuté à Québec en 1975. Dans les mois qui ont suivi mon arrivée, le directeur du département m’a demandé de mettre sur pied une clinique multidisciplinaire pour évaluer des enfants présumés victimes de maltraitance. J’ai accepté sans savoir ce qui m’attendait. À l’époque, aucune formation n’était donnée dans ce domaine. J’ai donc acquis mes connaissances et mes compétences à force de lectures, de participations à des congrès, de contacts avec des collègues et, surtout, d’examens de centaines d’enfants faisant l’objet d’allégations de maltraitance. Mon engagement n’a fait qu’augmenter avec le temps, pour devenir ma principale activité au cours de mes dernières années de pratique. Docteur Jean Labbé / Dr Jean Labbé Parmi les commentaires que j’ai reçus tout au long de ma carrière, il y en a un qui revenait très souvent : « Comment fais-tu pour travailler en maltraitance? Moi, je ne serais pas capable ». J’ai toujours trouvé la question mal posée. Pour moi, le « pourquoi » a davantage d’importance que le « comment ». En effet, si le début de ma carrière dans ce domaine a été le fruit du hasard, la décision de continuer d’œuvrer dans un secteur que plusieurs perçoivent comme l’un des plus lourds et difficiles en pédiatrie découle d’une décision pleinement mûrie et assumée. Bien sûr, cette pratique est souvent exigeante. On affronte des situations qui mettent au jour les parties les plus sombres de l’âme humaine et qui entraînent des souffrances inutiles chez les enfants. Je n’oublierai jamais le jour où l’on m’a amené les enfants de celui qu’on a surnommé le « bourreau de Beaumont ». Tous avaient subi des sévices inimaginables pendant des années. L’aîné, alors âgé de 13 ans, était tellement terrorisé par son père qu’il lui a fallu des mois après avoir été retiré de son enfer pour réussir à raconter ce qu’il avait vécu. Toutefois, on retire une satisfaction personnelle sans pareille chaque fois que l’on contribue à améliorer le sort d’un enfant maltraité ou à risque de l’être. Souvent, c’est en aidant des parents démunis à prendre conscience de leurs difficultés et à obtenir des ressources pour mieux jouer leur rôle. Parfois, c’est en apportant la preuve médicale qu’une personne dans l’entourage de l’enfant représente un risque important pour sa sécurité ou son développement. Il m’est arrivé plus d’une fois de me faire remercier par des parents après avoir dévoilé une situation qu’ils n’avaient pas soupçonnée. La protection de l’enfance s’associe aussi à un défi intellectuel très stimulant. Les connaissances scientifiques dans ce domaine sont toutes récentes et permettent à un pédiatre bien informé d’aider les intervenants des services de protection à déterminer si des enfants ont été victimes de violence ou de négligence. Les données médicales ont parfois une importance primordiale pour établir un diagnostic, par exemple dans une situation de traumatisme crânien non accidentel. En cas de violence sexuelle, il faut plutôt convaincre les intervenants en protection qu’un examen médical normal n’infirme en rien un diagnostic fondé sur les réponses verbales de l’enfant à un questionnaire non directif. L’expertise médicale sert également à innocenter des parents soupçonnés à tort d’avoir maltraité leur enfant. Il faut aussi apprendre à gérer l’incertitude, dans un contexte où l’erreur peut être très lourde de conséquences. Passer à côté d’une situation réelle de maltraitance rend l’enfant vulnérable à une récidive au potentiel plus grave. Par contre, des parents accusés à tort d’avoir maltraité leur enfant subissent les inconvénients d’une enquête du service de protection et risquent de perdre leur enfant, leur conjoint, leur réputation, leur emploi et même leur liberté. L’avis d’autres collègues peut se révéler très précieux dans un cas complexe. L’expérience m’a appris, entre autres, à me méfier des apparences. Les facteurs de risque sont utiles pour identifier une population vulnérable, au risque de maltraitance plus élevé. Par contre, ils n’ont aucune utilité pour diagnostiquer un cas précis. Pire encore, ils risquent d’apporter un biais. Seuls les faits doivent être pris en compte. Lorsque le diagnostic de maltraitance demeure l’hypothèse la plus probable pour expliquer les problèmes d’un enfant, après l’élimination des autres causes possibles, il faut signaler cette situation au service de protection. Le diagnostic final appartient à cet organisme, dont le pouvoir d’enquête permettra d’obtenir bien d’autres renseignements en plus de ceux que vous fournirez. La clé pour composer avec la gestion de l’incertitude et des aspects médico-légaux, c’est de bien connaître la problématique. Si cette pratique vous intéresse, une formation structurée est désormais offerte. Vous pouvez obtenir un postdoctorat dans ce domaine au Sick Kids de Toronto ou même décrocher un diplôme de spécialiste en maltraitance aux États-Unis. Quant à la formation continue, elle est facilitée par divers congrès spécialisés et la participation à des groupes de discussion virtuels internationaux. Une fois convaincu de l’utilité de ce rôle, il devient plus facile de puiser une attitude de résilience en soi et dans son entourage. Il me semble essentiel d’équilibrer sa vie personnelle, familiale et professionnelle et de partager les expériences difficiles avec les membres de son équipe. Il importe également de contrebalancer les expériences de pratiques parentales inadéquates par des contacts auprès de parents mieux outillés pour s’occuper correctement de leurs enfants. Même si vous ne souhaitez pas devenir expert en protection des enfants, vous avez tout de même un rôle important à jouer sur le plan de la détection précoce et de la prévention. En effet, la toute première étape de la protection d’un enfant consiste à identifier sa condition. Toutes les personnes en contact avec des enfants, les pédiatres en particulier, peuvent reconnaître des manifestations de maltraitance. Soyez attentifs aux ecchymoses ou aux fractures chez un bébé qui ne se déplace pas encore. Évaluez avec attention un bébé apparemment en bonne santé qui se met subitement à présenter des convulsions afébriles, de l’apnée, de l’irritabilité accompagnée de vomissements ou une baisse de l’état de conscience. Incluez la maltraitance dans le diagnostic différentiel des symptômes d’allure psychosomatique, des troubles sévères du comportement, de problèmes de santé qui sortent de l’ordinaire. Vous pouvez aussi profiter de vos rencontres avec les parents pour donner des conseils en vue de prévenir des cas de maltraitance. Tous les parents devraient savoir comment réagir aux pleurs inconsolables de leur bébé et connaître les risques associés aux secousses. Le volet de la discipline revêt également de l’importance. La plupart des situations de violence physique sont directement liées à des châtiments corporels qui ont mal tourné. Les parents peuvent avoir utilisé une force excessive, s’être servis d’un instrument ou avoir posé un geste disciplinaire qui entraîne une blessure. On pourrait réduire considérablement ce type de maltraitance en enseignant aux parents des techniques disciplinaires non physiques. Les études épidémiologiques révèlent que la maltraitance, une « nouvelle » réalité mise en évidence il y a à peine 50 ans, constitue un problème majeur de santé publique. Si, chaque année, le taux de cas de maltraitance corroborés s’élève à 1,5 % de l’ensemble de la population pédiatrique, les études par questionnaire démontrent que plus du quart de tous les Canadiens sont victimes de violence ou de négligence avant l’âge de 18 ans. Des dizaines d’enfants en meurent, sans compter les conséquences au potentiel dramatique à court et à long terme chez les survivants. Combien de vies brisées par des séquelles physiques et psychologiques? Combien de perpétuations de violence exercée par d’anciennes victimes envers des enfants ou des conjoints? Ces données devraient suffire à convaincre non seulement les pédiatres, mais également l’ensemble de notre société, de la véritable priorité de ce problème. Comme pédiatres, nous avons tous un rôle à jouer pour protéger les enfants, que ce soit sous forme de détection et de prévention de la maltraitance ou d’interventions à titre d’expert. Lorsque j’ai commencé à travailler dans ce domaine dans les années 1970, les pédiatres, comme l’ensemble des médecins, étaient peu sensibilisés à cette réalité. J’ai pu constater avec bonheur un net changement d’attitude au fil des années. Je suis convaincu que la nouvelle génération de pédiatres contribuera encore davantage à assurer la sécurité et le bien-être des enfants. Le docteur Jean Labbé, maintenant retraité, a passé toute sa vie professionnelle au Centre hospitalier de l’Université Laval comme pédiatre généraliste et a été professeur titulaire au département de pédiatrie de l’Université Laval, à Québec. C’est à Québec qu’il a fait ses études médicales et une partie de sa résidence en pédiatrie, qu’il a complétée par un an à L’Hôpital de Montréal pour enfants et une autre année à l’Hôpital Sainte-Justine. Au cours de sa carrière, il s’est consacré principalement à la pédiatrie ambulatoire et a mis sur pied des cliniques d’infection urinaire et d’énurésie. Il a également été consultant pendant dix ans en soins pédiatriques dans le Nunavik, au Nord-du-Québec. Son expertise médicale en protection de l’enfance l’a amené à créer des comités de protection de l’enfance dans les hôpitaux de Québec ainsi qu’un comité régional d’examen des décès d’enfants. Il a participé à la formation en maltraitance des médecins et d’autres intervenants sur les scènes régionale, provinciale, nationale et internationale. Il a également été conseiller en France pour l’élaboration de guides de pratique sur la protection des enfants. Il a rédigé de nombreuses publications pour des revues dotées de comités de pairs, dont certaines portaient sur des recherches originales. Lauréat de nombreux prix, dont le Prix Victor Marchessault de défense des enfants de la Société canadienne de pédiatrie en 2002, il a été nommé membre de l’Académie des Grands Québécois en 2007.
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,001 | 0,005 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,009 | 0,004 |
| Communication savante | 0,002 | 0,001 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,003 |
| Intégrité de la recherche | 0,001 | 0,002 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,011 | 0,001 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».