Éviter la controverse : un regard institutionnaliste sur les habiletés d'une industrie proactive au Canada
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Une base qui oublie comment elle a trouvé un travail ne peut pas être vérifiée. Voici les voies qui ont admis celui-ci.
Notice bibliographique
Résumé
Cette thèse identifie le processus d'évitement d'une controverse environnementale initié par une industrie inquiète pour sa survie. Dans la littérature, l'évitement des controverses donne lieu à deux types de travaux : dès travaux sur la prévention des controverses et des travaux sur la minimisation des controverses en cours. Dans le premier cas, les chercheurs s'intéressent aux espaces propices à la démocratie sociotechnique (Callon, Lascoumes et Barthe, 2001), aux façons de contenir les controverses au sein de publics restreints (Lemieux, 2015 ; Girel, 2017) et à la dépolitisation des controverses (Barthe, 2010; Meyer, 2015b). Dans le second cas, les chercheurs se penchent sur les façons de minimiser l'ampleur de controverses en cours, au moyen de stratégies telles que le déconfinement et le reconfinement (Lemieux, 2015), la décrédibilisation des adversaires (Foucart, 2015), le maintien de leur ignorance (Girel, 2017) ou leur éducation scientifique (Séguin, 2016). L'examen de l'évitement des controverses se fait alors à partir de l'étude des dynamiques discursives et des trajectoires de controverses saillantes, non résolues, accessibles, spécifiques et publiques. Or ces deux appproches privilégient l'étouffement des controverses au détriment de leur potentiel d'apprentissage et de progrès. Cette thèse a donc pour objectif de mieux saisir le processus d'évitement d'une controverse potentielle. Pour ce faire, nous adoptons l'approche historique suggérée par Meyer (2015b ), qui consiste à étudier une controverse passée pour comprendre une controverse potentielle. Par quelles stratégies et dans quelles conditions éviter une controverse ? Pour répondre à cette question, nous nous sommes penchée sur la mémoire de la controverse entourant l'industrie tourbière européenne dans les années 1990 et 2010 ainsi que sur sa traduction dans la réflexion et les actions d'acteurs inquiets de son déploiement au Canada. L'extraction de tourbe, qu'elle se fasse à des fins combustible ou horticole, nécessite de drainer et d'assécher des tourbières qui sont des milieux humides de plus en plus rares et d'une importance capitale pour l'environnement: elles sont capables de filtrer et de réguler les niveaux des cours d'eaux qui les traversent, elles abritent une biodiversité unique, et surtout, elles constituent des puits de carbone trois fois plus efficaces que les forêts. Or nous avons constaté que la controverse environnementale qui s'est développée en Europe dans les années 1990 et 2000 autour de l'extraction tourbière est sans équivalent au Canada, pays pourtant second producteur de tourbe horticole au monde. Nous avons alors retracé l'histoire de l'industrie tourbière canadienne (1864-2017), et interrogé autant ses acteurs que des spécialistes des tourbières et des groupes écologistes susceptibles de diffuser au Canada la controverse européenne. Au total, nous avons mené 26 entrevues avec plus de 30 participants. Nous souhaitions ainsi mettre en lumière d'une part la logique qui sous-tend l'évolution des pratiques de l'industrie canadienne et d'autre part sa considération par ses parties prenantes critiques. Cette étude qualitative, qui repose sur un cadre théorique hybride inspiré des théories des mouvements sociaux et de la théorie de l'entrepreneurship institutionnel (Battilana et al, 2009) révèle que la diffusion géographique d'une controverse n'est pas systématique et obéit à des dynamiques sociales particulières qui peuvent l'encourager ou au contraire la freiner. Nos résultats indiquent que les groupe écologistes canadiens susceptibles de critiquer l'industrie tourbière canadienne ne connaissent pas ou peu cette dernière. De par sa volonté de collaborer, son discours basé sur des pratiques scientifiques et sa capacité d'influence, cette industrie se rapproche davantage de ces groupes que des industries qui font typiquement l'objet de leurs critiques. Par ailleurs, pour assurer leur survie dans un contexte de financement limité, les groupes écologistes rencontrés doivent privilégier la défense de certains enjeux au détriment d'un grand nombre d'autres enjeux négligés, mais néanmoins importants. Ces groupes privilégient ainsi les enjeux les plus graves et les plus facilement transposables aux réalités quotidiennes du public. En outre, le seul groupe de notre étude familier avec l'industrie ne considère pas l'extraction tourbière comme un enjeu. Pour ce groupe, l'industrie a innové pour développer des pratiques responsables, respectueuses de l'environnement. Sur ce point, notre étude révèle que l'industrie tourbière canadienne, soucieuse d'éviter la controverse, a été proactive en intégrant à une solide démarche de RSE basée sur la science, les critiques qu'avait subies l'industrie tourbière européenne, et les valeurs et attentes des acteurs clés de son champ institutionnel. Suite à son engagement économique et social dans les régions dans lesquelles elle exerce ses activités, l'industrie a accumulé un capital de sympathie. Ce faisant, elle a co-construit avec ces acteurs des micro-institutions qui matérialisent leur opinion favorable à son égard, les incite à rester mobilisés en sa faveur et motive de nouveau acteurs à en faire autant. À titre d'exemple, cette industrie a participé à la création et au développement d'un nouveau domaine de recherche - la restauration tourbière - dont les principaux protagonistes - les scientifiques - sont devenus les plus ardents défenseurs. Ces derniers sont désormais les garants des efforts et de la bonne image de l'industrie. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : controverse, évitement, théories des mouvements sociaux, champ organisationnel, entrepreneurship institutionnel, responsabilité sociale, acceptabilité sociale, coconstruction institutionnelle, RSE
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Scores Codex et Gemma par catégorie
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,001 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,000 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,000 | 0,001 |
| Communication savante | 0,000 | 0,003 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,000 |
| Intégrité de la recherche | 0,000 | 0,001 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,000 | 0,000 |
Scores machine (provisoires)
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