Notice bibliographique
Résumé
Je suppose que je suis peut-être injuste.Il est très difficile de se résoudre à l'idée que son principal ouvrageet ses conclusions finalespuissent être démodés.» 11 Mais de son côté Russell n'a pas compris le projet de cette nouvelle génération de philosophes.Il rend compte violemment et de manière caricaturale de la philosophie du langage ordinaire, qui ne peut selon lui être de la philosophie : Je ne souhaite pas présenter sous un faux jour cette école, mais je suppose que ceux qui soutiennent une doctrine pensent que ses opposants la déforment.La doctrine, telle que je la comprends, consiste à soutenir que le langage de la vie quotidienne, avec les mots utilisés dans leurs significations ordinaires, suffisent à la philosophie, qui n'a pas besoin de mots techniques ou de changements dans la signification des termes communs.Je me trouve totalement incapable d'accepter cette opinion.Je m'élève contre : Parce qu'elle n'est pas sincère ; Parce qu'elle est capable d'excuser l'ignorance en mathématique, en physique, en neurologie chez ceux qui n'ont reçu qu'une éducation classique ; Parce qu'elle est promue par certains sur un ton d'onctueuse rectitude, comme si s'y opposer était un péché contre la démocratie ; Parce qu'elle rend la philosophie triviale ; Parce qu'elle rend presque inévitable la perpétuation chez les philosophes de l'esprit de confusion qu'ils ont repris du sens commun.12 13 Notre projet n'est pas de réhabiliter les derniers textes de Russell mais de montrer que l'ensemble de la philosophie de Russell, malgré son caractère apparemment hétéroclite 14 , constitue encore aujourd'hui pour une certaine philosophie, la métaphysique dite analytique, le socle incontestable.15 La métaphysique analytique ne s'intéresse pas simplement a une 11 Ibid., p. 78.12 « The Cult of « Common Sense » », in C.P. 11, p. 610.13 Pour un histoire plaisante de la dispute entre Russell et les philosophes d'Oxford, Ved Mehta, Fly and fly-Je soutiens que presque tous les philosophes, y compris M. Russell lui-même, ont été induits en erreur par le langage d'une manière plus considérable que celle causée par la construction sujet-prédicat de notre langage ; toute la théorie des particuliers et universaux repose sur une méprise qui fait d'une simple caractéristique du langage une caractéristique fondamentale de la réalité.41 Les métaphysiciens analytiques, qu'ils soient nominalistes ou réalistes, ne prennent pas réellement cette critique au sérieux, qu'ils la rejettent comme Armstrong ou qu'ils lui accordent finalement assez peu de portée argumentative pour leur sujet : elle a été élaborée dans un cadre ontologique très restreint, celui d'une ontologie des états de choses, qui reconnaît des propriétés et confond le langage des propriétés et le langage des universaux.42 40 F. P. Ramsey, op.cit., p. 116.41 Ibid., p. 117.42 Dans A Combinatorial Theory of Possibility (Cambridge University Press, 1989), D. M. Armstrong refuse la critique de Ramsey.Il y défend une asymétrie entre universels et particuliers.Il reconnaît la distinction aristotélicienne entre ce qui peut être prédiqué (les universaux) et ce qui ne peut l'être (les particuliers) ; les universaux ont une -adicité qui est fixée quelque soit leur instanciation, ce qui n'est pas le cas des particuliers ; ou bien encore les universaux possèdent par eux-mêmes leur propre nature, ce qui n'est pas le cas des particuliers (pp.44-45).Quant à Campbell le rappel de la position de Ramsey est réduit à un simple argument rhétorique : la discussion entre nominalisme et réalisme ne dure que parce que ces deux positions reposent sur l'assomption commune, fallacieuse, que ce soit pour la défendre ou la rejeter, qu'une qualité ou une relation est La question des relations est l'une des plus importantes qui se posent à la philosophie, dans la mesure où la plupart des autres problèmes tournent autour d'elle ; monisme et pluralisme ; la question de savoir si seul le tout de la vérité peut être totalement vrai, ou si seul le tout de la réalité peut être totalement réel ; l'idéalisme et le réalisme, dans certaines de leurs formes ; et peut-être l'existence même de la philosophie comme un sujet distinct de la science et possédant sa propre méthode.45 La métaphysique analytique poursuit la réflexion de Russell sur une philosophie des relations en partie au moyen d'arguments typiquement russelliens.Universals and Scientific Realism est à cet égard un ouvrage particulièrement frappant.Armstrong pour asseoir son réalisme immanent des états de choses -il reconnaît l'existence d'universaux mais seulement en tant qu'instanciés dans des états de chosesréfute les autres formes de réalisme et toutes les formes de nominalisme à partir d'un argument majeur : l'argument montrant que la réponse apportée par la position étudiée est minée par une régression à l'infini de type vicieux.Armstrong étend ainsi à toutes ces positions métaphysiques une stratégie argumentative utilisée par Russell dans les Problèmes de philosophie 46 contre une certaine forme de nominalisme, qualifiée par Armstrong de nominalisme de la ressemblance, tout en cautionnant la distinction élaborée par Russell entre une régression vicieuse et une régression inoffensive dans les Principes de la mathématique 47 , dans un autre contexte, pour réfuter l'idéalisme bradleyen.La systématisation de l'usage de cet argument russellien par Armstrong est si frappante qu'elle nous a conduite à approfondir notre enquête sur un rapprochement possible des textes de la métaphysique analytique et ceux de Russell.Il apparaît qu'effectivement la métaphysique analytique pour trouver une réponse à la question ontologique fondamentale : article il fait ainsi l'éloge d'Armstrong : « Armstrong est une figure majeure de la libération de la métaphysique sérieuse de la névrose linguistique du dernier demi siècle.» (p.91).
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| Métarecherche | 0,002 | 0,004 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,001 | 0,001 |
| Bibliométrie | 0,002 | 0,002 |
| Études des sciences et des technologies | 0,003 | 0,010 |
| Communication savante | 0,005 | 0,009 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,002 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,006 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,005 | 0,001 |
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