« Plutôt danser que manger ! » Mémoires musicales et dynamiques de créolisation dans les récits d’anciens esclaves du Federal Writers’ Project de la Works Progress Administration (1936-1938)
Notice bibliographique
Résumé
Ce texte propose une étude préliminaire des informations relatives aux musiques et aux danses pratiquées par les esclaves afro-étatsuniens, contenues dans les entretiens recueillis – plus de 2 000, collectés de 1936 à 1938 – pendant le New Deal de Franklin Delanoe Roosevelt par les enquêteurs du Federal Writers’ Project de la Works Progress Administration. Il présente les circonstances dans lesquelles danses et musiques pouvaient être pratiquées ainsi qu’une première analyse des répertoires chantés, des danses et des instruments de musique mentionnés dans les entretiens. Il vise à mettre en lumière les dynamiques de création qui se renforceront après l’émancipation et aboutirent au xxe siècle à l’invention de nouvelles musiques par les Afro-Étatsuniens et à identifier les éléments d’un stock mémoriel auquel musiciens et militants des droits civiques puisèrent dans les années 1950 et 1960. Dans ces entretiens, d’anciens esclaves eurent l’occasion d’évoquer leur vie, leurs activités et leurs attitudes face à la servitude. En dépit des nombreux défauts qui ont entaché le recueil de ces récits (enquêteurs sans formation sociologique ou anthropologique, blancs dans leur grande majorité, alors que le racisme était omniprésent dans les États où les entretiens ont été collectés), ils constituent une source d’information inestimable sur les expériences et les sentiments des esclaves, notamment en ce qui concerne leurs pratiques culturelles durant les dernières décennies avant l’abolition de l’esclavage. Ils évoquent à maintes reprises les moments où il leur était possible de faire de la musique, profane ou sacrée, et de danser ; les répertoires qu’ils pratiquaient ; les instruments qu’ils utilisaient. Ces textes, dont l’essentiel est désormais accessible sur internet, montrent que la musique et la danse constituaient des activités indispensables à la survie dans un univers de violence absolue et de déshumanisation. À partir d’un recensement des passages d’entretiens où sont mentionnées ces activités, cet article s’attarde sur les relations maîtres-esclaves – variables d’une exploitation à une autre, d’une brutalité sadique dans certains cas à un paternalisme relativement tolérant dans d’autres – et les stratégies d’appropriation d’éléments de cultures européennes ou amérindiennes développées par les esclaves. Il suggère que ces stratégies, dans le cadre de ces relations, analysées à la lumière de la théorie de la créolisation formulée par le poète et philosophe martiniquais Édouard Glissant, ont mis en mouvement des « dépassantes imprévisibles » à partir desquelles se sont développées des dynamiques de création. Celles-ci s’épanouiront après l’abolition et aboutiront à l’émergence de musiques originales au xxe siècle. En dépit de l’» oubli » de l’esclavage et des musiques qui y furent inventées qui toucha une partie de la population afro-étatsunienne dans la première moitié du xxe siècle et affecta les recherches sur les cultures afro-étatsuniennes, une mémoire pratique, notamment dans le chant religieux, n’en continua pas moins de s’épanouir, sans nostalgie ni idéalisation, dans le seul maintien dynamique de ce qui avait été amorcé aux temps de la subjugation. Les pratiques musicales et chorégraphiques des esclaves des années 1840 aux années 1860 ont ainsi constitué un stock mémoriel auquel il a été abondamment puisé à partir des années 1950 dans le cadre d’entreprises de renouvellement du jazz et des luttes pour les droits civiques menées par les Afro-Étatsuniens.
Récupéré en direct depuis OpenAlex et désinversé. Les résumés ne sont pas conservés dans cette base de données : les index inversés représentent 8,6 Go des 9,3 Go de texte de la base, et le serveur dispose de 13 Go libres.
Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction distillée sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Apprise à partir de 10 348 étiquettes directes de Codex et de 10 348 étiquettes directes de Gemma. Le mode candidate est l'union des têtes enseignantes seuillées; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont ni des étiquettes humaines ni des étiquettes directes de modèles de pointe.
Scores Codex et Gemma par catégorie
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,004 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,001 | 0,001 |
| Bibliométrie | 0,000 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,005 | 0,006 |
| Communication savante | 0,001 | 0,002 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,000 |
| Intégrité de la recherche | 0,001 | 0,002 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,001 | 0,000 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; les deux têtes enseignantes s’accordent sur ce qui est montré ici.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».