Y a-t-il une langue maternelle? Ce que disent les écritures francophones by Martine Mathieu-Job
Notice bibliographique
Résumé
Reviewed by: Y a-t-il une langue maternelle? Ce que disent les écritures francophones by Martine Mathieu-Job Samia Kassab-Charfi Mathieu-Job, Martine. Y a-t-il une langue maternelle? Ce que disent les écritures francophones. Paris, Hermann, 2022. ISBN 9791037020123. 213 p. L'essai de Martine Mathieu-Job, limpide et subtilement paradoxal dans son iconoclastie, s'inscrit d'emblée dans une posture subversive: démystifier la prérogative de la langue maternelle, en ébranler la sacralité quasi ontologique, tout en remettant en question les fondements mêmes de cette centralité. À partir de la lecture d'une centaine d'écrivains, l'autrice émet l'hypothèse selon laquelle la langue "maternelle" ne serait plus une évidence, un centre originel autour duquel ne feraient que graviter, dans les écritures francophones, des langues apprises, secondes ou adoptives. Paradoxalement, en défaisant la gangue fantasmatique où l'on enroule la mère-langue, souvent pour des raisons politiques nationalistes, une telle approche la revitalise, par le contact avec d'autres langues. Ainsi, toutes les représentations canoniques de type idolâtrique sont passées au crible de l'analyse. L'introduction est dense, qui dresse une revue détaillée et critique des différentes définitions de la littérature francophone et recompose l'historique des situations d'écriture francophones—très diversifiées. La question du positionnement identitaire et de la représentation qu'il induit dans les poétiques d'auteurs est ici repensée à la lumière d'une renégociation de la notion de diversité: pour Mathieu-Job, cette diversité des parlers et des modes d'appropriation de la langue dans les écritures francophones n'est pas le propre de "l'extranéité territoriale" française; elle concernerait plutôt des auteurs consignés à l'intérieur de la "littérature française" (à [End Page 237] la différence de la "littérature francophone"). Si "pour un écrivain francophone, le français est toujours en confrontation avec au moins une autre langue, familiale ou communautaire" (10), une situation similaire vécue par un écrivain français légitimerait dès lors le fait qu'on intègre celui-ci à la catégorie des écritures francophones. Le propos de l'essayiste dénaturalise de fait les appartenances liées aux identités nationales et linguistiques, en introduisant des distinctions essentielles que l'étiquette générique de "francophone" tend tout bonnement à gommer. Comment en effet faire valoir la singularité d'écrivains translingues—à l'instar de François Cheng ou Hector Bianciotti, qui ont choisi le français alors qu'aucun déterminisme postcolonial ne les y conduisait naturellement—ou encore d'écrivains québécois, francophones exclusifs, non postcoloniaux? Connue pour sa traduction (avec Jean-Yves Serra) de l'essai majeur de Bill Ashcroft, Gareth Griffiths et Helen Tiffin, The Empire Writes Back, Mathieu-Job déconstruit méthodiquement les significations de l'épithète "post-colonial," remontant à son origine et à l'identification, par les philosophes (notamment Anthony Kwame Appiah) et les critiques littéraires, de ses connotations et des enjeux qui en conditionnent l'usage. Cette introduction donne clairement le ton de l'essai: ce ne sont pas tant les champs littéraires nationaux qui seront investis que l'impact du sensible dans la création littéraire francophone. La distance que Mathieu-Job suggère de prendre vis-à-vis des interprétations trop rationnelles et des déterminismes historiques s'opère au profit de la prise en compte du sensible, en ce qu'il "présuppose ou suscite" comme "représentations forgées à partir d'impressions et d'affects; en ce qu'il dévoile des dynamiques d'adaptation au mouvement permanent des expériences individuelles" (15–16). Une telle réhabilitation de l'affect dans l'évaluation du choix de la langue du sujet francophone et de la plasticité de son imaginaire linguistique s'inscrit aussi, nous rappelle Mathieu-Job, dans la lignée de Sigmund Freud qui considérait le plurilinguisme comme structurant profondément le psychisme. Mais plus encore, c'est la "pensée du tremblement," telle que formulée par le grand poète et philosophe martiniquais Édouard Glissant...
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction distillée sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Apprise à partir de 10 348 étiquettes directes de Codex et de 10 348 étiquettes directes de Gemma. Le mode candidate est l'union des têtes enseignantes seuillées; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont ni des étiquettes humaines ni des étiquettes directes de modèles de pointe.
Scores Codex et Gemma par catégorie
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,003 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,003 | 0,003 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,004 | 0,002 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,005 |
| Études des sciences et des technologies | 0,015 | 0,004 |
| Communication savante | 0,001 | 0,001 |
| Science ouverte | 0,004 | 0,002 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,005 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,031 | 0,004 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; les deux têtes enseignantes s’accordent sur ce qui est montré ici.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».