Notice bibliographique
Résumé
Il s'agit ici d'analyser la façon dont al-Fārābī (870-950) a interprété l'èthos aristotélicien dans les Didascalia in Rethoricam Aristotelis ex glosa Alpharabii, introduction conservée en latin, perdue en arabe, de son Grand Commentaire à la Rhétorique d'Aristote, en comparant les définitions qui en sont données dans la Rhétorique et les Didascalia.Alors qu'Aristote organise ses moyens de persuasion en fonction du critère de technicité (pisteis entechnoi vs pisteis atechnoi), al-Fārābī choisit de les classer selon un critère formel puisqu'il distingue les moyens de persuasion syllogistiques des moyens de persuasion non syllogistiques.Cette première différence tient au statut logique de la Rhétorique, que le philosophe arabe inscrit dans une configuration intégrant les principaux traités de l'Organon « élargi », tel que l'a connu la tradition orientale d'origine alexandrine.Mais la preuve éthique subit aussi, entre la Rhétorique et les Didascalia, des modifications de contenu : alors qu'Aristote souligne le statut purement discursif de l'èthos, discute les conséquences de cette définition d'un point de vue moral en introduisant la notion de προαίρεσις (intention) pour assurer au discours son efficacité et rétablir en dernière instance la vertu du locuteur, et qu'il insiste sur la notion d'adaptation de l'orateur à un auditoire politique donné en faisant triompher les valeurs anonymes du citoyen vertueux, al-Fārābī présente une interprétation référentielle de l'èthos en ménageant une place importante au corps de l'orateur et ne se préoccupe pas de savoir si celui qui prend la parole vise à tromper son auditoire.C'est que la figure du locuteur, chez al-Fārābī, est héritée de la tradition tradition platonicienne du philosophe-roi qui, dans le contexte politico-religieux de la philosophie farabienne, est aussi défini comme le prince-législateur.Pour être cernée au plus près, l'interprétation farabienne de l'èthos aristotélicien nécessite donc la prise en compte des conditions dans lesquelles la transmission de la Rhétorique d'Aristote s'est opérée dans le monde oriental, ainsi que le contexte culturel, politico-religieux et philosophique propre à la composition des Didascalia.Les Didascalia 1 -dans son titre complet, Didascalia in Rethoricam Aristotelis ex glosa Alpharabii -est un texte latin conservé aujourd'hui dans un seul manuscrit à Paris (BNF Lat.16097), découvert par A. Jourdain à la fin du 19 e siècle 2 .Longtemps considéré comme le résumé, par Hermann l'Allemand, d'un traité composé par al-Fārābī (870-950) sur la Rhétorique d'Aristote 3 , ce texte a récemment été identifié comme le prologue du Grand Commentaire, aujourd'hui perdu en arabe, d'al-Fārābī à la Rhétorique d'Aristote, et dont la traduction en latin fut réalisée au 13 e siècle par Hermann lʼAllemand, à Tolède 4 .Sans entrer dans le détail 5 , on peut ranger les preuves qui permettent lʼidentification de ce prologue farabien sous trois catégories : 1° les sources biobibliographiques arabes, qui attestent l'existence d'un Grand Commentaire d'al-Fārābī à la Rhétorique d'Aristote ; 2° les preuves textuelles : a) Averroès (1126-1198), attribuant explicitement, dans son Commentaire Moyen à la Rhétorique d'Aristote, certains passages à al-Fārābī qui sont probablement tirés de son Grand Commentaire, et b) les indications données par le traducteur du texte arabe lui-même, Hermann l'Allemand, qui, dans ses traductions en latin de la version arabe de la Rhétorique d'Aristote, se réfère à plusieurs reprises à un Grand Commentaire composé par al-Fārābī ; 3° enfin, M. Aouad a montré que le témoin arabe du Grand Commentaire d'al-Fārābī à la Rhétorique, le Livre sur ce qui est utilisé, de la logique, dans la science et les arts d'Ibn Riḍwān (988-ca.1061), contient des passages que l'on retrouve traduits en latin dans les Didascalia 6 .Lʼintérêt dʼun penseur de langue arabe comme al-Fārābī pour la philosophie grecque nʼest pas un événement circonscrit au 10 e s., mais sʼintègre dans un contexte plus général qui s'élabora dès le 5 e s. en Orient.Dans le 1 Les Didascalia ont été éditées par M. Grignaschi en 1971 (Al-Fārābī, Deux ouvrages inédits sur la Réthorique, 2. Didascalia in Rethoricam Aristotelis ex glosa Alpharabii, publication préparée par M. Grignaschi, Beyrouth, Dar el-Machreq, p. 123-252).Une nouvelle édition de ce texte, accompagnée d'une traduction et d'un commentaire, est en cours de préparation, en collaboration avec M. Aouad.Je tiens à adresser mes remerciements et ma reconnaissance à M. Aouad, P. Larcher et H. Yunis pour avoir relu et discuté avec moi une première version de cet article. 2 A. Jourdain, Recherches critiques sur l'âge et l'origine des traductions latines d'Aristote et les commentaires grecs ou arabes employés par les docteurs scolastiques, nouvelle édition revue et augmentée par Ch.
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
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Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,002 | 0,002 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,002 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,003 | 0,008 |
| Communication savante | 0,003 | 0,002 |
| Science ouverte | 0,000 | 0,001 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,002 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,004 | 0,001 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
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score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».