Le féminisme arabe au Canada: résistances et reconstructions d’une minorité
Notice bibliographique
Résumé
Le féminisme arabe au Canada : résistances et reconstructions d'une minorité Naïma BendrissLa littérature nous apprend que l'identité est un phénomène fluide, variable et dynamique.Capable de changement, celle-ci s'adapte à différents environnements et elle est le résultat d'un processus historique, social, intellectuel et politique très élaboré.De même qu'elle est un système de représentation de soi qui se construit à partir de la mémoire collective, de signes et de codes communs, dans de multiples interactions que chaque individu noue avec d'autres individus, groupes sociaux ou institutions.Chaque individu porte en lui une multitude d'identités façonnées au fil de sa trajectoire sociale, historique, politique, économique et avec lesquelles il entretient un rapport particulier et complexe.Les différentes étapes de cette trajectoire personnelle font émerger chez chacun des sentiments d'appartenance variés en fonction des catégories sociales auxquelles il se réfère ou qui lui sont assignées et qui l'amènent à s'investir en tant qu'acteur dans des interactions sociales, ce qui produit son identité ethnique.Multiple, l'identité est aussi variable, comme le soutient Amin Maalouf : « L'identité n'est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l'existence » (1998, p. 33).L'identité est donc faite d'appartenances plurielles et revêt des sens différents.Naître arabe à Bethléem, Marrakech, Moroni ou Sanaa n'a pas la même signification.Naître arabe à Jérusalem en 1903, en 1947 ou en 2000 n'a pas 162 • a l l a h e t l a p o l i s non plus la même signification.Pas plus qu'on ne vit arabe de la même façon à Marseille, Dakar, São Paulo, Dearborn ou Montréal.Et être femme arabe à Alger, Nazareth, Port-au-Prince, Conakry, Bruxelles ou Edmonton ne s'expérimente pas de la même manière.Les éléments qui composent une identité ne sont pas absolus et leur processus n'est pas limité.Ils se construisent en fonction des trajectoires personnelles, des expériences singulières que vit chaque individu.Pourtant, à lire ce qui se produit comme discours en Occident sur l'« identité arabe », renvoyée à l'islam, il apparaît que celle-ci échappe à la définition usuelle du concept d'identité, marquée qu'elle est par un caractère statique.Dépouillée de sa fluidité, celle-ci continue en effet de désigner largement l'expression d'une essence collective immuable, monolithique et totalisante.Une identité réfractaire au changement social, valeur centrale dans les sociétés modernes et vue comme inhérente à celles-ci.À ce caractère de fixation, s'ajoutent ceux de fermeture, d'incompatibilité et d'antagonisme.L'identité arabe est décrite, dans divers discours canadiens et occidentaux en général, comme repliée sur elle-même, séparée du non-soi et se reproduisant à l'identique, une identité de la mêmeté, une identité-idem, pour reprendre Paul Ricœur, qui ignore le changement et qui est déphasée par rapport à une identité-ipse qui, elle, implique le mouvement.Cette identité monostyle attribuée est présentée comme construite dans une aire culturelle qui ne se réclame pas de l'universel et dont les membres vivent dans l'entresoi, en ghetto communautaire, en dehors du Nous majoritaire.Et parce qu'enfermés dans une identité collective compacte et close, les membres des groupes arabes sont jugés inaptes à développer du bonding et du bridging au sens où l'entend Robert Putnam (2000), parce que considérés comme ne disposant pas des capacités à développer un capital social (entendu comme lien social) tant nécessaire à la connectivité, au vivre ensemble et à la cohésion sociale.Par ailleurs, cette identité est posée comme incompatible avec les principes d'une société occidentale, notamment ceux de modernité, de laïcité et d'égalité entre les femmes et les hommes.Que de fois n'a-t-on lu ou entendu dans les médias et dans les universités ces interrogations : l'islam est-il compatible avec les valeurs occidentales ?Compatible avec les droits de la personne et ceux des femmes ?Compatible avec la démocratie ?Compatible avec la laïcité ?La question des relations entre islam et démocratie ou entre islam et modernité politique est au centre de vifs débats qui se demandent si celui-ci peut accepter et intégrer, en son sein, celle-là.Ce qui ressort de l e f é m i n i s m e a r a b e a u c a n a d a • 163 ces débats penche davantage vers une incompatibilité due à la perception d'une nature figée et impénétrable de l'islam et de la culture arabe.L'argument de l'incompatibilité renforce l'idée de l'incapacité des Arabes, femmes et hommes, à s'adapter aux valeurs de la démocratie et de la modernité et par conséquent, ils sont jugés inaptes à s'intégrer dans la société d'accueil, d'où la légitimité de les maintenir à la marge.Et le lien, largement entretenu, entre immigration et islam fait que cette religion et ses groupes d'appartenance apparaissent comme des corps étrangers, des outsiders.Des outsiders dont la culture et les valeurs sont ressenties comme une menace pour la culture et les valeurs canadiennes.Le sentiment de menace est tel qu'il a conduit par exemple le Parti québécois, alors au pouvoir, à élaborer en 2013, à la suite des débats passionnés soulevés par le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, une Charte des valeurs québécoises dont l'objectif déclaré était la création d'une société laïque où la religion et l'État étaient complètement séparés 1 .Une Charte qui a ouvert un nouveau
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,001 | 0,002 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,002 | 0,003 |
| Études des sciences et des technologies | 0,020 | 0,022 |
| Communication savante | 0,008 | 0,002 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,003 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,004 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,008 | 0,000 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».