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Enregistrement W4408490856 · doi:10.1111/cag.70008

Géographie de l'anthropocène: Concepts, démarches, éthiques By Par SimonDufour, Malakoff: Armand Colin. 2024. 352 pages. $57.95 (papier). ISBN: 9782200638627

2025· article· fr· W4408490856 sur OpenAlexaffvenue
Étienne Gariépy‐Girouard

Notice bibliographique

RevueCanadian Geographies / Géographies canadiennes · 2025
Typearticle
Languefr
DomaineSocial Sciences
ThématiqueFrench Urban and Social Studies
Établissements canadiensUniversité du Québec à Montréal
Organismes subventionnairesnon disponible
Mots-clésArt

Résumé

récupéré en direct d'OpenAlex

Bien que la reconnaissance d'une nouvelle époque géologique nommée « Anthropocène » ait été refusée en 2024 par la Commission internationale de stratigraphie, force est de constater son omniprésence à la fois dans les réflexions scientifiques et dans l'imaginaire populaire entourant les enjeux socio-environnementaux actuels. Au-delà d'une proposition d'époque géologique, il s'agit d'une « histoire de la Terre (et des humains) au cours de laquelle l'espèce humaine a conscience de son influence décisive sur l'état, la dynamique et l'avenir du système terrestre » (p. 23), de laquelle découle également l'ambition d'une transition dans nos rapports à l'environnement. C'est la prémisse à partir de laquelle Géographie de l'anthropocène: Concepts, démarches, éthiques suggère que la géographie, parmi toutes les disciplines s'intéressant à l'anthropocène, serait tout indiquée pour en proposer une lecture originale. Suite logique à Géographie de l'environnement: La nature au temps de l'anthropocène (Dufour et Lespez, 2020), l'auteur et ses collaborateurs et collaboratrices exposent dans ce nouveau manuel comment notre discipline propose « un regard pertinent sur l'anthropocène, complémentaire à celui d'autres disciplines, grâce notamment à ses concepts et à ses méthodologies » (p. 14). L'ouvrage est divisé en trois parties. La première (chapitres 1 à 7) détaille les principales notions mobilisées par les géographes de l'environnement: nature, hybride, milieu, espace, territoire, échelle et trajectoire. La structure de cette section constitue un lexique approfondi des concepts élémentaires de la discipline. Bien que les géographes déjà initiés puissent la considérer redondante ou superficielle vu ses visées pédagogiques, elle prépare judicieusement le lectorat à la suite en présentant l'anthropocène comme une lunette d'observation et de compréhension géographique de l'environnement contemporain et de son évolution. Le troisième chapitre est particulièrement apprécié pour sa « géographicisation » du concept polysémique et flou de nature. En réponse au dualisme entre la nature et l'humanité hérité de la modernité, il propose l'appropriation de la notion d'hybride par les géographes de l'environnement, à l'intérieur du cadre épistémologique du réalisme critique qui fait le pont entre des approches positivistes et constructivistes strictes. Les hybrides incarnent aussi bien les systèmes (paysages, lieux, territoires, etc.) que leurs briques élémentaires (sédiments, arbres, morphologies, etc.), dont la matérialité est produite par l'expression de processus biophysiques et sociaux ainsi que de leurs interactions. Lorsqu'ils sont spatialisés à l'aide d'autres notions clés de la géographie (milieu, espace, territoire), les hybrides traduisent avec justesse le regard géographique, intégrateur et à de multiples échelles. Le cinquième chapitre fait également preuve d'audace en nuançant la réelle portée du concept de territoire. Parce qu'il est habituellement employé aux échelles locales, régionales ou nationales, il ne semble pas ajusté au caractère global des enjeux anthropocéniques. Cependant, son intérêt résiderait toujours dans sa capacité à refléter l'expression des phénomènes globaux à des échelles inférieures. La seconde partie (chapitres 8 à 14) présente des stratégies d'analyse géographique de l'anthropocène: sélection des sites d'étude, approches systémiques et relationnelles, analyses spatiales, perspectives transcalaires, regards historiques et projections, étude des discours, ainsi que démarches complémentaires quantitatives et qualitatives. Son organisation autour d'approches générales plutôt que de méthodes spécifiques peut décevoir un lectorat qui souhaiterait un guide méthodologique de type « livre de recettes ». À ce titre, le nouvel ouvrage The Field Guide to Mixing Social and Biophysical Methods in Environmental Research (Lave et Lane, 2025) augure d'une plus grande applicabilité en contexte de recherche. Toutefois, la structure choisie combinée à la diversité et la richesse des exemples qui y sont présentés inspire à entreprendre des initiatives similaires d'étude de l'environnement. Enfin, le caractère global de l'anthropocène y transparait particulièrement en soulignant la multiplicité des échelles et leurs interconnexions, ainsi que la recherche de stratégies à même d'aborder pleinement cette particularité transcalaire. Largement inspirées par la systémique et mobilisant des concepts géographiques jusque-là peu abordés dans l'ouvrage, notamment celui de géosystème (chapitre 9), ces démarches semblent détenir le potentiel d'apporter un éclairage sur des phénomènes dont le dynamisme et la complexité peuvent autrement décourager. La dernière section (chapitres 15 et 16), beaucoup plus courte que les précédentes, entame une réflexion sur l'éthique scientifique qu'impose l'anthropocène en combinant une lecture critique de l'anthropocène et une ouverture sur la géographie engagée. Ne se contentant que d'effleurer ces considérations, cette partie suscite certainement l'envie de les explorer plus en profondeur. Il s'agit au final d'une amorce à des sujets qui pourraient faire l'objet d'un ouvrage à part entière à propos des positions, des attitudes, des pratiques et de l'engagement que peut entraîner l'adhésion des géographes à la proposition de l'anthropocène. En effet, cette dernière transforme également le contexte scientifique en imposant à ses protagonistes une réflexivité accrue, notamment quant à leurs impacts sur les phénomènes qu'ils étudient et à leur rôle dans le fléchissement des trajectoires de ces phénomènes dans l'avenir. Les questions abordées dans cette section sont d'ailleurs grandement approfondies par le domaine émergent de la géographie physique critique (Lave et al., 2018). La force principale de cet ouvrage est d'abord de dépasser les limites de la non-reconnaissance de l'anthropocène comme une époque géologique. En effet, il insiste sur sa portée en tant que cadre conceptuel, pour la géographie mais également pour l'ensemble des disciplines qui s'intéressent à l'environnement. Après avoir contextualisé de manière critique les discussions autour du terme « anthropocène » et de ses déclinaisons, il justifie très efficacement sa pertinence pour analyser les processus élémentaires, les cycles globaux du système Terre et leurs trajectoires, ainsi que pour affronter les enjeux socio-environnementaux qui découlent de ce fonctionnement et qui impliquent différents niveaux de responsabilité pour l'espèce humaine. Ensuite, l'auteur réussit à démontrer pourquoi et comment la géographie, historiquement ancrée dans l'étude des relations entre les sociétés et leurs milieux, occupe une place particulière dans les sciences de l'environnement pour aborder les implications de l'anthropocène. Cet élément dépasse d'ailleurs la portée scolaire que l'on pourrait attendre de ce genre d'ouvrage. Notamment, il évoque tôt dans l'ouvrage les défis disciplinaires qui ont mené à la relative absence des géographes dans les discussions sur l'anthropocène dans les dernières décennies. Le XXe siècle a en effet été le théâtre d'un éclatement de la géographie en sous-branches liées à des approches tantôt naturelles, tantôt sociales, qui « décompose artificiellement [l'anthropocène] en processus multiples qui sont pourtant intimement liés » (p. 13). Elle est ainsi devenue une discipline hétérogène et généralement mal comprise qui n'est ni forcément ni spontanément associée aux questions environnementales. Malgré cela, la richesse des concepts fondamentaux et des démarches exposées dans l'ouvrage ainsi que leur caractère holistique, montrent le potentiel fédérateur de la géographie pour offrir une meilleure compréhension du monde. Enfin, il évite habilement le chauvinisme disciplinaire en ne cherchant pas à affirmer l'unicité des géographes pour l'étude de l'environnement anthropocénique, mais plutôt en invitant à l'action et à la collaboration quiconque s'identifie au raisonnement géographique. En conclusion, cet ouvrage revêt une importance considérable pour la géographie, autant comme manuel d'enseignement que comme contribution scientifique. Il traduit clairement et promeut efficacement le regard des géographes, il inspire chez ses derniers des démarches de recherche pleinement intégratrices et il leur impose une réflexivité marquée. On le parcourt avec intérêt de la première à la dernière page grâce à une trame cohérente ayant peu de redondance. On en émerge avec un sentiment d'espoir quant à l'état de la géographie contemporaine, dynamique, ouverte et fédératrice, ainsi qu'à sa pertinence pour affronter les défis globaux qu'apporte l'anthropocène. On en vient à croire que si la lentille géographique avait été mieux comprise et davantage mobilisée dans les discussions scientifiques, publiques et médiatiques autour de l'anthropocène, ces discussions auraient peut-être mené à des avenues différentes…

Récupéré en direct depuis OpenAlex et désinversé. Les résumés ne sont pas conservés dans cette base de données : les index inversés représentent 8,6 Go des 9,3 Go de texte de la base, et le serveur dispose de 13 Go libres.

Comment cette classification a été obtenuedéplier

Prédiction machine sur la base complète

Imitation des enseignants

Ni prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.

score de la tête « metaresearch » (Codex)0,001
score de la tête « metaresearch » (Gemma)0,001
Version: metacan-v3-hybrid-931329e0061cStatut de validation: machine_predicted_unvalidated
Catégories candidatesaucune
Catégories consensuellesaucune
DomaineSignal candidat: aucune · Signal consensuel: aucune
Devis d'étudeSignal candidat: Sans objet · Signal consensuel: Sans objet
GenreSignal candidat: Synthèse · Signal consensuel: Synthèse
Score de désaccord entre enseignants0,056
Score d'incertitude au seuil0,186

Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)

CatégorieCodexGemma
Métarecherche0,0010,001
Méta-épidémiologie (sens strict)0,0020,001
Méta-épidémiologie (sens large)0,0010,000
Bibliométrie0,0020,007
Études des sciences et des technologies0,0020,004
Communication savante0,0050,007
Science ouverte0,0010,003
Intégrité de la recherche0,0020,003
Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger)0,0560,020

Scores machine (provisoires)

Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.

Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.

Tête enseignante Opus0,014
Tête enseignante GPT0,241
Écart entre enseignants0,226 · la distance entre les deux têtes enseignantes sur ce seul travail
Statut de validationscore_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découle

Classification

machine, non validée

Prédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.

Les modèles n’ont appliqué aucune catégorie : rien dans la taxonomie ne correspondait à ce travail.
Devis d'étudeSans objet
Domainenon disponible
GenreSynthèse

Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».

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