Une métropole à trois vitesses? Bilan sur les écarts de revenu dans le Grand Montréal, 1970-2005
Notice bibliographique
Résumé
Le présent rapport rend compte de l’évolution de la distribution spatiale des quartiers à haut, moyen et bas revenu dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal depuis 1970, à partir d’une analyse de la progression du revenu individuel moyen (toutes sources de revenu incluses) des résidents âgés de 15 ans et plus. L’objectif est de déterminer s’il y a eu à la fois (a) augmentation du nombre relatif de quartiers à haut ou à bas revenu et (b) diminution du nombre relatif et absolu de quartiers à moyen revenu. Nous portons une attention particu-lière aux secteurs ayant connu une diminution ou une augmentation significative de revenu par rapport à l’ensemble de la RMR, cela dans le but de repérer de nouvelles zones de pauvreté ou de richesse. Ces zones sont par la suite décrites en détail, à l’aide d’indicateurs tels que la possession d’un diplôme universitaire ou le statut d’immigrant récent. Ces indicateurs ont été choisis en raison de leur incidence sur le marché de l’emploi, notamment sur les salaires. Les résultats sont par la suite analysés à la lumière du contexte linguistique particulier de la métro-pole québécoise. Pour l’ensemble de la RMR, les données ne révèlent qu’une faible tendance à la bipolarisation des revenus, la proportion des secteurs de recensement (SR) se situant dans la catégorie des revenus moyens n’ayant que modérément diminué pendant la période d’étude. Les résultats diffèrent quelque peu lorsque l’on sépare la RMR en deux sous-ensembles : l’île de Montréal et les banlieues périphériques. Sur l’île de Montréal, on constate une baisse prononcée du nombre relatif de SR à revenu moyen, si bien qu’en 2005 moins de la moitié des SR affichaient un revenu avoisinant la moyenne métropolitaine. En dépit de la montée du phénomène de gen-trification dans les quartiers centraux, les données indiquent que les classes moyennes supé-rieures optent toujours majoritairement pour les banlieues périphériques, situées pour la plupart à l’extérieur de l’île. La proportion de SR à faible revenu est quant à elle plus importante sur l’île que dans l’ensemble de la RMR. Les banlieues de Laval et les couronnes Nord et Sud sont pour leur part le seul endroit où l’on observe une croissance soutenue de la proportion des SR les plus riches. Cet enrichissement relatif s’est toutefois accompagné d’une augmentation du nombre relatif de SR à faible revenu. En 2005, la grande majorité des SR de l’extérieur de l’île se situaient tout de même dans la moyenne de la RMR, même si leur proportion est légère-ment inférieure à celle de 1970. Le visage socio-économique des banlieues périphériques s’est donc diversifié au cours des dernières décennies, mais aucun élément n’indique pour autant qu’il y a eu bipolarisation des revenus. Nous avons cartographié ces résultats en utilisant la terminologie développée dans une précé-dente étude sur la ville de Toronto. Ce que nous appelons « ville n°1 » regroupe ainsi les SR où l’augmentation du revenu individuel moyen a été d’au moins 15% supérieure à celle de la RMR entre 1970 et 2005. La « ville n° 2 » rassemble pour sa part les quartiers étant demeurés dans la moyenne, l’évolution du revenu y ayant été d’au plus 15% supérieure ou inférieure à celle de l’ensemble de la RMR. La « ville n° 3 » regroupe enfin les quartiers où l’évolution du revenu individuel moyen a été d’au moins 15% inférieure à celle de la RMR entre 1970 et 2005. Près d’un SR sur cinq dans la RMR de Montréal s’est enrichi pendant la période d’étude. Cette « ville no 1 » inclut certaines zones occupées de longue date par les élites et la classe moyenne supérieure (Westmount et la majeure partie d’Outremont), ainsi que des secteurs ayant été touchés par des processus de gentrification (Plateau Mont-Royal, Vieux-Montréal et secteurs adjacents). La plupart des autres secteurs dont les revenus ont augmenté sont locali-sés à l’extérieur de l’île. C’est le cas des banlieues de Varennes, Sainte-Julie, Boucherville (Rive-Sud) et Blainville (Rive-Nord), qui comptent aujourd’hui parmi les municipalités les plus riches du Grand Montréal. La « ville no 3 » regroupait pour sa part 30% des SR de la RMR en 2005. La plupart de ces secteurs sont localisés sur l’île, dans des banlieues proches datant de l’après-Seconde Guerre mondiale où l’on retrouve un grand nombre d’immeubles d’appartements de basse densité, souvent de faible qualité. L’usage d’une langue non-officielle à la maison est plus fréquent dans la « ville no 3 », certaines zones abritant une importante population d’immigrants récents (Parc-Extension, Côte-des-Neiges, certains secteurs de Montréal-Nord, de Cartierville et de Saint-Laurent, le secteur sud de Notre-Dame-de-Grâce). On y retrouve également plusieurs quartiers ouvriers en déclin (Mercier et certaines parties de Rosemont dans l’est, Saint-Pierre et certains secteurs de Verdun et de Côte-Saint-Paul dans le sud-ouest). Ces zones abritent une impor-tante population vulnérable au chômage chronique, souvent confinée aux marges du marché du travail et généralement incapable d’accéder aux emplois de l’ « économie du savoir ». Les parties situées à l’est de la banlieue périphérique du « 450 », sur les rives Sud et Nord, forment un bloc contigu de zones à revenu moyen ou élevé qui se sont enrichies au cours de la période d’étude. Les revenus ont également augmenté de façon importante dans une couronne autour du mont Royal. Cette augmentation n’est cependant pas suffisante pour qu’un nombre significatif de SR ne s’élèvent au-delà de la catégorie des revenus moyens, à l’exception des quartiers occupés de longue date par l’élite. Dans la plupart des cas, le processus de gentrifi-cation y demeure inachevé. Plusieurs SR des banlieues d’après-Guerre se sont pour leur part appauvris, notamment à Longueuil et Laval. Le nord-est de Montréal constitue aujourd’hui une importante concentration de pauvreté, alors qu’au début de la période d’étude la plupart des SR y étaient à moyen revenu. Nous avons par ailleurs examiné l’évolution de la distribution des revenus au sein de chacune des « trois villes » pour les trois décennies de la période d’étude. Dans la « ville no 1 », nous constatons les effets du phénomène de gentrification dans le déclin rapide du nombre de SR à faible revenu au cours des années 1990, de même qu’un glissement marqué de plusieurs SR vers la catégorie de « revenu très élevé ». La « ville no 2 » présente pour sa part une distribu-tion des revenus relativement stable au fil du temps, à l’exception notable du déplacement de certaines zones de la catégorie « moyen revenu » vers celle de « faible revenu » au cours des années 1970. Dans la « ville no 3 », on compte peu de secteurs à revenu élevé, tandis que la croissance de la catégorie « faible revenu » reflète le déclin du groupe à moyen revenu. Dans les deux cas, cet appauvrissement relatif apparait lié à la croissance de la population immi-grante à faible revenu. En 2006, la séparation spatiale entre les « villes » qui s’enrichissent et celles qui s’appauvrissent apparaît somme toute nettement moins contrastée qu’à Toronto ou Vancouver. En effet, les quartiers stables en termes de revenus et où une majorité de résidents dispose de Ci t i e s C e n t re • Un i v e r s i t é d e T o r o n to revenus moyens sont mieux répartis dans la RMR de Montréal. L’expansion de vastes zones contigües de pauvreté et de richesse soulève néanmoins la question de l’équité socio-spatiale et pose d’importants défis pour la planification du logement et des transports.
Récupéré en direct depuis OpenAlex et désinversé. Les résumés ne sont pas conservés dans cette base de données : les index inversés représentent 8,6 Go des 9,3 Go de texte de la base, et le serveur dispose de 13 Go libres.
Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,000 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,002 |
| Études des sciences et des technologies | 0,002 | 0,001 |
| Communication savante | 0,002 | 0,001 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,001 |
| Intégrité de la recherche | 0,000 | 0,001 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,006 | 0,000 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».