L'énigme du Je : lecture plurielle des textes et récits majeurs de Madeleine Gagnon
Notice bibliographique
Résumé
L'écriture de Madeleine Gagnon est une prise de parole dont l'objet est d'offrir au Je d'infinies possibilités de représentation. Sous les dehors de l'introspection et de l'exploration des matériaux friables que sont la mémoire et les fictions de rêves, ce Je se pose comme une instance dont le processus d'élaboration et de structuration se réalise sur le mode opératoire des permutations et translations des voix narratives et sur celui, plus difficile à repérer, mais non moins à l'oeuvre pour autant, des oscillations métaphoriques et métonymiques. Usant ou jouant de ces procédés en les alternant, en les conjuguant ou encore en les métissant, ce Je explore un univers étrange et familier, tout à la fois. Les mots - ceux de la parole d'écriture ? ont pour lui une double portée : ils lui permettent de raconter une histoire aux dehors fictifs, en ce qu'ils résultent d'un acte de création, et aux dessous autographiques, en ce qu'ils lui permettent d'advenir en tant que sujet de l'écriture. Cela fait de ce sujet une figure de l'écrit particulièrement énigmatique qui mérite et justifie qu'on tente d'en découvrir la nature, de la cerner pour en rendre compte dans un énoncé qui pourrait, en partie, la définir et, par conséquent, qui offrirait une voie d'accès privilégiée à la connaissance de la part intime de l'être, là où l'inconscient est repérable dans la trace de ses effets. \n \nQu'on ne s'y méprenne pas, cependant, la lecture particulière qui est proposée ici ne prétend pas à l'exhaustivité. Elle a plutôt pour objet de découvrir comment, de l'hermétisme apparent, peut émerger le sens, voire du sens lié à la part intime de l'être. Partant, il ne s'agit pas d'une argumentation stratégique, mais d'un parcours qui, en donnant prégnance au signifiant, permet de voir que le sens - non pas la signification qui en est l'arrêt - est tributaire des amalgames et des métissages des composantes narratives de Lueur, roman archéologique. Or ce roman, dont le titre est particulièrement trompeur, en ce qu'il ne fait pas référence au genre comme tel, mais plutôt à une fiction singulière qui s'élabore dans les entrelacs factuels et discursifs de la fiction, est vraisemblablement l'oeuvre porteuse de tous les textes qui lui ont succédé - peu importe leur facture. Le sujet de l'écriture y évolue en actualisant les sentes intemporelles de la mémoire individuelle et collective sur laquelle repose sa prise de parole. Dans les oeuvres subséquentes, notamment dans celles qui constituent le corpus à l'étude, des fragments de ce roman archéologique sont actualisés et, comme de petites lueurs, ils éclairent le contenu latent de ce premier récit qui les a vus apparaître dans l'écriture. Ainsi corrélés, ils s'éclairent même les uns les autres, au gré des métissages qu'ils autorisent dans l'acte de lecture-relecture. \n \nCette prise de parole donne lieu à des textes très difficiles dont, en apparence, la fiction allège ou embrouille la teneur, c'est selon. Ce phénomène est manifestement attribuable à la dynamique interne dont le fonctionnement est des plus complexes. Le recours aux éléments conceptuels de certaines théories littéraires - notamment celles de la poétique et de la sémiotique narrative - permet de faire ressortir une forme de mouvance signalant que l'écriture donne naissance à l'invisible, soit, mais pas moins vivant pour autant. De plus, comme la place que Madeleine Gagnon accorde à l'inconscient et à la psychanalyse est considérable, il faut tenir compte de certains des éléments théoriques de cette discipline : par exemple, les processus à l'oeuvre dans le rêve, soit ceux de la condensation et du déplacement, tels que définis par Freud et que Lacan a associés à la métaphore et à la métonymie ; le stade du miroir, tel que développé par Lacan ; les instances que sont l'autre et l'Autre et les rapports qu'entretient avec ces instances le sujet de l'écriture. Il ne faut toutefois pas s'attendre à ce que cela donne lieu à une interprétation psychanalytique des textes et récits du corpus. Ces éléments théoriques permettent plutôt de faire signifier le sujet de l'écriture dans sa cohérence textuelle. \n \nAinsi, la lecture proposée témoigne du fait que les procès signifiants de ce sujet sont variés et tous tributaires des constituantes fictives de son Je : les traits caractéristiques de chacune des narratrices, de même que leurs différents parcours narratifs ; les pronoms personnels ou indéfinis - qui sont beaucoup plus que de simples personnes grammaticales, en ce qu'ils favorisent les permutations et les translations des voix narratives - ou encore les personnes-personnages - qui se présentent sous les dehors de certains individus ayant réellement existé, pour ne nommer que ces quelques exemples. Tantôt indépendantes les unes des autres, tantôt réunies, ces constituantes favorisent une série d'identifications transférentielles qui soutiennent l'idée qu'un texte littéraire s'avère un lieu d'actualisation privilégié où un sujet peut advenir, s'élaborer, se structurer et tenter de se poser comme tel pour un autre sujet, en l'occurrence le sujet de la lecture. \n \nIl semble qu'en participant à la production de sens, qu'en tentant de faire du sens, le lecteur soit également livré aux permutations et aux translations des voix narratives, ainsi qu'aux jeux d'identifications introjectives et projectives propres au transfert. Par conséquent, son Je se trouve partie prenante de celui du sujet de l'écriture : il actualise, grâce à la magie de la fiction, ses propres procès signifiants qui s'emmaillent dans ceux du sujet de l'écriture. Sont ainsi célébrées - commémorées - ce que les narratrices des différents textes et récits appellent les noces de papier d'un inséparable couple d'amoureux : écriture-lecture. Ce couple inédit - sous les dehors du même, il est et se signifie toujours autre - use d'un signifiant universel et androgyne, Je. Et, la lecture plurielle des textes et récits majeurs de Madeleine Gagnon propose des réponses à l'énigme qui entoure ce Je.
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,001 | 0,003 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,001 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,000 |
| Études des sciences et des technologies | 0,004 | 0,004 |
| Communication savante | 0,005 | 0,004 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,003 |
| Intégrité de la recherche | 0,001 | 0,004 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,016 | 0,004 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».