L'expérience de deuil des femmes âgées ayant vécu la perte d'une partenaire de même sexe
Notice bibliographique
Résumé
Objectifs : En plus de plusieurs soucis partagés avec leur groupe d’âge, les aînés LGBTQ+ ont des préoccupations spécifiques en lien avec leur vieillissement. Les femmes âgées lesbiennes sont quant à elles décrites comme ayant des expériences communes liées à leur historique de marginalisation. Ces circonstances portant à croire qu’elles pourraient vivre des défis particuliers au moment du décès de leur partenaire, nous avons souhaité nous attarder à cette expérience. Lorsque nous avons débuté notre projet en 2015, aucune étude n’avait donné la parole à des endeuillées dans une conjoncture où les couples de même sexe pouvaient se marier légalement ni dans un contexte francophone. Notre thèse vise à répondre aux questions suivantes : Comment les femmes de plus de 65 ans vivent-elles la perte d’une partenaire de même sexe? Comment les enjeux identitaires affectent-ils leur expérience du deuil et du vieillissement? À quelles inégalités font-elles face? Comment pouvons-nous les soutenir? Nous souhaitons aussi donner la parole à des femmes d’une cohorte générationnelle précise, pour illustrer les impacts des avancées juridiques de la société québécoise, dont la reconnaissance du mariage entre conjoints de même sexe. Méthodologie : Nous nous sommes basées sur une méthodologie qualitative s’inspirant de la phénoménologie herméneutique. Notre démarche était notamment influencée par l’approche intersectionnelle et la gérontologie critique. Nous avons rencontré 10 participantes. Huit ont pris part à deux entretiens et deux à un seul. Ces femmes avaient toutes vécu une relation amoureuse avec une partenaire de même sexe et vécu la perte par décès de celle-ci. Nous avons analysé nos données sous forme thématique et certaines d’entre elles par catégories conceptualisantes. Principaux résultats : Nos résultats ont mis en lumière les trois principaux défis spécifiques à la perte par décès d’une partenaire de même sexe, soit avoir à « sortir du placard » au moment du deuil, être et rester visible en tant que veuve et obtenir du soutien. Les relations de couples qui nous ont été racontées ont été vécues entre 1970 et 2014. Pendant cette période, l’acceptabilité sociale de l’homosexualité au Québec a évolué, tout comme l’aisance de la plupart de nos participantes en lien avec leur orientation sexuelle. Toutefois, le stigma lié à leur orientation au moment de sa découverte et la discrimination que plusieurs ont subie a continué d’avoir un impact sur leurs comportements. En effet, la majorité d’entre elles ne dévoilaient pas cet aspect de leur identité en toutes circonstances. Le décès de la partenaire a donc confronté plusieurs d’entre elles à la nécessité de sortir du placard de façon plus publique. Certaines ont saisi l’occasion pour se présenter comme veuve. D’autres, face à des proches qui n’acceptaient pas la relation, ne l’ont pas fait. Plusieurs participantes ont mentionné qu’elles auraient aimé que le lien qui les unissait à la défunte soit davantage reconnu dans le contexte de leur deuil. Pour celles qui ne parlaient pas de leur orientation, mais s’affichaient en couple, la perte était double. En l’absence de leur partenaire, c’est aussi en quelque sorte une partie de leur identité qui s’effaçait. Face au présupposé qu’elles étaient hétérosexuelles et endeuillées d’un conjoint, certaines corrigeaient le tir, d’autres non. Quelques-unes évitaient de dévoiler leur veuvage afin de dissimuler leur orientation sexuelle et se protéger d’éventuelles discriminations. Au moment de chercher du support, certaines ont obtenu celui de leur famille et/ou d’ami.e.s. Certaines ont pu compter sur un réseau déjà formé au sein des communautés LGBTQ+. Plusieurs participantes ont senti qu’un silence s’installait autour d’elles pendant leur deuil. Le mutisme des autres était souvent attribué à un malaise lié à l’homosexualité ou à un inconfort face à la mort. Quelques-unes ont reconnu leur propre gêne à parler de leur perte. Toutes ont nommé l’importance des communautés LGBTQ+ comme filet de sécurité, suggérant parfois la mise sur pied de groupes de soutien de deuil spécifiquement pour ces communautés. Il leur paraissait essentiel, en vieillissant, de pouvoir être en contact avec des femmes qui auraient vécu des expériences semblables. Nous revisitons le concept de deuil non reconnu et proposons que, pour bien en saisir les répercussions, il est nécessaire de tenir compte des diverses relations de l’endeuillée. Nous abordons aussi les impacts du stress minoritaire sur la quête de sens qui accompagne souvent le deuil, notamment à travers ses impacts sur la foi et les rites funéraires. Conclusion : Notre recherche contribue à enrichir un domaine d’études émergent. Elle se démarque par des apports théoriques spécifiques et par la mise en dialogue des perspectives critiques et humaniste existentielle. Au plan clinique, nous offrons des recommandations concrètes aux intervenant.e.s et thérapeutes qui accompagnent des femmes âgées endeuillées d’une conjointe. Reconnaissant que l’homogénéité de notre échantillon représente une limite de l’étude, nous proposons que des recherches subséquentes s’attardent aux défis du deuil d’un.e partenaire de même sexe à la croisée d’autres situations d’oppression. \n_____________________________________________________________________________ \nMOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Couples de même sexe, femmes, deuil, orientation sexuelle, vieillissement, intersectionnalité, recherche qualitative, gérontologie critique, psychologie humaniste
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,003 | 0,004 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,012 | 0,006 |
| Communication savante | 0,004 | 0,003 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,004 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,003 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,011 | 0,001 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».