Désirs d'altérités : expériences relationnelles des personnes dans des configurations intimes non-exclusives
Notice bibliographique
Résumé
La sphère intime a progressivement évolué et s’est détraditionnalisée durant les dernières décennies, notamment du fait de l’influence des mouvements queer et féministes. Si l’exclusivité amoureuse et sexuelle restent une norme structurante des relations intimes, des formes alternatives au modèle exclusif ont progressivement gagné en visibilité. Parmi celles-ci, je m’intéresse particulièrement aux modes relationnels incluant une pluralité théorique de partenaires – qu’il s’agisse de pluralités sexuelles ou de pluralités amoureuses – et dans lesquels l’ensemble des personnes impliquées donnent leur accord à une ouverture de la relation. Au-delà de la simple description de pratiques en rien nouvelles, un paradoxe se fait jour. Malgré les transformations de l’expérience intime et le fait que les pluralités relationnelles ont gagné en visibilité, l’exclusivité amoureuse et sexuelle restent encore une norme et une valeur encore fortement ancrées dans les imaginaires et les pratiques des individus. Dès lors une question se pose : comment se construit discursivement et dans les pratiques la conjugalité actuelle dans une situation de pluripartenariat consensuel ? Ces relations plurielles se distinguent-elles, s’intègrent-elles ou, au contraire, se détachent-elles radicalement de l’expérience intime moderne et de sa normativité ? Si les études concernant ces pluralités se sont multipliées lors des dernières années, elles ont tendance à ne les envisager que comme des pratiques distinctes et autonomes de celles se plaçant dans la norme conjugale traditionnelle qui supposent un couple constitué de deux personnes, exclusif, amoureux et à long terme. Cette thèse de doctorat vise un double objectif : comprendre les imaginaires amoureux et intimes des personnes se situant dans une configuration relationnelle non-exclusive d’une part et, d’autre part, à replacer ces pluralités dans le contexte de l’expérience intime moderne en étudiant comment celles-ci s’articulent par rapport à la norme d’exclusivité ainsi que la façon dont elles surviennent dans la carrière intime des individus. Afin de répondre à cet objectif, un devis qualitatif a été choisi. Vingt personnes âgées de 27 à 51 ans et parlant français ont été recrutées parmi les 331 répondant.e.s du questionnaire MACLIC, celles-ci devant avoir déclaré être dans une configuration relationnelle non-exclusive au moment de la passation de ce dernier. Si l’échantillonnage s’est effectué en tentant de recruter des personnes se déclarant dans trois configurations relationnelles non-exclusives – à savoir le libertinage, le polyamour et le couple ouvert – cette distinction a rapidement montré ses limites, les pluralités tendant à s’hybrider avec le temps. L’ensemble des personnes interrogées résident toutes, à l’exception de l’une d’entre elles, dans diverses localités du Québec. Les entretiens ont été menés en suivant une grille chronologique, en questionnant les personnes sur leurs parcours intimes ainsi qu’en les interrogeant sur leurs représentations de l’amour, de la sexualité et du couple. L’analyse des données récoltées m’a permis de dégager trois résultats majeurs : l’importance encore centrale du couple dans les trajectoires intimes, le fait que les individus soient tiraillés entre diverses formes de fidélité et, finalement, l’influence du moment de vie dans les parcours intimes. Malgré les transformations de l’intimité et l’intégration d’une forme de pluralité dans le répertoire relationnel des personnes interrogées, le couple demeure un repère central pour celles-ci en ce qu’il est une forme conjugale valorisée et recherchée. Cependant, le passage d’une conjugalité exclusive à une configuration relationnelle non-exclusive ne se fait pas sans tensions, les individus étant tiraillés entre une fidélité envers leurs propres envies, une fidélité envers le projet conjugal préalablement bâti ainsi qu’une fidélité à leur partenaire et leurs propres envies. Finalement, le moment de vie est central pour comprendre l’entrée, la sortie ou le maintien d’une pluralité relationnelle. Si l’adolescence se caractérise par un fort attachement à la conjugalité traditionnelle et exclusive, l’entrée dans les études supérieures vient remettre en question ces croyances. La parentalité est également un facteur influençant fortement le passage de l’exclusivité à la non-exclusivité et inversement. Enfin, la quarantaine et au-delà est également une période où les normes sont négociées voire dépassées. Ces résultats montrent que des enjeux sociaux sont profondément ancrés au sein des parcours intimes singuliers. Il n’est pas tant question d’une affirmation unilatérale de soi ni de s’oublier dans de multiples relations mais, au contraire, de tentatives protéiformes de répondre aux enjeux de la condition sociale moderne, entre volonté de se singulariser et d’être reconnu comme tel tout en ayant une forte conscience de la dépendance à autrui, entre l’envie de s’extraire d’une institution conjugale qui peut parfois se révéler insatisfaisante mais qui est néanmoins un espace sécurisant et d’inter-reconnaissance. Cette étude permet de mieux comprendre les enjeux intimes actuels en abordant la diversité et la complexité des configurations relationnelles. De futures études pourraient se pencher sur d’autres alternatives conjugales à l’instar de l’amitié ou encore explorer l’influence du milieu social ou de l’ethnicité sur les parcours amoureux. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : configurations relationnelles non-exclusives, pluralités relationnelles, polyamour, libertinage, sexualité de groupe, couple ouvert, couple, relation, amour, sexualité, diversité relationnelle, modernité
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,002 | 0,004 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,000 | 0,000 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,000 | 0,000 |
| Bibliométrie | 0,001 | 0,001 |
| Études des sciences et des technologies | 0,005 | 0,015 |
| Communication savante | 0,006 | 0,007 |
| Science ouverte | 0,001 | 0,006 |
| Intégrité de la recherche | 0,002 | 0,004 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,007 | 0,001 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».