Louis Perron, L’eschatologie de la raison selon Jean Ladrière. Pour une interprétation du devenir de la raison, Québec, Presses de l’Université Laval, 2005, 273 p.
Notice bibliographique
Résumé
Perspectives critiques », 195 p. « Philosopher est une activité, et singulièrement prenante, puisque la tâche du philosophe est une tâche infinie.» Pivot de l'ouvrage, axe du propos toujours tenu par Marcel Conche, cette définition de la philosophieou, plus exactement, du philosopher comme activité oriente vers une mise en œuvre du penser dissocié de l'action.Penser, c'est éclaircir et non comprendre, c'est essarter pour désencombrer la raison de tout esprit de système.Comment pourrait-on comprendre ce qui se donne comme infini : la Nature, la connaissance, l'amour ?Philosopher à l'infini consiste à se défaire radicalement de toute croyance pour s'ouvrir à l'évidence -comprise au sens grec d'enargeia, qui n'est pas la certitude, et non dans son acception cartésienne -, pour s'attacher au réel dans son ensemble (la Phusis, Nature indéfiniment inachevée).Philosopher à l'infini est une activité libérée de toute méthodologie, sinon de s'ouvrir de façon « expériencielle », de porter « attention à tous les aspects de ce que l'on a sous les yeux, dans l'ensemble de ce qui se montre » (p.18).Et Marcel Conche d'engager un dialogue entre philosophes..., interlocuteurs qui ne peuvent être que les philosophes du mouvant (d'Héraclite à Bergson, en passant par Montaigne) et non les philosophes théologiens ou les fondateurs d'une prétendue philosophie « comme science rigoureuse » -un système n'ayant de sens que pour ceux qui le créent de toutes pièces.Cet ouvrage transforme le lecteur attentif en lecteur du mouvant.Sa lecture incite à évacuer les « formes fixes », à se détacher de tout ce qui peut restreindre son intérêt à l'exclusive préoccupation du contingent, du fini.Elle aide à désaliéner l'esprit des « soucis bornés » de l'action en société.On ne peut donc résumer Philosopher à l'infini.Certes, peut-on s'arrêter sur le flash-back concernant la décision antithéiste de Marcel Conche, sur son « éreintement de la notion de "Dieu" » (p.15) aboutissant pour l'homme à passer de la finitude (vivre sa vie sous Revue philosophique, n o 1/2006, p. 77 à 138 Presses Universitaires de France | Téléchargé le 06/02/2026 sur https://shs.cairn.info(IP: 185.151.59.168) l'horizon de la mort donnée comme sens à la vie) à la finité (la mort comme terme ultime, vierge de toute promesse eschatologique : « L'homme s'achève à la mort » (p.15).Mais résumer un propos qui sans cesse s'adresse à la raison (à cette raison nécessairement mouvante, à l'opposé de ce Dieu qui, s'il était, saurait, absurdement, toujours ce qu'il fait), résumer un propos ainsi étayé serait aussi factice que d'attendre une conclusion à l'ouvrage.Car « la vie s'arrête à la mort, qui n'est pas une conclusion » (p.172).Au lecteur du mouvant, qui peut le devenir sans cesse dès lors qu'il sait œuvrer sans agir, à ce lecteur de s'imprégner des propos tenus et échangés « avec et sans », « à propos », « avec »... pour discuter autant que disputer « avec et sans » Aristote, « avec et sans » Épicure, « avec et sans » Pascal, « avec et sans » Lao tseu, avec et sans M. Conche... et, à force de cette activité, de tourner enfin sa raison vers ces sages pour qui philosopher était, est et sera un genre de vie.Philosopher à l'infini est une subtile et élégante invitation de Marcel Conche à lire ou à relire son Orientation philosophique pointant vers la Présence de la nature ouvrant sans cesse sur L'aléatoire, mais aussi et surtout sur L'analyse de l'amour, troisième infini l'emportant... infiniment... sur celui de la Nature et sur le sans fin de la connaissance.Une contribution essentielle à la question de savoir quelle philosophie pour demain ?Reynal SOREL.Pierre Jacerme, L'éthique, à l'ère nucléaire, Paris, Lettrage Distribution, 2005, 272 p.L'apparente diversité de l'ouvrage de P. Jacerme ne doit pas dissimuler une unité bien plus essentielle que la simple unité thématique : l'unité de ton telle qu'elle est donnée à entendre dans les admirables premières pages du livre.Or ce ton n'est autre que celui de notre temps, l'époque de la fin de la philosophie dont Pierre Jacerme fait réellement l'épreuve pour en tirer les conséquences dans de nombreuses directions : l'enseignement, celui de J. Beaufret en particulier et de J.-T.Desanti dont l'auteur fut l'élève ; le dialogue de la pensée comme expérience de la parole au sein de laquelle, « d'égal à égal », M. Heidegger et J. Beaufret se sont rencontrés ; la psychanalyse éprouvée non pas comme science physique de l'inconscient, mais, avec M. Fennetaux, comme « lieu où se décide le séjour du "parlêtre" » ; la traduction, à travers un texte indispensable et le seul en France à avoir étudié avec une impeccable rigueur les traductions françaises de Être et temps pour faire apparaître comment la traduction de François Vezin « donne à penser, en travaillant à une mutation de notre rapport à la langue » ; la poésie, au fil d'une patiente écoute de l'œuvre de Robert Marteau ; le cinéma, que P. Jacerme situe à une hauteur dont nous avons encore tendance à oublier qu'elle est bien la sienne -le cinéma comme école du regard pour l'homme des temps modernes.« Le cinéma, écrit-il, matérialise le pressentiment du "bouleversement de tout étant", et du "rien nécessaire à la pleine éclosion des choses".» Mais de quel bouleversement s'agit-il ici ?De l' « ébranlement de tout étant » qu'est Hiroshima -ou plutôt « Hiroshima », « avec des guillemets », précise P. Jacerme, signifiant par là qu'il ne s'agit pas seulement du lieu de l'explosion d'une bombe atomique », mais d'un événement historial et présent -à savoir, cette possibilité extrême de destruction totale Revue philosophique, n o 1/2006, p. 77 à 138 pour approfondir sa problématique !Ces considérations ne retirent rien à la profondeur de vue des hypothèses en jeu -en l'occurrence, celle de l'hétérogénéité de l'œuvre henrienne.Robert TIRVAUDEY.Danielle Lories et Olivier Dupré, Vie et liberté.Phénoménologie, nature et éthique chez Hans Jonas, Paris, Vrin, 2003, coll.« Problèmes et controverses ».Les deux auteurs ont réuni des contributions à des congrès et des articles de revues, revus et complétés, pour donner un tableau d'ensemble réussi, bien que non systématique, de la philosophie de Hans Jonas, qui est pour eux, selon la déclaration de Paul Ricœur en 1989, « le philosophe vivant le plus marquant » de la fin du XX e siècle.Le chapitre premier (d'après les travaux de O. Dupré) traite de « Philosophie de la nature ou écologie ?» et montre que, loin de nous entraîner dans les abîmes de l'écologie profonde, comme on a pu le lui reprocher, la philosophie de la vie de Hans Jonas se préoccupe surtout d'établir la responsabilité de l'homme vis-à-vis de la nature, ce qui est loin de diminuer la dignité humaine.Le chapitre II (d'après les travaux de D. Lories) montre justement, en traitant de « Continuité du vivant et latence de l'éthique », que l'exigence éthique est constante chez Jonas qui, dès The Phenomenon of Life.Towards a Philosophical Biology (1966), proposait « une interprétation existentiale » des faits biologiques aux fins de « réclamer pour l'unité psychophysique de la vie cette place dans le schéma théorique » qui lui est refusée depuis Descartes.Le chapitre III, « Figures de Dieu pour une phénoménologie de la vie » (d'après les travaux de D. Lories), oppose au Dieu mathématicien de la science moderne, au Dieu étranger de la pensée gnostique et au nihilisme contemporain dont ne nous a pas débarrassé Heidegger malgré les accents religieux de sa pensée, le mythe du Dieu souffrant, que Jonas a spécialement développé dans Le concept de Dieu après Auschwitz.Le chapitre IV, « Phénoménologie des sens : Phénomène de la vie » (d'après les travaux de D. Lories) compare la phénoménologie de la perception de M. Merleau-Ponty à la phénoménologie de la vie de Jonas, et montre les différences des deux approches en même temps que leur possible convergence.Le chapitre V, « Entre nature et éthique, le concept de valeur » (d'après les travaux de O. Dupré) reprend les préoccupations du chapitre premier : il montre que l'éthique de Jonas ne relève pas du naturalisme éthique, malgré certains auteurs qui la mésinterprètent, mais plutôt d'une ontologie, bien que Jonas n'ait pas écrit cette métaphysique, dont il proclamait cependant l'urgence.Il s'agit d'une ontologie du possible complétée par un néofinalisme qui a de l'affinité, sans qu'on puisse parler d'influence, avec ce que Nicolaï Hartman, dans son « Éthique », appelait « le devoir-être actuel ».Tous ces travaux, qui ont le mérite de ne pas enfermer la pensée de Jonas dans les cadres a priori qu'on veut lui imposer, reçoivent un éclairage important et une justification du très beau texte de Jonas lui-même qui clôt le volume : « Les fondements biologiques de l'individualité » (traduction de D. Lories). Hervé BARREAU.Revue philosophique, n o 1/2006, p. 77 à 138
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Comment cette classification a été obtenuedéplier
Prédiction machine sur la base complète
Imitation des enseignantsNi prévalence calibrée, ni vérité terrain. Validation humaine à venir. Le volet Gemma est une étiquette directe du modèle pour chaque travail de la base, lue sur la notice réduite au titre. Le volet Codex est un classifieur appris des 10 348 étiquettes directes de Codex et calibré sur les taux pondérés de l'échantillon; les champs sans appui suffisant ne portent aucun appel Codex. Le mode candidate est l'union des deux volets; le consensus est leur intersection. Ces sorties portent le statut machine_predicted_unvalidated et ne sont pas des étiquettes humaines.
Scores du classifieur distillé par catégorie (deux têtes)
| Catégorie | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Métarecherche | 0,002 | 0,003 |
| Méta-épidémiologie (sens strict) | 0,002 | 0,001 |
| Méta-épidémiologie (sens large) | 0,001 | 0,001 |
| Bibliométrie | 0,002 | 0,003 |
| Études des sciences et des technologies | 0,009 | 0,015 |
| Communication savante | 0,008 | 0,011 |
| Science ouverte | 0,002 | 0,003 |
| Intégrité de la recherche | 0,006 | 0,006 |
| Charge utile insuffisante (le modèle a refusé de juger) | 0,026 | 0,007 |
Scores machine (provisoires)
Les deux têtes enseignantes du modèle étudiant, lues sur ce travail. Un score ordonne la base pour la relecture; il n'affirme jamais une catégorie, et le statut de validation accompagne chaque rangée tel quel.
Scores de référence d'un modèle non mature (critères de maturité non atteints, 7 itérations). Un score ordonne; il n'affirme jamais une catégorie.
score_only:v0-immature-baseline · tel quel depuis la passe de notation : score_only signifie que le nombre peut ordonner les travaux, et qu'aucune étiquette de catégorie n'en découleClassification
machine, non validéePrédiction automatique; un appel candidat d’une seule source (Gemma direct ou Codex distillé), pas un consensus.
Le détail, modèle par modèle et score par score, se trouve en fin de page sous « Comment cette classification a été obtenue ».