Images d'une royauté indienne : la dynastie sikhe de Patiala et son palais fortifié, 18e-19e siècles
Notice bibliographique
Résumé
En 1850, au lendemain de la seconde et particulièrement sanglante guerre anglo-sikhe (1848-1849), Lord Dalhousie, Gouverneur Général de l’Inde, fait raser presque tous les forts du Panjab pour éviter la formation de foyers d’insurrection. Seuls sont épargnés les quelques forts utilisés par les Britanniques et leurs alliés locaux, dont celui des rois de Patiala, le Qila Mubarak (du persan qilaʿ-i mubārak « le fort béni »), remarquable pour ses très nombreuses peintures murales. Le paysage de l’architecture militaire au Panjab devait être jusqu’alors celui d’une région semée de forts comme l’actuel Rajasthan peut encore aujourd’hui donner une idée. Les États princiers qui s’en partageaient le territoire à l’époque coloniale, au sein de la fédération du Rajputana, ne furent en effet jamais conquis militairement par les Britanniques et restèrent sous un régime de gouvernement indirect jusqu’en 1947. Le Qila Mubarak est donc l’un des rares témoins des fortifications du Panjab aux 18e et 19e siècles, mais de nouvelles menaces ont pesé sur lui après l’indépendance de l’Inde en raison de projets de développements urbains liés à l’extension des bazars de la vieille ville congestionnée qui l’entoure. C’est seulement en 1964 qu’il a été classé monument historique au niveau régional par à un décret du Gouvernement du Panjab, le Punjab Ancient and Historical Monuments and Archaeological Sites and Remains Act, puis au niveau national par le Gouvernement fédéral en 1994.Ce projet de recherche historique propose d’étudier la royauté sikhe telle qu’elle s’est manifestée dans le royaume de Patiala aux 18e et 19e siècles, à la lumière des témoignages multiples livrés par le Qila Mubarak, qu’il s’agisse de son architecture ou de son programme iconographique. Ce fort construit à partir de 1763 atteste d’abord de l’histoire de la dynastie sikhe de Patiala fondée par Baba Ala Singh (1695-1765). Ses nombreuses peintures murales questionnent la manière dont les rois sikhs de Patiala, qui se sont fait représenter sur les murs de leur palais fortifié, entendaient manifester leur fonction, mettre en scène leur autorité et écrire le devenir de leur dynastie. En lien avec l’idéologie royale de ces souverains, sont sujets à interprétation d’une part le grande nombre de peintures inspirées de la mythologie hindoue en comparaison de celles plus rares évoquant le sikhisme et, d’autre part, la série d’images renvoyant pour certaines à des légendes panindiennes et pour d’autres à des histoires de la tradition orale panjabi. Enfin, dans une perspective comparatiste plus large entre les peintures du fort de Patiala et celles de forts d’autres anciens royaumes de l’Inde du Nord-Ouest, la définition d’une école de peinture locale peut se faire en observant la circulation des artistes, leurs écoles d’origine et ce patronage royal de Patiala. Au-delà, il s’agira de revoir la vision générale de l’histoire et des arts sikhs aux 18e et 19e siècles, encore marquée par la colonisation britannique en Inde et largement focalisée sur le roi Ranjit Singh de Lahore durant son règne entre 1799 et 1839. Le patrimoine du Qila Mubarak rappelle que l’histoire des arts sikhs se développait aussi de l’autre côté de la rivière Sutlej, frontière entre le royaume de Lahore et l’Inde colonisée, plus de trente ans avant l’intronisation de Ranjit Singh à Lahore.
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| Bibliométrie | 0,001 | 0,001 |
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| Science ouverte | 0,001 | 0,004 |
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