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Record W2049543336 · doi:10.1093/fs/knr072

Les Études sur les femmes écrivains du XVI <sup>e</sup> siècle français

2011· article· fr· W2049543336 on OpenAlexaff
Diane Desrosiers-Bonin

Bibliographic record

VenueFrench Studies · 2011
Typearticle
Languagefr
FieldArts and Humanities
TopicRenaissance Literature and Culture
Canadian institutionsUniversité de MontréalMcGill University
Fundersnot available
KeywordsFrenchArtHumanities

Abstract

fetched live from OpenAlex

L'un des grands enjeux des études littéraires sur le seizième siècle français aura été, à partir des années 1980, l'intérêt tout à fait nouveau porté aux écrits des femmes de la Renaissance et leur inclusion dans une histoire littéraire dont elles n'occupaient jusque-là que les marges. Un tel intérêt pour la période au cours de laquelle les femmes ont eu un accès de plus en plus grand à la sphère et à la parole publiques s'est récemment traduit par de nombreux travaux portant sur les représentations littéraires ou iconographiques de la femme, sur l'histoire sociale et la condition féminine,1 sur les discours argumentatifs quant à la valeur du sexe féminin2 et, surtout, sur la place des femmes écrivains à la Renaissance.3 Nous voulons ici insister sur ce dernier aspect, de manière à esquisser un rapide survol de l'orientation des travaux récents qui confirment que, désormais, l’étude des femmes écrivains du passé ne nécessite plus guère de justification. Certes, sur ce plan, le monde anglo-saxon a, comme on le sait, une bonne longueur d'avance; les premiers colloques sur les femmes d'Ancien Régime ont d'ailleurs eu lieu en Amérique du Nord, souvent organisés par des seiziémistes.4 La création de la SIEFAR (Société internationale pour l’étude des femmes de l'Ancien Régime) en 2000 a cependant donné une vigoureuse impulsion au domaine en France et en Europe continentale.5 Pour s'en convaincre, on n'aura qu’à consulter le site internet de la société (<www.siefar.org>), qui témoigne de la vitalité des activités scientifiques de ce domaine en plein développement. Dans l'ensemble des études sur les femmes d'Ancien Régime, la Renaissance occupe, semble-t-il, un statut privilégié, probablement parce qu'il s'agit d'une époque fondatrice pour l’écriture au féminin. Si, comme le montrent les travaux récemment réalisés sur les femmes du Moyen Âge, la place que celles-ci ont occupée dans le monde de la culture et des lettres est loin d’être négligeable, force est de constater que, du moins en ce qui concerne la littérature de langue française, la Renaissance a connu un développement exponentiel du nombre de femmes ayant cherché à accéder au statut d'auteur. Il n'est donc pas surprenant que cette période ait suscité, depuis quelques décennies, une quantité de réflexions envisageant les textes de femmes sous l'angle d'une problématique liée à la généricité (au sens de gender), c'est-à-dire aux aspects des textes qui sont tributaires de l'appartenance de leur auteur au sexe féminin. Si les travaux récents ne prennent pas nécessairement en compte la question de la généricité, en abordant le corpus de manière neutre (c'est-à-dire comme on le ferait pour des auteurs masculins), il n'en reste pas moins que cette question (et la recherche de paramètres d’évaluation différents qui l'accompagne), en attirant notre attention sur des corpus méconnus, se trouve indéniablement à l'origine de l'intérêt récent pour les écrits de femmes. Un tel élargissement repose en grande partie sur un travail d'identification des figures auctoriales féminines et des textes qui leur sont attribués. Diverses entreprises de nature bibliographique, menées surtout en Amérique du Nord, ont permis de préciser l'ampleur du corpus textuel en cause. Une équipe de l'Université d'Ottawa, sous la direction de Pierre-Louis Vaillancourt, a procédé à un premier inventaire des imprimés féminins non fictionnels.6 Pour sa part, William Kemp, spécialiste de l'histoire matérielle du livre, a établi un répertoire des textes écrits par des femmes (ou attribués à des femmes) et imprimés entre 1488 et 1549. Cette bibliographie a été publiée en 1998 dans la revue Littératures.7 Elle sera complétée d'ici peu par la liste d'une autre tranche qui va de 1550 à 1574, préparée par William Kemp et Hélène Hotton, à paraître dans la même revue. L'identification des textes s'accompagne forcément de celle des figures auctoriales à qui on les attribue. Il ne faut donc pas se surprendre de noter, depuis la publication dans les années 1980 des ouvrages dirigés par Katharina Wilson,8 la multiplication des dictionnaires de femmes artistes ou écrivains du passé.9 Outre le Dictionnaire des femmes de l'ancienne France mis en ligne par la SIEFAR,10 compilation la plus substantielle de données pour le domaine français, signalons l’Encyclopedia of Renaissance Women: Italy, France, and England par Diana Robin, Anne Larsen et Carole Levin,11 ainsi qu’Une histoire des créatrices de Liliane Blanc (qui va de l'Antiquité à la Renaissance),12 préfigurant le grand Dictionnaire des femmes créatrices en voie de préparation sous la direction de Mireille Calle-Gruber, Béatrice Didier et Antoinette Fouque.13 En révélant l'existence d'un nombre inattendu de textes et d'auteures du seizième siècle, ce travail bibliographique et biographique a mis en branle un vaste chantier éditorial dont l'objectif est de rendre accessibles des écrits jusqu’à récemment confinés aux marges de l'histoire littéraire en vertu de critères esthétiques qui, il faut bien l'avouer, semblaient peser plus lourd lorsqu'il s'agissait de femmes. Le cas le plus emblématique est certainement celui des quatre textes publiés entre 1538 et 1560 sous le nom d'Hélisenne de Crenne. Depuis une quinzaine d'années, ces ouvrages — qui forment, avec les écrits de Marguerite de Navarre, le corpus textuel féminin les plus volumineux et le plus ambitieux de la première moitié du seizième siècle — ont fait l'objet d'un regain d'intérêt démentant les jugements négatifs formulés à leur sujet jusque dans les années 1980 et qui assimilaient leur style à celui de l’écolier limousin de Rabelais. Par la façon dont ils mettent en relief la parenté du style d'Hélisenne avec des auteurs comme Jean Lemaire de Belges — auquel on ne reproche cependant pas ses latinismes —, les travaux récents ont permis de réévaluer la place de ces textes dans la production de l’époque. Cela a été facilité par la préparation d’éditions dont la publication par diverses maisons témoigne de l'intérêt pour ces textes: les Angoysses douloureuses et le Songe ont ainsi connu une édition critique et une édition modernisée;14 les Epistres familieres et invectives ont même fait l'objet de deux éditions critiques.15 Le statut d'Hélisenne de Crenne comme objet d’étude a été confirmé par la publication en 2004 du premier collectif à lui être consacré.16 Avec l'ouverture de plus en plus grande de certaines collections aux textes de femmes (la collection ‘Textes de la Renaissance’, chez Champion, a même une série intitulée ‘L’Éducation féminine, de la Renaissance à l’âge classique’) ou la création d'une collection comme ‘La Cité des dames’ (Publications de l'Université de Saint-Étienne) vouée à la diffusion de versions modernisées, on constate, depuis une quinzaine d'années, une intensification des activités éditoriales qui ont précisé les contours du corpus à l’étude. Des figures relativement peu connues comme Anne de France, Gabrielle de Bourbon, Catherine d'Amboise, Gabrielle de Coignard, Anne de Marquets, Madeleine et Catherine Des Roches ont bénéficié de cet essor,17 mais c'est également le cas d'auteures plus notoires telles Marie de Gournay,18 Marguerite de Navarre — à laquelle est consacré un vaste projet éditorial sous la direction de Nicole Cazauran19 —, ou encore Pernette du Guillet dont les Rymes ont fait l'objet de deux éditions la même année.20 Dans la foulée de cette véritable ‘chasse aux textes’, on a vu la publication de monographies et de collectifs portant sur des figures singulières, notamment Louise Labé dont les œuvres ont été mises au programme de l'agrégation française en 2005. Parmi les ouvrages parus dans ce contexte particulièrement favorable, l’étude de Mireille Huchon intitulée Louise Labé: une créature de papier a soulevé une vive polémique quant à la maternité de cette œuvre dans laquelle elle voit une supercherie littéraire organisée par un groupe d'auteurs gravitant autour des presses de l’éditeur lyonnais Jean de Tournes.21 Si les spécialistes sont divisés sur l'accueil à réserver aux propositions de M. Huchon, le questionnement sur l'inscription culturelle des femmes qu'elles ont suscité se révèle des plus intéressants en conjuguant les questions d’érudition et d'histoire matérielle des textes avec les enjeux du gender. C'est ce que montrent bien les travaux consacrés non seulement à Louise Labé et à Jeanne Flore — dont l'identité féminine est fort douteuse22 —, mais à tout le milieu lyonnais,23 au moyen d'une interrogation sur les jeux de masques qui sont en cause. Si des hommes sont responsables des textes publiés sous le nom de Louise Labé, de Jeanne Flore ou peut-être même d'Hélisenne de Crenne, non seulement reste-t-il à savoir quelles considérations esthétiques et commerciales pouvaient les motiver, mais il convient de se pencher sur ce que de tels travestissements, s'ils sont avérés, révèlent du statut des femmes de lettres qui s'affirme à la Renaissance. En effet, les travaux récents montrent bien que, à cette époque, les femmes occupent de plus en plus la scène publique par des pratiques d’écriture diversifiées. Parmi les secteurs qui se sont particulièrement développés ces dernières années, signalons l’étude des femmes d'allégeance protestante et leur participation, par l’écrit, aux querelles religieuses et politiques de leur époque. Ainsi, Marie d'Ennetières dite Dentière, l'une des premières religieuses catholiques à joindre les rangs de la Réforme en France, a attiré l'attention des chercheurs qui se sont penchés sur la longue épître qu'elle a adressée à la reine Marguerite de Navarre.24 En dehors de figures politiques de premier plan comme Jeanne d'Albret,25 divers travaux ont été effectués sur les épistolières protestantes, telles Charlotte de Bourbon-Montpensier et Louise de Coligny,26 mais aussi sur les correspondances des princesses catholiques.27 Comme on le sait, l'art épistolaire est, de façon générale, un champ dans lequel de nombreuses recherches ont été menées.28 La liste des travaux réalisés dans le domaine qui nous intéresse serait trop longue à détailler, mais on nous permettra en guise de conclusion de souhaiter que certains secteurs fassent l'objet d'une attention plus soutenue. C'est le cas des rapports des femmes avec la rhétorique, qui est susceptible d'ouvrir des horizons nouveaux sur les motivations et les pratiques textuelles attribuables aux femmes.29 On a pu récemment interroger le fonctionnement rhétorique des textes de femmes à partir de leurs points d'ancrage et de différenciation génériques (gender), particulièrement en ce qui a trait à l’énonciation au ‘je’ (correspondance, mémoires, et ainsi de suite) en rapport avec le façonnement de l'identité auctoriale (self-fashioning, pour reprendre l'expression de Stephen Greenblatt).30 Cette voie prometteuse mérite d’être encouragée. De même, afin de brosser un tableau plus juste de la place des auteures d'expression française dans la culture renaissante paneuropéenne, il est impératif d’établir des liens plus étroits entre les réalisations scripturaires des femmes en France et celles produites en Angleterre, en Italie et en Espagne.31 Sur ce plan, les travaux récents relatifs à la pratique de la traduction par les femmes sont certainement susceptibles d'orienter la réflexion dans des avenues nouvelles et fécondes quant à l'appropriation du canon littéraire et les transferts culturels.32

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How this classification was reachedexpand

Full frame machine prediction

Teacher imitation

Not calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.

metaresearch head score (Codex)0.002
metaresearch head score (Gemma)0.006
Version: metacan-v3-hybrid-931329e0061cValidation status: machine_predicted_unvalidated
Candidate categoriesnone
Consensus categoriesnone
DomainCandidate signal: none · Consensus signal: none
Study designCandidate signal: Not applicable · Consensus signal: none
GenreCandidate signal: Empirical · Consensus signal: Empirical
Teacher disagreement score0.667
Threshold uncertainty score0.671

Distilled classifier scores by category (both heads)

CategoryCodexGemma
Metaresearch0.0020.006
Meta-epidemiology (narrow)0.0010.000
Meta-epidemiology (broad)0.0010.001
Bibliometrics0.0030.004
Science and technology studies0.0070.003
Scholarly communication0.0040.002
Open science0.0010.001
Research integrity0.0020.002
Insufficient payload (model declined to judge)0.0120.001

Machine scores (provisional)

The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.

Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.

Opus teacher head0.134
GPT teacher head0.263
Teacher spread0.129 · how far apart the two teachers sit on this one work
Validation statusscore_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from it

Classification

machine, unvalidated

Machine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.

The models applied no category: nothing in the taxonomy fit this work.
Study designNot applicable
Domainnot available
GenreEmpirical

How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".

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Published2011
Admission routes1
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