La Communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe–XXe siècle) by Alex Gagnon
Bibliographic record
Abstract
Reviewed by: La Communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe–XXe siècle) by Alex Gagnon Jonathan Cimon-Lambert Gagnon, Alex. La Communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe–XXe siècle). Coll. Socius. Montréal: Presses universitaires de Montréal, 2016. ISBN 9782760636873. 500 p. Ce livre, qui ressemble à une brique, est à première vue effrayant. Il atteint un seuil redoutable: cinq cents pages. Le cadre théorique est intéressant, l'envergure de l'œuvre est louable, mais c'est surtout—cela n'a pas échappé à l'éditeur—le sujet du livre qui passionne. L'appât en est le fétichisme de l'horreur et de l'horrible. Présenté à l'origine comme thèse de doctorat à l'Université de Montréal, le livre d'Alex [End Page 238] Gagnon, comme l'indique l'éditeur, possède à la fois une dimension académique, en même temps qu'il traite d'événements assez populaires pour séduire un public plus large. La Communauté du dehors regorge de faits divers sanguinolents qui ont traversé l'imaginaire social canadien-français depuis le début du dix-neuvième siècle. L'auteur étudie trois grandes affaires criminelles: les brigandages de la bande de Charles Chambers, les "brigands de Cap-Rouge" (1834–1835); l'homicide perpétré en 1829 à Saint-Jean-Port-Joli par François Marois devenu le "docteur l'Indienne"; et le meurtre d'Achille Taché, seigneur de Kamouraska (1839). L'ouvrage est divisé en trois parties, chacune s'attachant à un cas. La Communauté du dehors traite des transformations, des actualisations imprévues et des itérations constantes des représentations de crimes dans l'imaginaire social du peuple québécois au fil du dix-neuvième siècle et encore au vingtième siècle. La perspective est donc diachronique. L'imaginaire social est l'objet, nous dit Gagnon, de l'histoire culturelle, qui a pour but d'étudier la transmission des souvenirs et leurs modifications transgénérationnelles encourues au sein de la mémoire collective. Plus général que la mémoire collective qui l'arc-boute, l'imaginaire social—tel qu'il est défini par Gagnon dans son Introduction—est constitué des représentations sociales fluctuantes à partir desquelles se fonde l'identité sociale des individus.5 Sociales, ces représentations, puisqu'elles sont issues d'un partage de "[…] ressources sémiotiques et de matériaux langagiers préexistants qui circulent […]" (44). Outre l'objectif principal de vouloir étudier comment ces trois faits divers se sont vu octroyer le statut de crimes légendaires, l'auteur se propose donc de lester théoriquement la notion d'imaginaire social. L'essor du fait divers6 dans le Bas-Canada se conjugue avec l'urbanisation, la hausse des crimes dans des villes de plus en plus peuplées, la délinquance, la paupérisation, l'impatience face à une hygiène publique déplorable, l'inaptitude manifeste du système pénal et la brutalité des châtiments qui ne servent en rien à dissuader les criminels. Ainsi, le fait que ces vicissitudes soient parallèles au développement fulgurant de la presse québécoise aura non seulement pour effet d'informer la population des crimes locaux mais aussi de critiquer les institutions judiciaires et pénales, et d'instaurer un sentiment de vulnérabilité et d'angoisse au sein de la société. En outre, cette conjugaison créera aussi insensiblement un nouveau genre littéraire issu du feuilleton (à l'instar de la mode française),7 qui servira à cristalliser ces crimes dans la mémoire collective bas-canadienne. Or, pour chacun de ces trois crimes légendaires, l'auteur se propose d'étudier "[…] le processus par lequel un certain [End Page 239] nombre de faits divers criminels pénètrent dans l'enceinte des faits mémorables dont une société nourrit sa mémoire et son imaginaire" (35). Presse et littérature cherchent à "[…] relayer une mémoire collective tout en conjurant une menace sociale: celle que, à l'époque, on appelle 'le crime' et qui donne de...
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How this classification was reachedexpand
Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.004 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.002 | 0.003 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.003 | 0.002 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.031 | 0.019 |
| Scholarly communication | 0.004 | 0.003 |
| Open science | 0.006 | 0.001 |
| Research integrity | 0.002 | 0.004 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.010 | 0.005 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; both teacher heads agree on what is shown here.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".