L’image sexuelle des femmes noires et l’américanité des Africains-Américains dans la seconde moitié du 19e siècle
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Bibliographic record
Abstract
L'image sexuelle des femmes noires et l'américanité des Africains-Américains dans la seconde moitié du 19 e siècle Hélène CharleryPendant la période précédent la Guerre de Sécession, de nombreux auteurs sudistes blancs, parmi lesquels Thomas Nelson Page, firent naître un genre littéraire qui faisait de l'esclavage une institution noble et dépeignait le « Vieux Sud » comme une société idyllique.La maison de la plantation y abritait une famille organique blanche soutenue par des esclaves noirs soumis.Dans le cas plus particulier des femmes, des servantes noires et asexuées occupaient leur temps à servir des maîtresses blanches, laissant les esclaves sensuelles et insubordonnées sciemment cloisonnées dans leurs quartiers et éloignées du foyer blanc.Cette vision romantique de la vie plantationnaire a encouragé les lecteurs à croire en l'existence de relations interraciales cordiales dans la région.Plus encore, elle a servi à infirmer les accusations de violences sexuelles que les abolitionnistes avaient lancées contre les propriétaires d'esclaves : ce n'était pas les gentlemen sudistes qui cherchaient à agresser les esclaves noires, mais plutôt ces dernières, particulièrement celles qui travaillaient dans les champs, qui cherchaient à s'engager auprès de ces hommes dans l'unique but de donner naissance à des enfants métis.Un tel raisonnement a par conséquent permis de défendre l'institution de l'esclavage comme un système logique et nécessaire aux biens-êtres des femmes noires, car il apportait des valeurs morales aux servantes du foyer et qu'il permettait de contenir les désirs sexuels des esclaves lascives.Reproduisant ces romans de plantations, certains magazines et journaux de la seconde moitié du 19 e siècle ont également renforcé et popularisé ces représentations de la sexualité des femmes noires dans la culture dominante américaine.Insistant sur les questions de genre et de race, trois personnages furent imaginés de manière à entériner ces représentations et réécrire les relations intimes entre les deux groupes raciaux.La Mammy vint progressivement incarner la servante noire soumise et asexuée.Strictement dépeinte comme un personnage noir, son aspect physique asexuel marquait l'absence évidente de relations entre les femmes noires et les hommes blancs au sein du foyer de la plantation.La « Jezebel » vint affirmer la permissivité des femmes noires, puisque, contrairement à la Mammy, son genre était considérablement mis en exergue.Du fait de son caractère lascif, elle était rendue responsable des rapports intimes qui pouvaient intervenir entre les deux groupes raciaux.Enfin, la « mulâtre » dépeignait une femme aux origines mixtes en proie à des problèmes d'intégration sociale et raciale.Sa représentation, tantôt décrite comme une femme ou comme une Noire, dépendait du groupe racial auquel elle était rattachée.Popularisées dans la presse, la littérature et les iconographies de la fin du 19 e siècle, ces trois représentations des femmes noires ont été inscrites dans une perspective « genrée, » racialiste et (dé)sexualisante.Elles ont également été renforcées à une période où les anciens esclaves devinrent citoyens.Obtenant la citoyenneté américaine grâce au 14 e amendement en 1868, les Africains-Américains ont ensuite été exclus de l'identité nationale en 1896, lorsque la Cour Suprême légalisa la ségrégation raciale dans l'arrêt Plessy v. Ferguson.D'une décision à l'autre, un éventail de justifications théoriques a abouti à la conclusion que, en dépit du 14 e amendement, les Noirs différaient des citoyens blancs.Par conséquent, les stéréotypes sexuels catégorisant les femmes noires ont évolué parallèlement aux discours et aux décisions politiques qui ont modifié le statut légal des citoyens noirs après la guerre de Sécession.Ces représentations ont été donc rattachées à l'identité nationale de la population noire.En effet, puisque ces stéréotypes sexuels sont nés pour défendre l'esclavage, il n'est pas étonnant qu'ils aient été confortés après l'émancipation pour soutenir la mise en place de la ségrégation raciale.L'analyse de plusieurs articles de journaux parus dans la seconde moitié du 19 e siècle montre comment ces stéréotypes sexuels ont été modifiés selon l'évolution du statut des Africains-Américains. Que ces derniers soient des esclaves libres, des citoyens à part entière ou de seconde catégorie, les différents auteurs dissimulaient ou exacerbaient la sexualité des femmes noires.En associant cette sexualité à l'identité nationale, ces auteurs ont par conséquent contribué à construire l'américanité des Africaines-Américaines, mais également celle de la population noire dans son ensemble. Le « problème noir » ou l'identité américaine des NoirsLe « problème noir » est une question qui fit débattre un nombre considérable d'auteurs principalement issus du Sud.Ces derniers s'exprimèrent sur le statut et la place des citoyens noirs américains aux Etats-Unis en grande majorité dans des journaux du Nord, tel que The Atlantic Monthly.Dans les années 1860 et 1880, où les auteurs publièrent le plus sur le « problème noir », le débat était animé par les décisions judiciaires ou législatives qui affectèrent le statut des citoyens noirs.Ainsi, la polémique journalistique fit son apparition lors du débat sur la ratification du 14 e amendement.En d'autres termes, pour ces auteurs, la présence des Noirs sur le sol américain devint un « problème » précisément lorsque les anciens esclaves devinrent citoyens.Les auteurs accentuèrent alors les différences culturelles, historiques, intellectuelles, morales et biologiques entre les deux groupes raciaux.Ils affirmaient que, bien que les Noirs aient légalement obtenu la citoyenneté américaine, ils n'en possédaient pas les valeurs.Même après la ratification de l'amendement, les auteurs firent renaître le « problème noir » en 1883 après l'Intervention de la Cour Suprême dans les Civil Rights Cases.La Cour avait alors statué que le Congrès ne pouvait contraindre les Etats et leurs citoyens à respecter les droits des citoyens noirs.Certes, ces droits étaient garantis au niveau fédéral, mais ils ne l'étaient pas dans les limites des Etats.En dépit du 14 e amendement, les Noirs pouvaient alors y être traités différemment de la population blanche américaine.La décision judiciaire eut un impact considérable dans la mesure où les Républicains, qui avaient soutenu les Sudistes noirs pendant la Reconstruction, avaient quitté la région en 1877, la laissant aux mains de dirigeants sudistes blancs, libres d'agir à leur guise sur le sort des citoyens noirs.Le « problème noir » fut ranimé afin de valider pleinement la décision de la Cour Suprême.Dans « The Race Problem », discours prononcé à Washington D.C. en 1890, Frederick Douglass dénonçait en effet cette vision apocalyptique que les auteurs sudistes avait imaginée dans le but d'obtenir le soutien des Nordistes, tout en réduisant progressivement les droits que les citoyens noirs avaient acquis grâce aux amendements de la Reconstruction.Alors, le recensement de 1880 avait confirmé la rapide croissance démographique des Sudistes noirs.Si leur nombre avait été plus important que celui des électeurs blancs, les citoyens noirs auraient évidemment constitué un pouvoir politique dans la région.La majorité des auteurs qui intervinrent sur la question exacerba l'augmentation de la population et firent des Sudistes blancs les prochaines victimes d'un peuple noir avide de venger des siècles de mise en esclavage.Les auteurs étaient fermement convaincus du fait que, privés de l'influence bénéfique de leurs maîtres blancs, les Noirs retourneraient à l'état sauvage et terrasseraient des Sudistes en minorité.Lorsque le recensement de 1890 annonça une baisse considérable de la population noire dans le Sud, le nombre d'articles sur le « problème » décrut également, mais plusieurs Etats, notamment le Texas, le Missouri, le Mississippi ou encore la Floride, avaient déjà mis en place des lois visant à limiter les droits des Noirs et à séparer les deux groupes raciaux.Au début des années 1890, les auteurs avaient ainsi démontré que les deux groupes raciaux ne pouvaient cohabiter sur les mêmes territoires.Ils entamèrent alors un véritable débat sur les solutions préconisées pour écarter les deux populations.La polémique opposait ceux qui soutenaient le projet de ramener les citoyens noirs en Afrique, et ceux qui envisageaient davantage leur réclusion dans des territoires noirs.En 1896, la Cour Suprême mit fin au débat journalistique, lorsqu'elle entérina l'impossibilité d'une cohabitation interraciale et légalisa la ségrégation dans les Etats du Sud.Au début du 20 e siècle, le « problème noir », débat sur la place des citoyens noirs dans la société américaine, ne constituait plus un « problème » puisque la Cour Suprême en soutenait l'argument principal : les Noirs étaient certes des citoyens américains, mais
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Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.000 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.002 | 0.010 |
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| Research integrity | 0.000 | 0.001 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.000 | 0.000 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
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