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Record W2914467457 · doi:10.7202/1055060ar

Les mutations de la laïcité française : une approche cognitive

2005· article· fr· W2914467457 on OpenAlexvenueno aff
Philippe Portier

Bibliographic record

VenueBulletin d histoire politique · 2005
Typearticle
Languagefr
FieldSocial Sciences
TopicMulticulturalism, Politics, Migration, Gender
Canadian institutionsnot available
Fundersnot available
KeywordsPolitical sciencePhilosophyPsychology

Abstract

fetched live from OpenAlex

Nous sommes tous laïques».Cette remarque d'Émile Poulat 1 renvoie à ce qui constitue le fonds commun des sociétés démocratiques d'Occident : elles se sont toutes établies, entre le XVIII e et le x:x e siècles, sur l'assise d'une séparation inédite d'avec la normativité religieuse.Jusqu'à son entrée dans la modernité, l'Occident inscrit le commandement gouvernemental dans la sphère de la transcendance.Institué par.Dieu, le prince reçoit mission de transcrire dans le droit positif les préceptes de la loi divine-naturelle.Il s'agit pour lui, qui agit en coopération avec la religion d'État, de conduire les êtres sur le chemin de leur salut.La grande fracture de 1789, en France, abolit cette intelligence des choses.Situant l'origine du pouvoir dans le peuple lui même, les sociétés donnent alors à la loi une fonction purement immanente, celle d'assurer désormais la paisible coexistence des autonomies individuelles.Dans ce cadre conçu pour rendre possible une pluralité de fi ns légitimes, la croyance religieuse ne disparaît pas.Elle est même puissamment garantie.On entend simplement qu'elle « ne vienne plus déterminer les règles formelles de la vie en commun >> 2 .Cette « laïcité culturelle » n'a pas cependant fait l'objet partout du même traitement juridique.Elle s'est incarnée parfois dans un modèle de confes sionnalité comme au Danemark ou en Grèce.Elle s'est matérialisée aussi, comme en Allemagne ou au Canada, dans un système de séparation, où nulle confession ne se trouve, parmi tous les cultes, élevée au statut de re ligion officielle.Dans ce paysage éclaté, les commentateurs réservent à la France, en général, un sort spécifique : ils décrivent son système comme une « exception >>.Ailleurs, par-delà la diversité des dispositifs du droit, les appartenances confessionnelles trouvent place dans l'espace public.Ce n'est Association québécoise d'histoire politique 29 pas le cas ici, estiment-ils : rivé depuis les années 1880-1905 à son « modèle d'unification » 3 , l'ordre républicain ne veut connaître, pour sa part, que la raison abstraite.Sans doute protège+il, en appui sur le principe de liberté de conscience, les idiosyncrasies religieuses.Il refuse cependant, craignant qu'elles ne divisent le corps national, qu'elles puissent s'exprimer en dehors de la sphère privée des individus.Modèle du passé ?Certes non.En proscri vant en 2004 le port par les élèves des signes religieux à l'école publique, la France, seule en Europe, a encore donné le spectacle de son imperturbable singularité en la matière.Faut-il souscrire à ce discours pérennaliste?François Furet expliquait na guère, dans La Ré p ubli q ue du Centre, que les années 1960-1970 avaient été le moment de « la fin de notre exception nationale » 4 • On voudrait mon trer, dans les développements qui suivent, qu'il en va tout spécialement de la sorte dans le domaine de la régulation du religieux.Il arrive que les mots demeurent; les choses, elles, évoluent : la laïcité française, sous la nf Ré publique (1875( -1940( ), et la IV e (1946( -1958) ) est, à coup sûr, « une laïcité de séparation » ; il semble bien, en revanche, qu'elle se soit transmuée sous la v e République (1958-2005), en s'ouvrant à la publicisation des appartenances confessionnelles, en une « laïcité de reconnaissance » 5 • Lanalyse empruntera à la méthode« cognitiviste » : assise sur ridée, chère à Clifford Geertz, selon laquelle « ce sont les systèmes de pensée qui constituent les phénomènes so ciaux et politiques » 6 , elle rapportera les dispositifs juridiques aux dispositifs culturels où ils trouvent tout à la fois la raison de leur engendrement et leur principe de légitimité. UNE LAÏCITÉ DE SÉPARATIONJusqu'à la nf République, la France demeure régie par le « système des cultes reconnus », issu du Concordat de 1801 et des articles organiques de 1802.Elle subventionne certaines confessions (catholique, luthérienne, réfor mée, juive) qu'elle enrôle, en les intégrant dans les appareils de !'Éducation, au service de la mise en forme de l'éthique commune de la société.Ce sys tème n'est pas celui de la génération qui accède au pouvoir après la crise du 16 mai 1877 : pressée de rendre l'ordre humain à sa pleine souveraineté, elle ambitionne quant à elle d'exclure totalement, et définitivement, les forces re ligieuses, l'Église romaine en particulier, de l' espace public qu'elles ont, hélas, colonisé.Ce projet laïcisateur s'appuie sur une théorie politique que partagent, malgré leurs divisions internes, tous les fondateurs de la nf République 7 • 30 Bulletin d'histoire politique, vol 13, n ° 3

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How this classification was reachedexpand

Full frame machine prediction

Teacher imitation

Not calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.

metaresearch head score (Codex)0.003
metaresearch head score (Gemma)0.006
Version: metacan-v3-hybrid-931329e0061cValidation status: machine_predicted_unvalidated
Candidate categoriesnone
Consensus categoriesnone
DomainCandidate signal: none · Consensus signal: none
Study designCandidate signal: Theoretical or conceptual · Consensus signal: Theoretical or conceptual
GenreCandidate signal: Empirical · Consensus signal: none
Teacher disagreement score0.110
Threshold uncertainty score0.220

Distilled classifier scores by category (both heads)

CategoryCodexGemma
Metaresearch0.0030.006
Meta-epidemiology (narrow)0.0010.000
Meta-epidemiology (broad)0.0010.001
Bibliometrics0.0060.003
Science and technology studies0.0090.021
Scholarly communication0.0110.013
Open science0.0030.004
Research integrity0.0040.004
Insufficient payload (model declined to judge)0.0150.001

Machine scores (provisional)

The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.

Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.

Opus teacher head0.053
GPT teacher head0.355
Teacher spread0.302 · how far apart the two teachers sit on this one work
Validation statusscore_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from it

Classification

machine, unvalidated

Machine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.

The models applied no category: nothing in the taxonomy fit this work.
Study designTheoretical or conceptual
Domainnot available
GenreEmpirical

How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".

Quick stats

Citations1
Published2005
Admission routes1
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