<i>L’Inhumain poétique: Ghérasim Luca et Henri Michaux face à la ‘crise’ de l’humain</i> . Par Nicholas Hauck <i>L’Inhumain poétique: Ghérasim Luca et Henri Michaux face à la ‘crise’ de l’humain</i> . Par HauckNicholas. (Espace littéraire.) Montréal: Presses de l’Université de Montréal, 2022. 222 pp.
Bibliographic record
Abstract
L’ouvrage porte moins sur l’analyse poétique que sur une théorie littéraire générale de la ‘crise de l’humain’. Contextualisée de manière originale dans le post-humanisme, l’hypothèse principale est celle d’un ‘inhumain poétique’ par lequel l’humanité contrebalancerait son auto-destruction et sa crise identitaire. Pour repenser cette crise, la traduction–détraduction psychanalytique chez Jean Laplanche est mise en perspective avec ‘La Tâche du traducteur’ de Walter Benjamin qui fait apparaître un incommunicable, perçu par Nicholas Hauck comme une ‘rédemption à rebours’ de la Première Guerre mondiale (p. 47). La quête du ‘pur langage’ de Benjamin permettrait de souligner la nécessité d’une ouverture à d’autres langages, face à l’‘injustice’ de leur ‘usage courant’ (p. 48). Faisant référence à Laplanche, l’auteur évoque la temporalité comme détachement depuis l’être du temps cosmologique vers l’individu. Reste pourtant une ‘pulsion originelle’, ‘transcendance énigmatique’ qui fait retour dans la construction du sujet (p. 55). L’auteur souligne ainsi l’existence d’un message qui serait ‘non- identité radicale’ (p. 56).Les caractéristiques que Hauck perçoit de l’informe (le performatif et le subversif) et du souverain (la non-communication) chez Georges Bataille sont dès lors attribuées à l’inhumain. L’auteur soutient que l’informe ‘courcircuite le refoulement en vidant le langage du sens, lui conférant ainsi un pouvoir déstabilisant et non significatif ni communicatif’ (p. 64). Il laisse ainsi de côté les fonctions poétiques et relationnelles de l’écriture et affirme qu’avec l’inhumain ‘le langage perd ses fonctions utiles et anthropocentriques’ (p. 66). L’écriture poétique de l’inhumain soulignerait la distance entre un ‘langage profane’ et un ‘moment (souverain) de révélation’ (p. 72). L’auteur prend ainsi Ghérasim Luca pour exemple. Retraçant les grandes lignes du parcours du poète déjà largement étudiées par la critique spécialisée qui est néanmoins parfois invisibilisée, l’auteur oppose l’œuvre de Luca à certains ‘aspects de l’humanisme’ (p. 100): elle viserait ainsi la déstabilisation de ‘l’über-rationalisme’ (p. 101). Comme chez Dominique Carlat mais avec l’appui des écrits de Michel Onfray, Hauck en donne une lecture non-œdipienne. Il voit dans l’écriture de Luca un ‘décalage entre la structure correcte du texte et son inintelligibilité’, ce qui mériterait d’être discuté, et conclut en donnant les caractéristiques de l’inhumain au ‘côté sonore des mots’ du poète (pp. 126, 133). Situant aussi l’écriture d’Henri Michaux entre ‘l’esthétique avant-gardiste (surtout surréaliste) et une écriture à lui’ (p. 164), les réflexions personnelles de Hauck le conduisent à rapprocher le poète de Lautréamont: l’ironie aurait pour résultat une ‘suspension temporaire des sentiments […] reproduite par Michaux dans le langage insipide du texte’ (p. 174). De même, l’auteur, qui souligne un peu rapidement le ‘mépris de Michaux envers le langage’ et ‘le visuel […] plus libre et moins structuré que le langage’ (pp. 183, 184), affirme que l’expression de la pensée est perçue par Michaux comme une dégradation. Le poète déplacerait l’expression de sa pensée depuis l’écriture vers le dessin, ce qui serait alors vécu comme un déconditionnement. Répondant ainsi à ce qu’il présente comme une prise de conscience dans la culture occidentale de son inhumanité et soulignant la trop grande abstraction de la langue française, l’auteur conclut que les œuvres de Luca et de Michaux délaisseraient la signification, ce qui reste pour le moins discutable.
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| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.004 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
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| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.288 | 0.159 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
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