Nerval et les fous littéraires / Varia / Année bibliographique
Bibliographic record
Abstract
ditorialS'il fut tous les livres qu'il lut, s'il fut le temps de chaque livre de doctrine la prosopope soit exalte soit courrouce de l'ide magistrale qui y tait dfendue, si de tous les romans il fut le hros du roman, alors il est ce dfaut que requirent pour pralable de semblables mtamorphoses ; il est cette dfection qui prside l'change.Il est cette disparition. Pascal QUIGNARD, Le LecteurLa lecture est une conversation.Les lunatiques rpondent des dialogues imaginaires qu'ils entendent quelque part dans leurs esprits.Les lecteurs rpondent un dialogue similaire.Alberto MANGUEL, Les Livres et les jours L'vnement marquant de cette nouvelle livraison de la Revue Nerval est assurment le texte que nous confie Alberto Manguel, intitul Le fado du Docteur Antonio de Sousa de Macedo .En sollicitant Alberto Manguel, nous avions l'intuition qu'il existait une parent secrte entre l'rudition de Nerval et celle de Manguel, tous deux faisant de la bibliothque un lieu, aimable et inquitant la fois, o s'affolent les savoirs, o la raison et la draison se touchent, o la lecture apparat comme la face nocturne de l'criture, -le moment de son dsoeuvrement, plus ncessaire l'oeuvre que l'oeuvre mme, dirait Maurice Blanchot.Nous pressentions qu'Alberto Manguel serait ainsi le guide idal pour notre projet de composer un dossier thmatique sur la question, sage entre toutes, de la folie littraire .Notre esprance a t comble : non qu'Alberto Manguel ait crit ici sur Nerval, mais plutt en ceci qu'il a crit avec lui.De mme que le narrateur d'Anglique, se trouvant Francfort, arrte un moment sa curiosit de flneur et de bibliophile sur un livre de l'abb de Bucquoy trouv par hasard, de mme ici, Alberto Manguel, ou son narrateur, se laisse solliciter par le nom d'une rue Lisbonne, le Largo du Docteur Antonio de Sousa de Macedo, pour donner libre cours sa savante rverie et recomposer l'histoire oublie d'un diplomate et crivain du XVII e sicle.Reconduisant ainsi le geste de Nerval tout en le dportant ailleurs, Alberto Manguel, faisant oeuvre de lecture comme on ferait oeuvre du dsoeuvrement mme, augmente d'une nouvelle figure excentrique la ligne des illumins nervaliens, qui est aussi celle des fils et filles du feu , ou des enfants du limon .Le texte d'Alberto Manguel ouvre donc notre dossier selon un point de vue d'emble excentre, -signe, ds le seuil, que la catgorie des fous littraires ne se soutient elle-mme que d'une succession d'excentrements, sans qu'aucun terme, aucun maillon de la chane, ne puisse jamais lui seul subsumer l'ensemble.De fait, pour dsigner les fous littraires , les termes abondent, s'appellent les uns les autres, sans jamais se superposer exactement : fous littraires , excentriques , illumins , fantaisistes , grotesques , nvross , htroclites , oublis et ddaigns , ou encore maudits .Dans tous les cas, le fou littraire , si isol qu'il soit et si ncessairement priv de postrit, n'existe, paradoxalement, jamais seul : peine est-il sorti des limbes des bibliothques et peine se dgage-t-il, comme d'une chrysalide, de pages jamais ouvertes, que d'autres, aussitt, lui font escorte, bahis comme lui d'tre ainsi appels la nomination.Tout se passe comme si ces fous , gars dans la foi mme qu'ils ont en la littrature, taient relis entre eux par des lignes d'erre, telles celles que Fernand Deligny cartographiait en suivant les parcours dans l'espace d'enfants psychotiques, si trangement orients par l'absence.Chez leurs anthologistes, en tout cas, les fous littraires satisfont la manie de la liste, du catalogage, du dictionnaire, ou encore de la gnalogie aux ramifications innombrables et aux embranchements rhizomatiques , diraient Gilles Deleuze et Flix Guattari.Comme les fous qu'ils prennent pour objet, les anthologistes de la folie littraire appartiennent galement une famille d'crivains qui se reconnaissent entre eux comme entre initis, se passent le tmoin d'une entreprise qui risque bien d'tre elle-mme insense, chacun ajoutant ses propres trouvailles, faisant valoir ses prfrences, avouant ses rsistances, consentant l'chec qui sous-tend ncessairement une telle mission potique.Marc DECIMO montre que Nerval, la diffrence de Nodier, ne fait pas de la folie littraire l'objet d'un jugement idologique, et qu'il prfre donc au mot de fou , que Nodier emploie pourtant avec une si retorse ironie, le terme d' illumin , qu' vrai dire il ne dfinit pas, mais qui mnage mieux les droits de l'imagination, mme envisage dans sa part d'ombre.Shuichiro SHIOTSUKA montre comment Queneau avance plus avant aux confins des tnbres , en maintenant cependant entre lui-mme et la folie la distance du rcit, puisque, comme Nerval, ou comme Marcel Schwob, il fait de ces vies de fous, murs dans leur silence en mme temps que rivs l'esprance d'une coute, autant de vies imaginaires .Pour une telle notion, le regard des crivains compose ncessairement avec celui des savants et des mdecins.Henri SCEPI tudie la notice Nerval dans le Dictionnaire des Fous littraires de Gustave Brunet ( 1880), un moment o le point de vue nosographique l'emporte, et confronte Nerval un figement posthume qu'il n'aura eu de cesse d'esquiver.Paralllement, Antoine PIANTONI tudie Les Nvross d'Arvde Barine (1898), o Nerval figure ct d'Hoffmann, de Thomas de Quincey et d'Edgar Poe, mais o la psychopathologie a seule la charge de dmler les relations entre la maladie et le gnie.D'autres communications s'emparent de quelques-unes des figures de la folie littraire lues par Nodier ou par Nerval.Virginie TELLIER voque Francesco Colonna, dont l'Hypnerotomachia Poliphili condense une rverie tout la fois rotique, mystique et potique, telle qu'elle se ralise dans la matrialit du livre, avec sa typographie fantaisiste et ses illustrations mystrieuses.Nul doute que la bibliomanie de Nerval et de Nodier, tudie ailleurs par Marine LE BAIL 1 , ne fasse du livre une sorte d'objet-ftiche, qui contient le dsastre, c'est--dire qui le dsigne la fois en l'incluant et en le repoussant.Emmanuelle SEMPERE donne la prsence de Cazotte dans Les Illumins sa meilleure valeur : nous savions que Nerval fait volontiers des excentriques de la philosophie qu'il runit dans son recueil quelques-uns de ses doubles fascinants ; nous comprenons ici que Nerval, en repliant son rve sur le rve d'un autre, djoue en ralit la folie de l'identification, en ouvrant un espace proprement littraire, infiniment subjectif mais impersonnel, en ce qu'il suspend le principe de l'identit.La littrature reprend ainsi la folie son bien, la continue, la conjure, en joue librement.En cho au texte d'Alberto Manguel, qui voquait la figure oublie d'Antonio de Sousa de Macedo, le texte de Jean-Luc STEINMETZ voque celle, plus oublie encore, de Berbiguier de Terre-Neuve du Thym.Jean-Luc Steinmetz referme donc notre dossier sur les fous littraires en ouvrant une autre ligne de fuite : il dresse le portrait d'un Schreber romantique , qui claire latralement la folie de Nerval, d'une part en lui donnant un contexte non encore assez explor, d'autre part en faisant ressentir, par contrecoup, quelles tnbres l'criture d'Aurlia a t arrache et avec quelle grce.* Comme chaque livraison de notre revue, la rubrique des Varia accueille des travaux en cours qui indiquent assez la vitalit des tudes nervaliennes aujourd'hui.Nous avions sollicit Jean-Marie PRIVAT dans l'ide que les textes de Nerval sur le Valois devaient attirer plus encore l'attention de l'ethnocritique dans ses dveloppements les plus actuels ; Jean-Marie PRIVAT a rpondu cette invitation en nous confiant une belle tude sur l'aura perdu de l'oralit dans Les Filles du feu : Nerval s'y voit rendu la pense sauvage qui sous-tend, comme par contrecoup, toute posie d'extrme culture.Corinne BAYLE nous confie un beau texte o Nerval s'claire de l'cho qu'il trouve dans la pense et la posie d'Yves Bonnefoy, et elle montre comment la potique des Chimres se loge tout entire dans le suspens que le pome instaure entre l'nigme, renouvele chez Nerval de la posie prcieuse ou baroque, et la vrit.Un autre vnement remarquable de ces Varia est l'ensemble que composent, selon deux voies complmentaires, deux belles tudes sur l'Inde nervalienne : Vincent MUGNIER montre comment les mythologies de l'Inde, en entranant l'imagination romantique des origines vers un autre Orient, se voient refondues, chez Nerval, dans le creuset de la fabrique du sonnet, en une unit syncrtique, sinon cohrente, en tout cas merveilleusement cohsive.Sylvain BROCQUET, de son ct, propose une approche indite du Chariot d'enfant de Nerval et Mry en confrontant cette traduction d'un drame indien l'original en sanskrit du roi Soudraka, Le Petit Chariot de terre cuite.Tout un ample champ des tudes dix-neuvimistes se r-ouvre ici, en passant par la porte plus troite des savantes fantasmagories nervaliennes.D'une mythologie l'autre, Guillaume DREIDEMI interprte le sonnet Delfica la lumire des penses antiques et modernes de l'ternel retour, qui, chez Nerval comme chez Hlderlin, maintiennent la possibilit d'une raison potique, que la raison raisonnante ne connat pas.Gabrielle BORNANCIN-TOMASELLA, qui avait donn dans le numro prcdent une tude sur Les Montngrins, aborde ici la question de la thtralit d'Aurlia, en montrant comment certains dispositifs du spectaculaire au XIX e sicle sous-tendent en effet l'art nervalien de la prose et prforment sa manire du rcit visionnaire ou du roman-vision .Enfin Takeshi MATSUMURA, prodigieux linguiste comme Verlaine le disait de Rimbaud, a complt les douze Notes d'rudition ou d'intuition critique qu'il nous confiait dans le numro prcdent d'une treizime, consacre cette fois deux allusions Villon dans l'oeuvre Nerval : que veut dire le villonneur dans l'expression Villon, le villonneur qui a rendu perplexes les diteurs de La Main enchante ?Et si la rfrence aux vieilles lunes et neiges de l'an pass est bien un cho de Villon, cet cho n'est-il pas lui-mme rverbr
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How this classification was reachedexpand
Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.004 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.001 | 0.002 |
| Scholarly communication | 0.002 | 0.000 |
| Open science | 0.001 | 0.000 |
| Research integrity | 0.001 | 0.001 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.011 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one teacher head, not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".