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Abstract
Nous autres, ou l'Autre en nousÉchos de la parole autochtone au Québec Catherine Broué et Marie-Pier Tremblay DextrasMalgré la place incontournable que les Autochtones occupent dans l'histoire du Québec, ceux-ci ont longtemps été tributaires des récits d'autrui pour figurer dans le discours historique.Ainsi, depuis Jacques Cartier, le « Sauvage » des textes anciens est un être de papier, créé et recréé pour les besoins de causes diverses.Évangélisation, exploitation commerciale ou minière, expansion géopolitique, ambitions administratives, velléités littéraires : les raisons ne manquent pas, en « Nouvelle-France », pour gloser sur cet Autre d'autant plus surprenant qu'il n'allie pas au dénuement matériel l'indigence intellectuelle et spirituelle à laquelle l'élite coloniale se serait attendue.Ainsi traîne dans la mémoire du Québec l'ombre incertaine de cet être imaginaire fait de lambeaux d'admiration ou d'horreur qu'écrivains et relateurs ont confondu avec leurs propres peurs, leurs propres faims, leurs rêves.Tantôt cruel tantôt facétieux, souvent paresseux, parfois édifiant, modèle à suivre ou repoussoir, l'« Indien » mis en scène dans les relations missionnaires, dans la correspondance administrative, dans les mémoires de tous ordres, est un miroir déformant où l'arrivant, puis l'habitant, ont entrevu leur identité à venir, comme le roi nu ses habits neufs.Nombreux sont les travaux de recherche historiques, sociologiques, anthropologiques ou littéraires qui, depuis les années 1970, ont étudié la fascination des rédacteurs du xvii e siècle pour ces 234 n je me souviens, j'imagine peuples « sans Lettres, sans Sciences, sans Lois apparentes, sans Temple 1 » en articulant leur réflexion autour du thème de la rencontre.Certes, il y a quelque 500 ans, le surgissement de l'Amérique dans la pensée européenne a ébranlé les fondements de l'Ancien Régime et transformé à un point inouï les deux continents, mais ce terme de « rencontre », neutre, positif, dénué de toute idée de domination coloniale, de toute velléité de hiérarchisation des peuples, est-il vraiment approprié pour désigner les interactions interpersonnelles en Nouvelle-France, dans un contexte où l'élite militaire, religieuse et marchande situait invariablement la culture européenne au sommet des valeurs ?Dans quelle mesure l'identité, la mémoire et la culture québécoises et autochtones sont-elles redevables l'une de l'autre ?Peut-on ou doit-on même les dissocier ?Ces interrogations traversent l'histoire depuis la période que l'on désigne, d'un point de vue européocentrique, comme celle des « Grandes Découvertes ».Oscillant entre deux tentations également désastreuses pour les populations américaines déjà présentes sur le territoire -le rejet ou l'assimilation -, empruntant ce faisant au fil du temps certains des chemins éculés de l'histoire coloniale mondiale, le Québec a néanmoins frayé quelques voies inédites donnant lieu à des manières diverses, selon les époques, de penser et de vivre l'identité et l'altérité nationales. Le « Sauvage » en « Canada »Mais voilà qu'un beau jour l'ordre des choses a changé.Une prédiction s'est réalisée.Un visiteur, probablement égaré, débarqua sur nos terres.Le premier geste que fit cet homme fut de couper un arbre et de le replanter d'une drôle de façon.Notre ancêtre ne comprit pas tout de suite qu'on venait prendre possession de sa terre.Il prit grand soin de ce visiteur.Ce visiteur se sentait sûrement bien chez nous, car il ne voulait plus repartir.Pire encore, il en arriva d'autres, beaucoup d'autres.Et tous se mirent à couper les arbres.D'ailleurs nos ancêtres appelèrent ces hommes « ceux qui aiment 1. L'expression est du jésuite Joseph-François Lafitau, qui entend récuser cette idée reçue dans son ouvrage Mœurs des sauvages ameriquains comparées aux mœurs des premiers temps, t.I, Paris, Saugrain l'aîné et Charles Estienne Hochereau, 1724, p. 105.nous autres, ou l'autre en nous n 235 couper les arbres ».Aujourd'hui, nous désignons leurs descendants par le même nom, car ils ont conservé la même habitude 2 .Marie-Louise Niquay Je ne suis pas pays frontière Je suis nation nombreuse multiple 3Natasha Kanapé Fontaine Juridiquement parlant, le Québec compte aujourd'hui onze nations autochtones sur son territoire.Abénaquis, Algonquins, Attikameks, Cris, Hurons-Wendats, Innus, Inuits, Malécites, Micmacs, Mohawks, Naskapis 4 , sans parler des diverses collectivités en attente de reconnaissance ou des nombreuses personnes métissées avec ou sans statut de Métis : toutes n'ont pas en commun le même passé, le même vécu, les mêmes conditions de vie.La mémoire du Québec est également riche des Arkansas, Béothuks, Chaouanons, Illinois, Inuk, Iowas, Métis, Miamis, Natchez, Renards, Sénécas, Sioux et de tant d'autres aujourd'hui disparus, incorporés à d'autres nations ou installés ailleurs en Amérique du Nord, dont la destinée a été intimement liée aux débuts de l'installation française sur ce continent.Un seul mot toutefois les a tous désignés dès les premiers contacts dont les documents écrits ont gardé trace : celui de « Sauvages ».Jacques Cartier, Samuel de Champlain, les Jésuites et quarante ans de leurs Relations annuelles, les administrateurs coloniaux des xvii e et xviii e siècles, etc., tous usent de ce terme comme d'un ethnonyme global pour désigner les peuples autochtones.« Sauvages » par leur milieu de vie forestier (du latin sylva, « forêt », duquel a dérivé le bas latin salvaticus) et par l'extraordinaire étendue de leur libre arbitre, les habitants de la Nouvelle-France ne sont pas
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.011 | 0.006 |
| Scholarly communication | 0.009 | 0.004 |
| Open science | 0.001 | 0.002 |
| Research integrity | 0.003 | 0.005 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.058 | 0.014 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".