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Abstract
La manie de la fusion agite le monde des entreprises. Ces derniers mois, on a pu constater, partout sur la planète, une recrudescence des alliances ou des absorptions plus ou moins amicales. Les grandes sociétés dévorent les petites tandis que des géants tentent de partager le même lit. Les conséquences sont lourdes pour l’agriculture et la sécurité alimentaire des pays ACP. \n\nLe monde ne tourne pas rond : il suffit de se rappeler les derniers mois pour en convenir. Tandis que sévissent sans faiblir les cruelles folies de l’humanité — les guerres et le bouleversement climatique dû aux activités humaines, pour n’en citer que deux —, le marché et ses lois traditionnelles semblent perdre la tête. Le coût de l’énergie atteint des niveaux inconnus depuis les années 70, portant à plus de 7 dollars le prix d’un voyage en bus de Douala à Yaoundé (Cameroun). Mais, en Europe, une jeune compagnie aérienne dirigée par un boss en blue-jeans vend pour 20 dollars seulement un vol Londres-Barcelone (plus de cinq fois la distance de Douala à Yaoundé) et prétend de surcroît faire des bénéfices! Aux Pays-Bas, une entreprise offrant ses services sur Internet a annoncé en mars 2000 des pertes de 10 millions de dollars. Elle a pourtant été vendue à la Bourse d’Amsterdam pour 25 milliards de dollars, plus que le budget de certains États ACP! Pas étonnant que même les analystes ne s’y retrouvent plus, et à plus forte raison les femmes et les hommes de la rue.\n\nPressées par la nécessité de maximiser leurs profits, obsédées par la productivité et la réduction des coûts, les entreprises du monde entier se hâtent d’atteindre le niveau de performance qui garantira leur survie. Comment? En recourant à des méthodes qui ont fait leurs preuves depuis longtemps : elles prennent le contrôle de leurs fournisseurs et rachètent leurs concurrents. Aujourd’hui, le langage employé pour ce genre de transaction évoque franchement la bagarre ('offre d’achat hostile), et des termes comme 'alliances stratégiques ou 'partenariat permanent signifient en clair que les gros poissons mangent les petits.\n\nÀ première vue, il semble que les sombres prédictions des années 60, selon lesquelles la direction de l’économie mondiale allait tomber aux mains de quelques multinationales, soient en train de se réaliser. Ce qui se passe dans le domaine de l’agriculture vient renforcer cette impression.\n\nCes dix dernières années, l’entreprise américaine Monsanto a étendu ses activités traditionnelles d’industrie chimique pour exploiter le filon du génie génétique, et en particulier la production de semences génétiquement modifiées. Ce faisant, elle a trouvé le moyen d’enfermer les agriculteurs dans une relation permanente avec elle, en s’assurant qu’ils auraient constamment besoin de ses produits. Un de ses stratagèmes consistait à introduire le gène dit 'terminator dans des semences génétiquement modifiées de cultures de base. En stoppant le processus naturel par lequel les plantes produisent leurs propres semences, ce gène empêcherait les agriculteurs de sélectionner leurs propres graines et de les conserver pour l’année suivante. Ce concept de 'terminator n’est pas encore allé très loin, pour le moment du moins. Les opinions sont partagées à ce sujet, c’est le moins qu’on puisse dire! Le président de Monsanto croit dur comme fer qu’en assurant durablement la haute qualité de ses semences, son entreprise contribuera à la sécurité alimentaire mondiale… et dégagera en même temps des marges importantes à long terme. Les cyniques, quant à eux, voient plus de cupidité que de sens moral dans ce dernier objectif. Peut-être. Les membres des conseils d’administration ont après tout des raisons complexes et multiples de faire ce qu’ils font : un appétit de richesse personnelle, un sentiment de responsabilité envers les travailleurs de l’entreprise et leurs familles, ou de responsabilité vis-à-vis des actionnaires et des consommateurs, ou encore un engagement humaniste en faveur, par exemple, d’une production alimentaire durable et plus équitable.\n\nL’initiative de Monsanto a été vigoureusement attaquée par des organisations comme GRAIN (Action internationale pour les ressources génétiques) à Barcelone (Espagne) et RAFI (Fondation internationale pour la promotion rurale) à Manitoba (Canada). Ces organisations non gouvernementales se sont donné pour mission d’encourager et de protéger les systèmes actuels de fourniture de semences, comme faisant intimement partie de la structure du monde agraire d’aujourd’hui, spécialement dans les pays du Sud. Elles surveillent toute tendance qui pourrait compromettre cet équilibre et font campagne contre tout développement qui leur semble indésirable. C’est ainsi qu’elles ont attaqué \n\nle gène 'terminator. Conséquences : Monsanto, victime aussi de quelques bévues classiques de relations publiques, a annoncé à la fin d’une année 1999 difficile qu’elle 'suspendait toute activité sur ce programme. \n\n\n\nLoin des yeux, loin du cœur\n\n\n\nTandis que les militants célébraient prématurément leur 'victoire', Monsanto allait de l’avant et poursuivait sa stratégie à long terme de fusions. La plus remarquable d’entre elles est l’alliance avec Cargill. Cette entreprise américaine est le principal distributeur de semences en Amérique du Nord et ses activités couvrent le monde entier. En janvier 2000, Monsanto disparaissait officiellement du paysage mais réapparaissait sous un autre nom. Bien qu’elle ait suspendu le développement du gène 'terminator, cette nouvelle multinationale garde entre les mains la majeure partie de l’approvisionnement mondial en semences, de même que la recherche de nouvelles variétés, et c’est au moins aussi inquiétant.\n\nLes mêmes tendances sont à l’œuvre dans des domaines proches de la biologie. À coups de fusions ou de scissions, les entreprises agrochimiques et pharmaceutiques, telles que Ciba, Geigy, Rhône-Poulenc, Bayer et Hoechst, se sont recomposées ces dernières années, créant des trusts de taille impressionnante, dotés de nouveaux noms nébuleux comme Novartis ou Aventis. La mise en commun des programmes de recherche et des brevets concentre un peu plus la connaissance aux mains de quelques chercheurs. Pour certains, ce mouvement sera lourd de conséquences pour l’avenir de la recherche au Sud, la propriété des savoirs traditionnels et la disponibilité de l’information scientifique. Ces fusions subordonnent les priorités de la recherche aux lois du marché, et d’aucuns prédisent que la recherche sur la malaria sera abandonnée car moins rentable que la recherche, par exemple, sur les cosmétiques issus des plantes de la forêt vierge.\n\nTout au long de la chaîne alimentaire, les fusions concentrent le pouvoir et la rentabilité, laminant le peu d’influence que pouvaient avoir les petits paysans, les marchands, les transporteurs ou les transformateurs. \n\nDans le domaine financier, les fusions de banques de taille mondiale marginalisent encore les services bancaires nationaux, les encourageant à une attitude défensive évitant tout risque — ce qui n’est pas pour stimuler les systèmes ruraux d’épargne et de crédit innovants, essentiels pour la sécurité alimentaire, mais rentables à terme seulement.\n\n\n\nMarge et marginalisation\n\n\n\nDans cette atmosphère de tempête, les plus gros nuages s’accumulent sans doute dans les cieux de l’information et des télécommunications. En Europe, en Amérique du Nord et dans le Pacifique, des multinationales gigantesques se constituent. Elles prennent le contrôle des moyens d’échanges oraux, écrits ou électroniques, que ce soit au travers de médias ou de particuliers. Mais alors, peut-on se demander, que peuvent encore faire les réseaux ruraux de communication aujourd’hui? Comment une 'société africaine de l’information1' pourrait-elle s’épanouir si elle est perçue comme une entreprise à perte, qui ne trouvera un marché que dans cinquante ans peut-être? Ceux qui contrôlent les moyens de communication ne voudront-ils pas aussi contrôler le contenu même de la communication? Quel futur pour les réseaux de systèmes d’information décentralisés sur les marchés, les programmes de crédit pour les femmes, le commerce alternatif ou équitable, ou la recherche spécialisée?\n\nLa fusion fait fureur, et pas seulement parmi les entreprises commerciales. Les organisations non gouvernementales se concentrent à grande vitesse, ainsi qu’en témoignent les agences néerlandaises de cofinancement du développement Bilance/ Cordaid. Les mouvements écologiques tout comme les syndicats voient beaucoup d’avantages à unir leurs efforts. Les gouvernements commencent à percevoir l’intérêt de partager leurs programmes, ou au moins de s’en informer. La régionalisation, dans les pays ACP ou européens, est aussi une forme de fusion.\n\nCurieusement, la manie des fusions peut aussi ouvrir de nouvelles opportunités à ceux qui se perçoivent comme marginaux. Les conglomérats et les fusions sont en fait soumis à la vigilance et au contrôle de ceux qui les mandatent, les actionnaires dans le cas des multinationales. Leur obligation de rendre des comptes est souvent supérieure \n\nà celle de bien des organisations qui prétendent agir au nom de la société civile ou la représenter.\n\nPar exemple, les multinationales de l’alimentaire comme Danone-Nestlé et Accor ont développé des partenariats avec leurs fournisseurs et les syndicats qui pourraient servir de modèles pour aller plus loin et dépasser la peur des fusions. Le partenariat et l’ouverture sont de mise. Après la première vague d’indépendances des pays ACP, plusieurs écoles de pensée ont promu l’autonomie, l’autarcie et la 'déconnexion du reste du monde. Le train de la mondialisation tolère à peine ces idées aujourd’hui : nous ne l’avons pas mis sur ses rails, mais nous pouvons encore le prendre en marche.\n\n\n\n[caption to illustration]\n\nFusions, conquête des marchés, valeur ajoutée : ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage\n\n\n\n1 Terme utilisé pour une Afrique q
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How this classification was reachedexpand
Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.005 | 0.009 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.006 | 0.020 |
| Scholarly communication | 0.001 | 0.001 |
| Open science | 0.003 | 0.001 |
| Research integrity | 0.001 | 0.005 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.011 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; both teacher heads agree on what is shown here.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".