Quelques faits soumis aux electeurs du Canada.
Bibliographic record
Abstract
Tont indique qne nous aurons avant longtemps des élections générales pour la Chambre des Communes.Il ne s'en est pas fait d'aussi importantes depuis 1878.Sans doute, aux élections de 1882, 1887 et 1891, le parti libéral et le parti conservateur ont discuté leurs programmes, mais à aucune de ces élections rps électeurs n'ont pu les juger dans les conditions voulues.En 1882 ils en ont té empêchés dans Ontario par la rédistribution des sièges que venait de faire ir John A. Macdonald, et qui bouleversait tout la province.En 1887 la uestion du tarif a été jetée dans l'ombre par celle des troubles du Nord-Ouest ,e 1885 ; dans Ontario, on excitait le fanatisme national et religieux contre les Cianadiens-Français, et l'on jetait les bases de ce parti de fanatiques qui, sous le nom d'equal rightÀstes d'abord, puis d'Association de Défense du Protestantisme, s' est formé pour combattre la langue française et la religion catholique.En l'!8&l, en se servant d'une lettre écrite par M. Earrar, un homme qui n'avait d' autre position dans le parti libéral que celle de rédacteur du Globe de Toronto, le] parti conservateur a soulevé le fanatisme de la population d'Ontario en lui fîkisant croire que le parti libéral voulait annexer le Canada aux Etats Unis.Cette fois-ci, l'attention des électeurs ne pourra être ainsi détournée des programmes des deux partis politiques par des questions étrangères. 1 Quels sont aujourd'hui les programmes 1 Le parti libéral se déclare eu faveur d'un tarif de revenu ; il l'a proclamé dans les résolutions de la grande convention de 1893.Le parti conservateur veut le maintien du système de protection qu'il a inauguré en 1879 : M. Foster l'a déclaré dans son discours sur le budjet en 1894.Qu'est-ce que cette politique, que le parti libéral veut faire prévaloir ?Eikt-ee une politique qui consiste à abolir tous droits de douane, et à recourir à la taxe directe pour procurer au gouvernement les ressources nécessaires pour 1 administration des affaires publiques?C'est ce que la presse et les orateurs conservateurs tâchent de faire croire au peuple pour l'effrayer : mais ils save tt bien que ce n'est pas vrai.Le but que veut atteindre la politique de protection, c'est de restreind e autant que possible l'importation des marchandises étrangères, afin de laisser e marché national à celles fabriquées dans le pays.Pour atteindre ce but, el b frappe les marchandises étrangères similaires à celles produites ici de droi -s tellement élevés, que l'importation en est en grande partie arrêtée.ix Le bl i t de la P oliti( ï ue du P arti libéral c ^st de favoriser autant que possible rechange des produits étrangers contre ceux du pays.Pour l'atteindre, il n est pas nécessaire qu'elle abolisse les droits de douane : elle peut même en imposer de très élevés, pourvu que ces taxes ne gênent pas notre commerce avec l'étran- ger et n aient pas pour but unique de favoriser quelques individus aux dépens du reste de la population.Ceux qu'elle impose sont réglés de manière que tout ce que le consommateur paie en sus du prix de la marchandise étrangère qu'il achète aille dans le trésor public et non dans le gousset des monopoliseurs.Voilà la vraie signification du tarif protectionniste, que le parti conserva- teur a mis en vigueur en 1879, et du tarif de revenu que le parti libéral fera adopter s'il arrive au pouvoir.Suivant donc que les électeurs voteront pour l'une ou l'autre politique, ils diront s'ils veulent ou non continuer de payer les millions de taxes que le tarif actuel leur fait payer aux monopoleurs.Cela est parfaitement compris de tous ceux qui ont, depuis quelques années, suivi les discussions sur le tarif.Mais, malheureusement, ce n'est pas ainsi que la question a été présentée aux électeurs en 1878.Le pays passait alors par la plus grande crise commer- ciale et financière qu'on eût vue depuis 1857.Le Canada n'était pas seul à en souffrir ; elle avait-commencé en 1873 sur le continent américain, et, de là s'était successivement propagée en Angleterre, aux Etats-Unis et chez nous.Aucun gouvernement n'aurait pu l'empêcher, et aucune législation fiscale ne lit !arrêter tout-à-coup.Il en est de ces crises commerciales comme des épidémies ; il n'y a pas de spécifique pour les faire disparaître dans un f .Tout ce qu'on peut faire alors, c'est d'observer ua bon régime, d'éviter toute extravagance, toute déperdition de force et d'énergie.C'est ce que disait M. Mackenzie, qui était alors à la tête du gouvernement.A "• u."x qui ; reposai^©* ^*t, changements de tarif comme .remèdeaux maux dont se plaî ;na.it, il répondait que cela ne ferait que les empirer.Il faisait comme U» médecin honnête qui, lorsqu'il se voit en face d'une maladie qui doit fatale- dure r un certain temps, au lieu de donner à son patient des remèdes qu'il •ait inutiles, sinon nuisibles, se contente de lui dire de patienter, et de l'assurer ^ue sa maladie n'aura qu'un temps.X ais ce n'est pas ainsi que procédaient ses adversaires.A les entendre, c '.'.ta! h la politique du gouvernement qui était la seule cause de la stagnation d s aÛairçs, et des nombreuses faillites qu'on voyait partout.On lui faisait un crime des déficits que constataient les comptes publics ; on lui reprochait de trop dépenser ; il avait, disaient-ils, nommé tant d'employés publics, que, ne sachant plus où les mettre, il avait été obligé de construire à grands fi aie pour cela une allonge à la bâtisse de l'ouest ; il avait augmenté la dette publique ^gl'une manière scandaleuse ; sa politique ôhwmàb nos comoatriotes aux Etal»» -5-Unis.Qu'on leur donnât le pouvoir, et ils promettaient de faire disparaître la crise financière, ils réduiraient les dépenses, ils feraient disparaître en grande partie la dette publique, et, non-seulement ils arrêteraient l'émigration aux Etats-Unis, mais ils feraient revenir les centaines de milles de nos compatriotes qui y étaient déjà.Un malade auquel son médecin n'offre d'autre remède que la patience et un bon régime hygiénique est généralement porté à donner sa confiance au charlatan qui lui promet une guérison immédiate au moyen de quelque panacée.C'est ce que firent les conservateurs.Ils promettaient qu'avec la protection, ils guériraient tous les maux dont souffrait le corps politique.Le peuple les crut sur parole et leur donna le pouvoir.Voilà 17 ans qu'ils e possèdent.Ils ont eu le temps nécessaire pour réaliser leurs promesses.Ils n'ont pas rencontré d'obstacles dans le manque d'appui en Chambre, puisqu'ils ont toujours eu des majorités qui les ont rendus tout puissants.Ont-ils réalisé ces promesses 1 Pendant quelques années ils ont pu le faire croire au peuple.Des événements auxquels eux et leur politique étaient aussi étrangers que M. iV*ackenzie et sa politique l'avaient été à la crise qui avait sévi pendant son ministère les ont favorisé pendant un certain temps.Lors de sa chute, en 1878, tous ceux qui suivaient ce qui se passait dans le monde, pouvaient facilement prévoir que la crise touchaient à sa tin, et qu'elle serait, comme toujours, suivi d'une période de prospérité.Les conser- vateurs pouvaient donc annoncer qu'ils y mettraient fin, avec autant de certi- tude que ChriFlophe Colomb avait annoncé aux sauvages, d'abord que !e «olèiî allait s'éclipser, et ensuite qu'il allait le faire reparaître.Le pays eut une séria de bonnes récoites comme on n'en avait pas vu depuis longtemps.Le nouveau tarif fit faire d'énormes profits aux manufacturiers dont les industries étaient déjà établies.Les grands travaux qu'entreprit le gouvernement, par exemple la construction du Pacifique, jetèrent dans le pays des centaines de millions de piastres.Dans le même temps, de nouvelles découvertes industrielles faisaient pisser le prix d'un grand nombre d'articles de consommation.Tout cela ne pouvait faire autrement que de produire des effets considé- rables sur le pays.Aussi est-il incontestable que le Canada jouit pendant quelques années, de 1880 à 1884, d'une prospérité réelle.Les conservateurs s'en attribuèrent tout le mérite, et, comme cette pros- périté suivait leur arrivée au pouvoir, le peuple crut assez naturellement qu'elle en était la conséquence.Mais bientôt leur politique produisit ses effets naturels.Les profits énormes réalisés par certaines manufactures tentèrent ceux qui avaient des capitaux, et l'on vit des manufactures s'élever comme par enchantement.En peu de temps ces manufactures eurent encombré le marché, et, bientôt, elles furent obligés de diminuer ou suspendre leurs opérations.Plusieurs des petits capitalistes qui y avaient rais leurs fonds furent ruinés» C'est alors que les gros bonnets de la finance se montrèrent, et les achetèrent à vil prix.Maîtres du marché, ils restreignirent la production ; et ne craignant plus la concurrence, grâce au monopole qu'ils s'étaient assuré, ils se mirent à hausser les prix autant que le tarif leur en donnait ia chance, et purent ainsi réaliser des millions.Qui ii î'ourm ces millions?Lés ouvriers et les cultivateurs, qui forment la grande masse de la population.Grâce au système des droits spécifiques, qui fait la base du-tarif de 1879, la marchandise à bas njrix du gauapre jaaie autanjb -eqne celle de haut prix du riche, et les consommateurs paient des taxes, non pas comme le veulent les principes d'une saine économie politique, en proportion de leurs moyens, ou de la valeur des marchandises qu'ils achètent, mais d'après la quantité ou le poids de ces marchandises.Cela a rendu le fardeau des taxes écrasant pour ces classes populaires.Ont-elles reçu, quelque compensation à ce fardeau 1 Aucune.Il n'y a pas un article important que produit le cultivateur dont le prix ait été augmenté par le tarif protecteur de 1879.Sans doute, il met des droits sur presque tout ce qu ?il produit.Mais, comme ce qu'il produit est plus que suffisant pour la consommation locale, et qu'une grande partie en doit être exporté, le prix en est fixé à l'étranger, sur les marchés d'Angleterre où règne le libre-échange.Quant à l'ouvri
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|---|---|---|
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Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
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