Le Jubile pontifical a l'universite Lavale, Montreal, Le 11 Janvier, 1888.
Bibliographic record
Abstract
Et les Romains, troublés au milieu de leurs fêtes, Disaient dans leur orgueil: Quels sont donc ces prophètes?Nommez-nous donc ce dieu qui nous est inconnu !Ce dieu, son nom bientôt luira sur toute cîme, Et le juif vagabond, châtiment de son crime, Un jour sera le seul qui l'aura méconnu.Pierre en tremblant l'épèle, et tout l'Olympe croule ; La tourbe des faux dieux dans la poussière roule : Ainsi tombaient jadis les orgueilleux Titans.Le ciel calme et serein des chrétiens s'illumine.Dieu veut que par la croix Rome encore domine Et plane sur les flots, les peuples et les temps.Ainsi que l'ont prédit tous les livres bibliques, Trônes ruisselants d'or, austères républiques Crouleront sous le vent des révolutions.O royautés d'un jour, superbes dynasties, Dans le gouffre commun vous êtes englouties ; La poussière d'un siècle a comblé vos sillons.Le lierre grimpe aux flancs noircis du Colisée.Les Césars ne sont plus, et leur cendre pesée, O néant !peut tenir dans la main d'un enfant.Charlemagne endormi voit crouler son empire.Ephémère grandeur, Napoléon expire.Et, seule, de l'oubli leur gloire les défend.Mais ainsi qu'au désert les hautes Pyramides, Etonnant le regard par leurs formes splendides, Survivent, seuls témoins d'un temps évanoui, De même, survivant aux plus sombres naufrages, L'Eglise, toujours jeune, à travers tous les âges Luira, phare immortel, sur le monde ébloui.-9 -Car il est ici-bas, il est une couronne Que le Très-Haut soutient, que l'amour environne, Qui du temps destructeur n'a pas connu l'affront.Tombé des mains de Dieu, ce noble diadème Est le seul qu'ici-bas le Christ porta lui-même Et que des fronts mortels sans faiblir porteront.Pontife suprême !O successeur de Pierre !Pape des premiers jours ou de l'heure dernière,Toujours rayonnera ton regard paternel.Tout passe, tout s'effondre, et toi seul tu demeures, Car au cadran du Temps les siècles sont des heures Pour celui qui remplace ici-bas l'Eternel !Tu n'as ni fiers archers ni puissants capitaines, Et quand vers d'autres cieux, sur des plages lointaines, Rugissent les canons de nos modernes Tyrs, O Prince de la Paix, tu n'as pour tous tonnerres Que les accents émus de tes missionnaires, Et tes droits sont scellés du sang de tes martyrs.II Gloire à toi, Léon Treize !immortelle figure Qu'un siècle sans rival marque en traits rayonnants, Esprit au vol puissant dont la vaste envergure Plane sans nul effort sur les cinq continents.Oh !jette avec orgueil un regard sur ce globe ; Du haut du Vatican que domine la croix,Toi qui portes la paix dans les plis de ta robe, Vois accourir, ému, les peuples et les rois.A l'aurore, au couchant, des monts et des vallées Un hymne universel s'élance vers les cieux.Au milieu de la nuit, les cloches réveillées Sonnent par l'univers l'alleluia joyeux.10 -Temples aux vieux piliers, modernes basiliques, Voyez !La foule accourt sous vos sombres arceaux.Le murmure imposant des prières publiques Fait s'éveiller les morts, tressaillir les berceaux.C'est qu'en ces jours bénis où la terre flétrie Se ressouvient du ciel, le chrétien, consolé Des deuils de son foyer, des maux de sa patrie, Salue avec transport l'immortel jubilé.Tout se tourne vers toi.L'auguste souveraine Qui depuis cinquante ans préside à nos destins, Avec grâce honorant ta majesté sereine, Devant toi voit courber un de ses ducs hautains.Comme jadis on vit les bergers et les mages A l'enfant du miracle apporter leur encens, vieillard, en ce jour tu reçois les hommages Des plus humbles tribus, des rois les plus puissants.Fontaine aux pures eaux, source jamais tarie Où viennent s'abreuver les peuples altérés, La Pologne en lambeaux et l'Irlande meurtrie Ne lèvent que vers toi leurs bras désespérés !En cet étrange siècle où la force stupide Plane au-dessus du droit, déchirant les traités, Tu fais entendre seul ta parole intrépide, Seul ton front resplendit des célestes clartés.Pour maître ayant Dieu seul, libre de tout servage, Souverain sans armée et toujours obéi, Tu parles, et l'écho, de rivage en rivage, Répète à l'univers YImmortelle Dei.11 -Ta parles, et ta voix comme le Verbe roule Et confond les projets des plus fiers potentats, Et ta lèvre inspirée enseigne d'où découle L'autorité des rois, le bonheur des Etats.L'Eglise est sous ta garde, et seule ta main touche Aux tables de la loi que le Christ nous donna ; Et lorsqu'à l'univers il parle par ta bouche, Dieu ne fait plus tonner les foudres du Sina.Quand du monde affolé les nations tremblantes Voient leurs droits, conservés sur de vieux parchemins, Détruits par le boulet ; que leurs veilles sanglantes Ne font place aujourd'hui qu'aux mornes lendemains, Ta voix douce leur dit : " Hommes, vous êtes frères !Pour mon cœur paternel vous êtes mes enfants."Et s'ils tombent meurtris sous des lois arbitraires.Toi seul tu les soutiens, toi seul tu les défends.Plus heureux que le Christ au jardin solitaire, Toi, vieillard sans palais, sans trône et sans soldats, Tu vois tournés vers toi tous les vœux de la terre, Et tu n'as pas subi le baiser de Judas !Captif au Vatican, étranger dans ta Rome, Epiant dans les cieux l'étoile des beaux jours, Si loin que puisse aller l'activité de l'homme,Ton zèle, ô grand pasteur, la précède toujours.Devançant sur les mers les plus fiers capitaines, Enfants de Dominique ou fils de Loyola, Votre sang répandu sur les plages lointaines Fait dire au voyageur : " L'Eglise a passé là !" L'Eglise a passé là, noble consolatrice Semant sur son chemin l'espérance et l'amour.Nuls pleurs qu'elle ne sèche, et nulle cicatrice Que son baume divin ne ferme sans retour.Aussi, pontife saint, les peuples te bénissent.De partout vois venir les petits et les grands.Dans un vaste concert toutes les voix s'unissent, Se fondent tous les cœurs, se mêlent tous les rangs.Le riche accourt avec ses superbes offrandes, Et le pauvre à tes pieds jette son humble don ; Mais tes augustes mains, ouvertes toutes grandes, Laissent pleuvoir sur tous la paix et le pardon.Défilant sous tes yeux, la foule recueillieT'acclame en un cortège immense et triomphal.O père, tu parais si grand que Rome oublie Qu'il est un faible roi qui trône au Quirinal.La couronne de fer des rois de Lombardie Sur son débile front pèse trop lourdement, Et la cendre du père à peine est refroidie Qu'il tremble devant toi, vieillard doux et clément.Elle n'est plus à toi, la ville aux sept collines, Elle n'est plus à toi, l'immortelle cité, Mais pour la contempler quand, le soir, tu t'inclines, De la reprendre un jour tu n'as jamais douté.Ton esprit reconstruit les siècles en poussière, Le passé se déroule, et, relevant le front, Tu vois les vieux Césars succomber devant Pierre, Et tu dis : " Les nouveaux à leur tour tomberont."Parmi la multitude immense qui se presse Afin de t'acclamer, vieillard aux traits sereins, Du monde partageant la commune allégresse, Nous t'avons envoyé de pieux pèlerins.Dans le vaste horizon que ton regard embrasse, Sur un peuple au berceau daigne jeter les yeux.Etonné de notre œuvre, oh !bénis notre race, Les travaux à venir, le repos des aïeux.Comme les chérubins qui couvraient de leurs ailes L'arche sainte cachée au sommet du Nébo, Nos prêtres ont veillé, gardiens toujours fidèles, Sur la religion qui fut notre flambeau.Et ceux-là qui voudraient de la foi des ancêtres Effacer pour toujours l'empreinte sur ces bords, Devront, fouillant le sol, pour en devenir maîtres, Jeter aux quatre vents la cendre de nos morts : Semblables à ces Grecs qui, levant chaque pierre Sous laquelle dormait tout un monde éclipsé, Des tombeaux de Délos dispersaient la poussière, Pour enlever au sol les traces du passé.Bénis-nous !Nous avons, exempts de défaillances, Accepté vaillamment le sacrifice offert.Pour conquérir nos droits, défendre nos croyances Quel peuple a plus lutté 1 Quel peuple a plus souffert ?Bénis-nous !Pendant que les modernes Ninives Voient leurs temples déserts et le Christ insulté, Pour consoler ton cœur, contemple sur ces rives L'antique foi gardant la jeune liberté.Bénis-nous 1 Quand la France en pleurant te rejette, Ici la foi féconde élève des autels, Et l'homme de prière avec le pardon jette Des paroles de paix sur nos restes mortels.Bénis-nous !De tes droits nous prenons la défense.Dans le temple grandit le jeune Eliacin, Et nous accoutumons les lèvres de l'enfance A prononcer le nom du Seigneur trois fois saint.Bénis-nous !Nous avons par l'Amérique immense, Pionniers sans rivaux et semeurs vigoureux, A pleines mains jeté l'héroïque semence D'où surgirent un jour nos martyrs et nos preux.Bénis-nous !Nous avons, légende colossale, Un passé qu'on parcourt avec étonnement : Un monde découvert par l'immortel LaSalle, Et le Christ confessé par Jogue et Lallemand.Bénis-nous !Nous avons gravi notre Calvaire.Sans tache est le passé, s'il n'est pas sans défaut.Aux flammes du bûcher notre berceau s'éclaire, Et notre liberté surgit de l'échafaud.Mais sur nous maintenant plane la paix sereine, Et fidèles au trône ainsi qu'à notre foi, Hier nous avons dit : Gloire à l'illustre reine !
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Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.008 | 0.004 |
| Scholarly communication | 0.004 | 0.002 |
| Open science | 0.001 | 0.002 |
| Research integrity | 0.001 | 0.002 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.080 | 0.007 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".