Les monuments "funéraires" thraces : une crise d'identité
Bibliographic record
Abstract
Cette étude porte sur l’analyse de l’identité, en termes de fonction, des monuments érigés\nsous tumulus dans le territoire actuel de la Bulgarie. Ces monuments sont généralement datés du\nVe au IIIe siècle avant notre ère et ont été associés aux peuples thraces qui ont évolué sur ce\nterritoire durant cette époque. Les monuments thraces sous tumulus, aux structures en blocs de\npierre ou en moellons, ou d’un mélange de matériaux et de techniques différentes, ont été\ninvariablement recouverts de monticules de terre dès l’Antiquité. Les tumuli ainsi obtenus ont été\nutilisés à différentes fins par les peuples locaux jusqu’à l’époque moderne.\nLes études plus ou moins détaillées des monuments thraces sous tumulus, qui ont débuté\ndès la fin du XIXe siècle de notre ère, ainsi que l’accumulation rapide de nouveaux exemplaires\ndurant les deux dernières décennies, ont permis de constater une grande variabilité de formes\narchitecturales en ce qui a trait aux différentes composantes de ces constructions. Cette variabilité\na poussé certains chercheurs à proposer des typologies des monuments afin de permettre une\nmeilleure maîtrise des données, mais aussi dans le but d’appuyer des hypothèses portant sur les\norigines des différents types de constructions sous tumulus, ou sur les origines des différentes\nformes architectoniques identifiées dans leurs structures. Des hypothèses portant sur la fonction\nde ces monuments, à savoir, sur l’usage qu’en ont fait les peuples thraces antiques, ont également\nété émises : certains chercheurs ont argumenté pour un usage funéraire, d’autres pour une\nfonction cultuelle. Un débat de plus en plus vif s’est développé durant les deux dernières\ndécennies entre chercheurs de l’un et de l’autre camp intellectuel. Il a été constamment alimenté\npar de nouvelles découvertes sur le terrain, ainsi que par la multiplication des publications portant\nsur les monuments thraces sous tumulus. Il est, de ce fait, étonnant de constater que ni les\nhypothèses portant sur les origines possibles de ces constructions, ni celles ayant trait à leurs\nfonctions, n’ont été basées sur des données tangibles – situation qui a eu pour résultat la\ndésignation des monuments thraces par « tombes-temples-mausolées », étiquette chargée sinon\nd’un sens précis, du moins d’une certaine connotation, à laquelle le terme « hérôon » a été ajouté\nrelativement récemment.\nNotre étude propose de dresser un tableau actuel des recherches portant sur les monuments\nthraces sous tumulus, ainsi que d’analyser les détails de ce tableau, non pas dans le but de trancher en faveur de l’une ou de l’autre des hypothèses mentionnées, mais afin d’expliquer les\norigines et la nature des problèmes que les recherches portant sur ces monuments ont non\nseulement identifiés, mais ont également créés. Soulignant un fait déjà noté par plusieurs\nchercheurs-thracologues, celui du manque frappant de données archéologiques exactes et précises\ndans la grande majorité des publications des monuments thraces, nous avons décidé d’éviter la\ntendance optimiste qui persiste dans les études de ces derniers et qui consiste à baser toute analyse\nsur le plus grand nombre de trouvailles possible dans l’espoir de dresser un portrait « complet » du\ncontexte archéologique immédiat des monuments ; portrait qui permettrait au chercheur de puiser\nles réponses qui en émergeraient automatiquement, puisqu’il fournirait les éléments nécessaires\npour placer l’objet de l’analyse – les monuments – dans un contexte historique précis, reconstitué\nséparément.\nCe manque de données précises nous a porté à concentrer notre analyse sur les\npublications portant sur les monuments, ainsi qu’à proposer une approche théoriquement\ninformée de l’étude de ces derniers, en nous fondant sur les discussions actuelles portant sur les\nméthodes et techniques des domaines de l’archéologie, de l’anthropologie et de l’histoire –\napproche étayée dans la première partie de cette thèse. Les éléments archéologiques (avant tout\narchitecturaux) qui ont servi de base aux différentes hypothèses portant sur les constructions\nmonumentales thraces sont décrits et analysés dans le deuxième volet de notre étude. Sur la base\nde cette analyse, et en employant la méthodologie décrite et argumentée dans le premier volet de\nnotre thèse, nous remettons en question les différentes hypothèses ayant trait à l’identité des\nmonuments.\nL’approche de l’étude des monuments thraces sous tumulus que nous avons adoptée tient\ncompte tant de l’aspect méthodologique des recherches portant sur ceux-ci, que des données sur\nlesquelles les hypothèses présentées dans ces recherches ont été basées. Nous avons porté une\nattention particulière à deux aspects différents de ces recherches : celui du vocabulaire technique\net théorique implicitement ou explicitement employé par les spécialistes et celui de la façon dont\nla perception de l’identité des monuments thraces a été affectée par l’emploi de ce vocabulaire.\nCes analyses nous ont permis de reconstituer, dans le dernier volet de la présente étude, l’identité\ndes monuments thraces telle qu’implicitement ou explicitement perçue par les thracologues et de\ncomparer cette restitution à celle que nous proposons sur la base de nos propres études et observations. À son tour, cette comparaison des restitutions des différentes fonctions des\nmonuments permet de conclure que celle optant pour une fonction funéraire, telle que nous la\nreconstituons dans cette thèse, est plus économe en inférences et mieux argumentée que celle\nidentifiant les monuments thraces de lieux de culte. Cependant, l’impossibilité de réfuter\ncomplètement l’hypothèse des « tombes-temples » (notamment en raison du manque de données),\nainsi que certains indices que nous avons repérés dans le contexte architectural et archéologique\ndes monuments et qui pourraient supporter des interprétations allant dans le sens d’une telle\nidentification de ces derniers, imposent, d’après nous, la réévaluation de la fonction des\nconstructions thraces sous tumulus sur la base d’une restitution complète des pratiques cultuelles\nthraces d’après les données archéologiques plutôt que sur la base d’extrapolations à partir des\ntextes grecs anciens. À notre connaissance, une telle restitution n’a pas encore été faite.\nDe plus, le résultat de notre analyse des données archéologiques ayant trait aux\nmonuments thraces sous tumulus, ainsi que des hypothèses et, plus généralement, des publications\nportant sur les origines et les fonctions de ces monuments, nous ont permis de constater que : 1)\naucune des hypothèses en question ne peut être validée en raison de leur recours démesuré à des\nextrapolations non argumentées (que nous appelons des « sauts d’inférence ») ; 2) le manque\nflagrant de données ou, plus généralement, de contextes archéologiques précis et complets ne\npermet ni l’élaboration de ces hypothèses trop complexes, ni leur validation, justifiant notre\napproche théorique et méthodologique tant des monuments en question, que des études publiées\nde ceux-ci ; 3) le niveau actuel des connaissances et l’application rigoureuse d’une méthodologie\nd’analyse permettent d’argumenter en faveur de la réconciliation des hypothèses « funéraires » et\n« cultuelles » – fait qui ne justifie pas l’emploi d’étiquettes composites comme « templestombes\n», ni les conclusions sur lesquelles ces étiquettes sont basées ; 4) il y a besoin urgent dans\nle domaine de l’étude des monuments thraces d’une redéfinition des approches méthodologiques,\ntant dans les analyses théoriques des données que dans le travail sur le terrain – à défaut de\nprocéder à une telle redéfinition, l’identité des monuments thraces sous tumulus demeurera une\nquestion d’opinion et risque de se transformer rapidement en une question de dogmatisme.
Fetched live from OpenAlex and de-inverted. Abstracts are not stored in this database: the inverted indexes are 8.6 GB of the frame’s 9.3 GB of text, and the host has 13 GB free.
How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.003 |
| Science and technology studies | 0.003 | 0.007 |
| Scholarly communication | 0.006 | 0.005 |
| Open science | 0.001 | 0.003 |
| Research integrity | 0.001 | 0.001 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.015 | 0.002 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".