L'enseignement des Jesuites au Canada.
Bibliographic record
Abstract
En parlant de la dissolution de la Compagnie de Jésus qui eut lieu en 1762 par arrêt du Parlement de Paris, M. de Chateau- briand écrivait ce qui suit au commencement de ce siècle : " L'Europe a fait une perte irréparable dans les Jésuites.L'édu-Kt cation ne s'est jamais bien relevée de leur chute.Ils étaient sin- " gulièrement «.gréables à la jeunesse.Leurs manières polies " ôtaient à leurs leçons le ton pédantesque qui rebute l'enfance." Comme la plupart de leurs professeurs étaient des hommes de *' lettres recherchés dans le monde, les jeunes gens ne se croyaient *• avec eux que dans une illustre académie.Ils avaient su établir *' entre leurs écoliers de différentes fortunes une sorte de patrona-" ge, qui tournait au profit des sciences.Ces liens formés dans " l'âge où le cœur s'ouvre aux sentiments généreux, ne se bri- " saient plus dans la suite, et établissaient entre le prince et l'hom- " nie de lettres ces antiques et nobles amitiés qui vivaient entre u les Scipion et les Lélius." Ils ménageaint encore ces vénérables relations de disciples " et de maîtres si chères aux écoles de Platon et de Pythago-" re." Le même auteur ajoute : " Naturalistes, chimistes, botanis- " tes, mathématiciens, astronomes, poètes, historiens, traduc- " teurs, antiquaires, journalistes, il n'y a pas une branche des " sciences que les Jésuites n'aient cultivée avec éclat." Nous avons tenu à donner cette longue citation parce qu'elle fait ressortir d'une manière très heureuse les traits caractéristiques de l'enseignement des Jésuites, ou pour mieux dire, de la manière dont ils comprenaient l'éducation de la jeunesse.Ce que Chateaubriand dit des Jésuites avant la dissolution de leur Com-• pagnie, on peut encore le dire avec plus de vérité des Jésuites de l'époque actuelle.On reconnaît tout de suite à l'urbanité des formes, à l'élégance des manières, l'élève des Pères, comme on les désigne le plus sou- vent, élégance et urbanité qui, en général, ne se rencontrent dans aucune autre institution au même degré.Les Pères savent aussi rendre l'étude agréable et attrayante, et surtout approprier à l'âge de l'écolier le travail qu'ils lui demandent, évitant ainsi ce surmenage fatal au développement ulté- rieur de l'intelligence, contre lequel l'Université de France s'élève aujourd'hui avec raison, tout en en tolérant trop encore l'appli- cation dans ses lycées.Les programmes des Pères Jésuites sont moins surchargés que ceux des établissements scolaires de l'Etat, et cependant tout le inonde reconnaît que,pour les études latines, ils ne craignent aucune comparaison, et que, pour les sciences, ils possèdent des maisons qui,comme celle de la rue des Postes à Pa- ris, disputent quelquefois avec avantage aux meilleurs lycées l'honneur de donner aux grandes écoles du gouvernement leurs sujets les plus distingués.Cet aperçu général des mérites de l'enseignement des Pères Jésuites ne nous a pas paru inutile en tête d'une étude consacrée au Collège Sainte-Marie de Montréal.Nous ne pouvons mieux d'ailleurs indiquer l'excellence de leurs méthodes, qu'en jetant un coup d'œil rétrospectif sur la manière dont ils ont, dans le passé, dirigé les grandes maisons de Louis-le-Grand, de la Flèche, en France, celle de Québec, au Canada, et en montrant comment aujourd'hui, avec les mêmes errements, leurs collèges sont encore considérés comme offrant aux pères de famille les meilleures ga- ranties d'une éducation morale et religieuse et d'une instruction solide et étendue.I Le fondateur de la Compagnie de Jésus, l'illustre Loyola, avait tracé lui-même, avec cette précision de détails et cette méthode qui sont le propre de sa haute intelligence, le programme des sco- lasticats et des collèges dont il préparait la création.Car il en- trait dans ses plans de commencer la mission protectrice de 8a Compagnie, en façonnant la jeunesse à la vertu, en armant les intelligences contre l'erreur et les fausses doctrines.Il assurait ainsi d'un coup des défenseurs invincibles à la religion et prépa- rait des soldats ardents à combattre le bon combat.Dans son Ratio 'studiorum il indique nettement le but auquel aspire la Compagnie." Ce but, dit-il, est d'aider les âmes de ses membres et celles " du prochain à atteindre le dernier terme pour lequel elles ont " été créées.A cet effet, il faut joindre à l'exemple d'une vie " pure la science et la méthode ; aussi, après avoir jeté dans l'âme " de ceux que l'on admet au noviciat le fondement solide du re- '' noncement à soi-même et du progrès dans la vertu, on s'occu-" pera de l'édifice des belles-lettres et de la manière de s'en servir, " afin d'arriver plus aisément à mieux connaître et à mieux hono-" rer Dieu, notre Créateur et notre Seigneur." Est-il un plus beau plan d'études, un programme plus élevé, reposant sur une base plus solide ?Non, assurément.Comme l'instruction ainsi comprise est grande et forte !Au sommet Dieu, but suprême, le renoncement à soi-même, et les progrès dans la vertu qui portent avec eux leur récompense, comme moyens, les belles-lettres qui éclairent et forment l'intelligence.Voilà le système d'enseignement préconisé par Loyola.Et immédiatement il se met à l'œuvre.Il fonde des collèges : en quelques années ces établissements attirent tant d'élèves que les Uni- versités en prennent ombrage.A Paris, s'élève le collège Louisle-Grand ; à la Flèche, le collège Henri VI ; à Tournon, à Lyon, à Bourbon d'Aix, à Vannes, d'importantes maisons d'éducation sont fondées par de généreux donateurs qui s'adressent à la Compagnie de Jésus pour instruire la jeunesse.Quelles sont les causes de ce rapide succès ?Il y en a plu- sieurs, mais une des premières est celle qu'a si bien mise en relief Chateaubriand.Les rapports entre les maîtres et les élèves n'ont rien de cette morgue, de ce pédantisme de convention qui semblent établir une barrière infranchissable entre le professeur et ses disciples, et qui était alors une tradition de l'Université.A cette époque on ne se préoccupait pas de l'éducation morale de l'enfant, on ne connaissait que la lettre du programme, et, dans ce moule, il fallait couler toutes les intelligences, sans se demander si elles étaient toutes susceptibles de prendre la même forme.Les Jésuites eurent le mérite de donner à l'éducation morale plus de place dans l'instruction et, comme nous l'avons déjà dit, de savoir intéresser l'esprit de l'élève à ces travaux dont les débuts sont parfois si arides et si ingrats.Ils firent à l'étude de la langue française une plus large part qu'on ne l'avait faite jusque-là ; ils habituèrent leurs élèves à par- ler en public, à faire de nombreux exercices de déclamation, à donner même des représentations pour lesquelles quelques-uns des Pères composèrent des pièces qui ne sont pas sans valeur.Dans sa remarquable histoire du collège de la Flèche, le P. de Rochemonteix a donné le programme de ces fêtes littéraires dont la solennité et l'organisation ne laissent pas que de causer au lecteur une surprise mêlée d'admiration.Loyola, lui-même ?avait particulièrement insisté sur la nécessité et les avantages de ces exercices publics.Il en recommandait la vulgarisation, certain qu'il était de donner ainsi aux élèves une bonne élocu- tion, une diction intelligente, et aussi cette aisance et cette distinction dont Chateaubriand avait recueilli le souvenir.
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How this classification was reachedexpand
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Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.024 | 0.008 |
| Scholarly communication | 0.004 | 0.002 |
| Open science | 0.001 | 0.003 |
| Research integrity | 0.002 | 0.003 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.011 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".