Lourdes : Conference par Louis Frechette le 12 decembre 1895 a l'Institute canadien de Quebec.
Bibliographic record
Abstract
Imprimeur et Photo-Graveur.80, 82, 84, côte de la Montagne je n'aime pas à grossir le nombre de ceux qui se tiennent debout dans le* devant du temple, et croiraient avoir perdu leur peine s'ils ne nous renseignaient pas périodiquement sur le niveau barométrique de leur piété.Et cela n'en donne que plus de poids à mes paroles, car les observations de l'homme qui voyage avec des opinions préconçues peuvent toujours être plus ou moins soupçonnées de parti pris, tandis que le témoin que le hasard amène présente le plus souvent un caractère d'indépendance qui donne une garantie toute spéciale de sa libre et naturelle impartialité.Non, mesdames et messieurs, ce n'est pas la dévotion qui m'a conduit à Lourdes.Je n'y suis pas allé non plus pour faire une cure ; je n'avais, merci à Dieu, rien à lui demander sous le rapport de la santé.La curiosité n'y a même été pour rien : j'éprouve un éloignement instinctif pour tout ce qui sent la banalité ; et, malgré l'attrait qu'a toujours eu pour moi l'histoire si touchante de la petite Bernadette Soubirous, je ue me sentais aucunement attiré, je l'avoue, vers ce qui me semblait le rendez-vous de ferveurs plus naïves qu'éclairées.C'est à une circonstance fortuite, ou pour mieux dire à une douce et vieille amitié, que je dois cette visite à Lourdes, dont je suis revenu extraordinairement impressionné, et qui comptera parmi mes souvenirs chers.J'étais tout simplement allé visiter un ami malade à Cau- terets, une station thermale encaissée, à quelques heures des frontières d'Espagne, dans un formidable entonnoir formé de pics farouches et de crêtes sourcilleuses.Lourdes était sur ma route ; mon ami -un ferventvint me reconduire jusqu'à la petite ville où convergent tant de pèlerinages, et où nous avons passé ensemble vingt-quatre heures bien employées, je vous assure.Lourdes n'est pas aussi banal que tout cela, croyez-m'en, mesdames et messieurs ; et, après ces vingt-quatre heures, je ne me sens plus du tout disposé à hausser les épaules quand on m'en parle.Il y a là un incontestable phénomène ; et, comme dit Henri Lasserre dans la préface de son livreje cite de mémoire - " qu'il y ait miracle ou non, que la cause de ce vaste courant de peuples soit dans l'action divine ou dans l'aberraion des hommes, l'étude de ce phénomène n'en est pas moins du plus haut intérêt." Du reste, c'est une impression de voyage comme une autre ; et, si controversée que soit la question, je ne vois pas pourquoi je ne ferais point part aux autres de ce que j'en sais par expérience personnelle.Entendons-nous, mesdames et messieurs : cette question, je ne prétends pas la trancher.Mes convictions intimes ne regardent que moi ; et fussent- elles encore plus arrêtées, je me garderais bien de les donner comme le dernier mot de l'énigme.Je vais essayer seulement de raconter tant bien que mal ce que j'ai vu et ressenti, sans rien conclure.A quoi bon ?Parlons un peu du pays d'abord !Circonstance providentielle ou purement accidentelle, l'en- droit ne pouvait être mieux choisi pour donner un cachet de mystérieuse grandeur aux événements dont la petite ville devait être le théâtre.Nul horizon ne pouvait plus royalement servir de décor à -6 - la scène où tant de manifestations étranges se produisent de- puis bientôt quarante ans.Tout autour de vous c'est un panorama superbe.Un torrent tumultueux qui, après avoir bondi de cascade en cascade, prend sa course dans la plaine, des vallons qui se creusent et s'élargissent majestueusement, des coteaux qui se cabrent et semblent se poursuivre comme des vagues, des col- lines étagées les unes sur les autres, des ravins profonds, des abîmes voilés sous des replis de forêt sombre, des entassements de roches géantes, avec, dans le lointain, mi colisée de monts aux pans abrupts, de croupes massives, de silhouettes monstres, de hauteurs montant toujours, derrière lesquelles tout un pêle- mêle de sommets fuyants et de cimes qu'on entrevoit à peine se prolonge et s'efface dans l'infini du ciel.Ici, toute une suite de blanches et imposantes façadescouvents, monastères, hôpitaux, institutions religieuses de toutes sortess'échelonnent au soleil sur des pentes tout empana- chées de grands bouquets de verdure.Là. c'est un puissant château-fort, ou 1 plutôt une citadelle historique, dont les ruines, du haut de leur bloc de rochers so- litaire, nous font songer à quelque sentinelle des anciens jours debout et casque en tête, au seuil des Pyrénées.A leur pied, le Gave de Pau roule ses eaux d'un bleu sombre aux reflets mordoiés, à travers les nombreuses construc- tionsboutiques, magasins et hôtelleriesqui constituent la ville nouvelle, et qui contrastent d'une manière si frappante avec le vieux bourg aux toits bas et aux ruelles tortueuses qu'était Lourdes au temps de Bernadette.Et puis, c'est le vaste boulevard, les longues avenues conduisant à la basilique, les rampes gigantesques aux arcades de cathédrale, qui, comme d'immenses tentacules semblent s'ouvrir au loin pour embrasser celle-ci ; c'est le rocher du Calvaire, avec son christ colossale et sa ceinture de parapets, dont le flanc robuste épaule toute la masse des roches de Massabielle où se creuse la grotte célèbre et s'étagent les trois églises monumentales, sorties de terre à la parole d'une petite pastoure de quatorze ans qui n'avait jamais appris autre chose qu'un ave Maria !Et tout cela en face des mystérieuses profondeurs de la Montagne, sur les confins d'une zone bouleversée par les anti- ques commotions du globe, et sous un ciel sans rival pour sa pureté radieuse et sa limpidité sereine !C'est vraiment le pays des songes et des enthousiasmes : ce devait être le pays de la foi, de la dévotion et des émotions mystiques.Dans ce cadre merveilleux il flotte comme un souffle de mystère, comme une vague lueur de paradis rêvé.Les bruits de la nature y ont comme des voix de cantiques.Ce sont des légendes que la brise chuchote dans les sapins des gorges, dans les peupliers des routes.. Tous ces sommets lumineux font penser au ciel; tout ce calme et toute cette solitude parlent à l'âme le langage des choses divines.Aussi vous semble-t-il que vous êtes là dans un temple, et nulle pompe religieuse ne vous y étonne.Ces volées de cloches, ces odeurs d'encens, ces processions, ces chants d'église, ces brasillements de cierges sans nombre, tout cela vous semble, malgré l'ébranlement nerveux que vous en ressentez, absolument naturel.Ce n'est pas de loin qu'il faut juger Lourdes ; il faut y aller.Voyez Zola, qui n'est pas un idéaliste pourtant.Il est allé à Lourdes dans le but de découvrir et de révéler l'explication naturelle de tout ce qui s'y passe.Y a-t-il réussi ?Je me le demande.Il a trouvé matière à critique dans bien des choses.Jusqu'à quel point tout ce qu'il a dit est vrai ou faux, je n'en sais rien, bien que je puisse affirmer que le brutal romancier est inexact sur plus d'un point, comme je le ferai voir dans un instant ; sur certains autres, d'ailleurs, sa critique respire un sentiment de malveillance évidemment systématique.Eh bien, malgré cette malveillance calculée, malgré ce parti pris de dénigrement quand même, cet observateur à froid, ce libre penseur convaincu, ce partisan de notre orgueilleuse science encore dans les langes, est restécila se voit à chaque page de son livreprofondément déconcerté par l'éloquence troublante des faits.Il a beau parler de forces iguorées ou mal étudiées, d'hal- lucination, d'auto-suggestion, de commotion nerveuse préparée de longue main, d'exaltation produite par l'entraînement du voyage, des prières et des cantiques, de " souffle guérisseur, puissance inconnue qui se dégage des foules dans la crise aigiie de la foi," son embarras perce à chaque ligue.Les effets palpables de cette puissance inconnue l'impressionnent malgré lui.Et voilà ce qui fait que sa conclusion, si bien déduite qu'elle fût d'avance, est toujours hésitante et souvent confuse.Mais revenons à ma description topographique, et ajou- tons-y un mot d'histoire, car les faits dont j'ai à parler appar- tiennent maintenant à l'histoire de l'humanité.Ce qu'on appelle les roclns de Maasabielle est un bloc de granit coupé à pic, et dont le pied n'était autrefois séparé du Gave de Pau, que par une pente de quelques pas seulement couverte de débris de roc, et dont l'approche était assez difficile.L'endroit où s'ouvre la grotte qui devait faire tant de br.tit dans le monde était tout particulièrement sauvage, et ceux que le hasard ou le besoin de se mettre à l'abri conduisait là n'y pouvaient guère atteindre que par une île appelée l'île du Chalet, et formée par un embranchement du Gave, embranche- ment qui, dans les basses eaux, pouvait se franchir presque à pied sec.Aujourd'hui tout cela est changé.Les éclats de rochers ont été enlevés, l'île s'est trouvée à disparaître avec le canal qui la formait, le Gave lui-même s'est reculé pour faire place à de vastes terrassements plantés d'arbres et bordés de parapets, ce qui permet à des foules énormes de se grouper devant la grotte.A celle-ci on a eu le bon esprit de ne faire subir aucune modification importante.On a canalisé la source au moyen de tuyaux qui con- duisent l'eau dans lesédicules à piscines ; on a dallé le soi, on a grillé l'entrée, et l'on a posé une madone en marbre dans l'ex- cavation où la Vierge est apparue à Bernadette.A part cela et les trophées d'innombrables béquilles qui en constellent les parois et l'encadrement, l'ensemble est resté dans son état primitif.Aussi, malgré tout ce mouvement, toute cette vie, toute cette richesse, toute cette pompe, en dépit même des monumen- tales constructions qui l'embellissent, le lieu a conservé je ne sais quel cachet de solitude pittoresque, de mystérieux isole- ment qui vous donnent la sensation, dès que vous avez débouché sur la terrasse longeant le côté gauche de la basilique, d'être transporté tout à coup au fond d'un désert, cà cent lieues Là, croyant pouvoir faire une meilleure provision parmi les.quartiers de roches qui gisai
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.012 | 0.003 |
| Scholarly communication | 0.004 | 0.002 |
| Open science | 0.001 | 0.002 |
| Research integrity | 0.003 | 0.004 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.102 | 0.009 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".