Discours a l'occasions de la motion censurant le mini stere pour avoir permis l'execution de Louis Riel.
Bibliographic record
Abstract
A Voccasion de la motion faite à la Chambre des Communes, le 11 Mars 1886,.poiir blâmer le gouvernement d'avoir "permis Vexécution de Riel.Monsieur V Orateur, Un journal annonçait, hier soir, que j'avais été soudain frappé de re- pentir et que j'étais sur le point d'abjurer les erreurs, que j'ai partagées avec mes collègues ; enfin que j'étais à la veille de dire adieu à la vie publiqueje ^oudrais que cela fût vrai-et que j'allais, selon le vœu de ce journal, passer le reste de mes jours dans la prière pour obtenir mon pardon de Dieu et des hommes.Pour ne pas le faire mentir, je saisis la première occasion qui se présente, de faire une dernière confession publique du grand crime dont je porte le poids, depuis plusieurs mois, et j'espère la faire assez complète et assez claire pour contenter et mes amis et mes ennemis.Je ne sais, M. l'Orateur, si je puis être à la hauteur de la discussion qui se poursuit.Je sais qu'il ne me sied point de m'excuser de ne pas parler ma langue maternelle, mais chaque fois que je me lève, dans cette Chambre, chaque fois que j'ai à exprimer, dans la langue anglaise, ce que je ressens vivement et profondément, dans mon cœur, je me crois tenu à faire des excuses, car cette langue, qui a initié le monde au régime de ]a liberté politique, ne me donne [)as la facilité d'expression que me fournit la mienne.Quel changement l'espace d'une année n'apporte-t-il pas, dans les idées et les sentiments des hommes !Mesurez, par exemple, le chemin parcouru, depuis la dernière session, en jetant un coup d'œil sur les dé- bats de l'année dernière, comme je l'ai fait hier.Lisez le compte-rendu officiel de 1886 et rapprochez ce qui s'est passé alors de ce que l'on voit aujourd'hui!Le 19 mars 1885, fête de Saint-Joseph, ce grand saint dont le nom est synonyme de fidélité et de loyauté, a été choisi, par Louis Riel, pour commencer la révolte du Nord-Ouest.Le 19 mars, Louis Riel, se mettant en guerre et avec l'autorité civile et avec l'auto- rité religieuse, levait, par ses actes et ses déclarations, l'étendard de la révolte.Les jours suivants, la sédition faisait rage, et, après demain, nous verrons l'anniversaire d'un des plus tristes événements de notre histoire, l'anniversaire du combat du Lac-aux-Canards, oii sont tom- bés, sous la balle des traîtres et des rebelles, conduits par Riel, plu- sieurs de nos plus braves soldats et des meilleurs citoyens du Nord- Ouest.C'étaient les premières victimes de la perfidie d'une bande cri- minelle qui, après avoir détruit les établissements du gouvernement, pillé les magasins de citoyens industrieux, et fait prisonniers des hommes dont le seul tort était d'obéir à l'autorité, déchira le drapeau britanni- que et se lança dans cette révolte dont il sera question, j'espère, aujour- d'hui, pour la dernière fois.J'espère que nous n'en entendrons plus par- ler après que nous aurons fait notre devoir, aujourd'hui, en déclarant hautement que le pays n'approuve pas ceux qui voudraient que la Chambre proclame que ce soulèvement, aux yeux des Canadiens, était justifiable.Nous n'avons pas perdu le souvenir du sentiment qui dominait la Cham- bre, lorsque, les 22, 23 et 24 mars, elle apprenait que l'agitation qui ré- gnait au Nord-Ouest, depuis plusieurs mois, s'était transformée en une révolte ouverte.Il est vrai que, alors comme depuis le commencement de la présente session, quelques députés de l'opposition avaient de- mandé des renseignements et des documents ; vn^is cependant la Cham- bre poursuivit sa besogne jusqu'au jour où elle entendit le tumulte de la rébellion et apprit que les plus braves des enfants du pays étaient appelés, par le gouvernement, à rétablir Tordre.Lorsque la nouvelle de l'engagement du Lac-aux-Canards nous parvint, personne, parmi nous, n'aurait songé à dire que ceux qui avaient pris les armes, au mépris de nos lois, ne méritaient pas les châtiments les plus sévères.Je me rappelle que, quelques jours plus tard, lorsqu'un journal de l'Ontario eut l'audace-comme on disait alors-d'écrire que l'honorable chef de la gauche, avait encouragé la révolte, aidé ceux qui conspiraient contre la paix et l'intégrité de notre territoire, que les députés de la gauche étaient les complices des insurgés du Nord-Ouest, je me rappelle ce qui s'est passé, en cette Chambre.Je me rappelle que, en cette occa- sion mémorable, le chef de l'opposition se leva, les traits bouleversés, la voix brisée par l'émotion, des larmes dans les yeux, pour protester contre les assertions de ce journal.Dire que lui et ses amis étaient les complices des rebelles ou qu'ils avaient seulement des sympathies pour eux, c'était la plus atroce calomnie qu'il fût possible d'inventer.Nous nous rappelons tous avoir entendu le député de Durham-Ouest dire qu'il avait un parent dont le sang avait déjà rougi la neige de la prairie, qu'il avait un neveu dont la vie était en danger, que son fils et le fils de son frère étaient prêts à prendre le fusil, à marcher vers la Saskatchewan, pour combattre ceux qui attentaient aux libertés de l'empire et faisaient tort à la bonne renommée du Canada.Ces sentiments trouvaient, en ce jour, de l'écho parmi nous, et le premier ministre se levait pour déclarer que, à son avis, cet article était inconsidéré et que, bien que nous fussions divi- sés d'opinion, nous étions unis sur ce point : qu'il fallait faire respecter les lois du Canada et conserver intact le pays que nous administrons pour la gloire de ceux qui l'ont acquis et la gloire de la souveraine qui nous gouverne.Qui aurait alors risqué une seule parole pour justifier les bandes cri- minelles, qui venaient de lever l'étendard de la révolte, sur les bords de la Saskatchewan?Qui aurait dit, alors, lorsque nous donnions une poignée de main aux membres de cette Chambre, qui partaient pour le champ de bataille, qui auraient pensé, lorsque nous disions adieu au regretté colonel Williams dont le nom est vénéré et la mémoire nous est chère, depuis qu'il est mort au service du pays, qui aurait pensé que, douze mois après cette scène, nous serions appelé à voter sur une motion exprimant le regret que le chef de la révolte ait été exécuté ?Lorsque le colonel Williams prit congé de nous, en nous disant : " Oui, messieurs, je pars pour servir mon pays et la Reine, j'en suis fier et heureux," qui aurait songé à lui répondre : " Ah !oui, vous allez risquer votre vie, mais, dans douze mois d'ici, un député se lèvera en Chambre et dira : "Je veux déclarer, par mon vote, que ceux qui ont été la cause de votre mort, -qui ont tué vos amis, méritent les sympathies du Canada et que nous regrettons qu'ils aient été punis."M. rOrateur, je regrette l'exécution de Louis Riel, parce que aucun sentiment de satisfaction ne saurait trouver place dans mon cœur, à la vue de la mort ignominieuse d'un être humain ; je regrette son exécu- tion, comme je déplore ces tristes nécessités de venger la loi outragée et de protéger la société ; je la regrette, à cause des troubles qu'elle a provoqués dans une des plus belles provinces du Canada ; enfin je regrette l'exécution de Louis Riel parce qu'elle a suscité, dans cette Chambre, une discussion dans laquelle, pour me servir du langage du député de Durham-Ouest (M.Blake), il a été prononcé des paroles que l'on n'aurait pas dû y entendre ; dans laquelle on a exprimé des sentiments qui ne devraient pas trouver place ici.Pour toutes ces raisons, je regrette le fait de l'exécution de Louis Riel, mais je ne puis con- damner le châtiment de son crime.La Providence permet que les passions humaines et le libre arbitre des hommes marquent des heures sombres, dans l'histoire des nations.Louis Riel a écrit, de sa main, les pages les plus lamentables de l'histoire du Nord-Ouest.Il a signé et scellé de son sang, sur l'échafaud de Regina, le 16 novembre dernier, ces pages où se lisent le récit de meurtres et d'assassinats.Le gibet de Regina a projeté son ombre hideuse sur la jeune ville, ainsi nommée en l'honneur de notre Reine, et l'on a déchiré le sol vierge de la province de l'Assiniboine, pour recevoir le cadavre de celui qui avait semé le mécontentement et la discorde, qui avait fait germer la guerre et la dévastation, dans ce pays qui n'au- rait dû connaître que le bonheur tranquille du travail et de la paix.Fasse le ciel que cette sanction suprême, donnée à la loi, empêche les fauteurs de troubles d'imiter son exemple.Par malheur, de la cellule du condamné, de l'échafaud et de la tombe du supplicié, il est parti un vent de révolte et le souffle empoisonné des animosités nationales qui ont envahi une de nos provinces et qui menacent encore, plus que nous le pensons peut-être, la tranquillité future et l'avenir du Canada.Si je rappelle le souvenir de ces tristes événements, M. l'Orateur, ce n'est que pour faire voir la malheureuse position dans laquelle se trouvent placés ceux qui, dans la province de Québec, ont épousé -les uns de bonne foi, les autres pour des intérêts de parti-la cause de la rébellion qui a fait renaître quelques-uns des plus mauvais jours de notre histoire politique.C'est le sentiment des dangers que cette crise nous fesait courir, qui m'a dominé, pendant toute cette période, et qui a écarté de mes' lèvres et de ma plume les paroles indignées et les reproches amers, qu'auraient justifiés peut-être les traitements, auxquels mes collègues et moi avons été soumis, pendant plus de trois moi."?.Pendant ce temps, nous avons vu une populace furieuse et affolée nous réprouver comme des traîtres et des lâches, nous brûler et nous pendre en effigie ; ces insultes ont provoqué bien plus ma pitié que ma colère.A Montréal, on est allé jusqu'à exposer, dans une vitrine, mon portrait avec une tache rDuge au front, pour indi- quer que j'étais le meurtrier d'un de mes concitoyens.J'ai pardonne' cette vilenie.Comme un de mes amis le faisait observer : " Le triste sire qui s'est permis cette brutalité, a lui-même, au front, une tache que rien ne saurait eôacer :" La mer y passerait sans laver la souillure
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.002 | 0.008 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.016 | 0.007 |
| Scholarly communication | 0.009 | 0.005 |
| Open science | 0.001 | 0.007 |
| Research integrity | 0.006 | 0.011 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.035 | 0.010 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".