La Moitié gauche du frigo : Chronique d’une impasse. \n La Moitié gauche du frigo, Canada [Québec] 2000, 90 minutes
Bibliographic record
Abstract
L e premier long métrage de fic- tion de Philippe Falardeau s'impose d'emblée comme une œuvre audacieuse et surprenante.Le jeune réalisateur s'inscrit ici -du moins en apparence -dans le courant, exploité ad nauseam par les temps qui courent, du reality show.Mais loin de se contenter de simplement exploiter ce filon esthétique à double tranchant, Falardeau entreprend plutôt de bâtir ici un système fictif qui lui permettra de parler différemment des discours actuels sur le chômage et la mondialisation.Dans La Moitié gauche du frigo, Stéphane, un jeune activiste qui dénonce sans circonspection la « globalisation », suit, armé d'une caméra vidéo et d'intentions pas toujours très nettes, son colocataire Christophe, un ingénieur diplômé idéaliste et chômeur, dans ses tribulations de chercheur d'emploi.Entre les visites au centre d'emploi et les entrevues qui se succèdent, la caméra de Stéphane traque Christophe dans son quotidien, sa routine, sa vie sentimentale et jusque dans son désespoir.On était en droit de se méfier de cette approche live, branchée sur une caméra voyeuse et dévoreuse de quotidien.Plus souvent qu'autrement, ce procédé n'a servi qu'à s'affranchir du travail de mise en scène.Or, ici, une surprise nous attend car, malgré cette impression de réel (qui, cependant, ne berne personne), Philippe Falardeau a réussi à animer son projet d'une mise en scène intelligente qui non seulement donne rythme et humour au film, mais permet aussi de déconstruire le procédé filmique dont il se réclame pour mieux le dénoncer.En effet, avant même d'aborder la question du chômage (et dont tout le monde a déjà parlé), il est intéressant de noter que La Moitié gauche du frigo s'intéresse d'abord à la crise des discours.Par l'intermédiaire du film de Stéphane (ici l'unique point de vue narratif), Falardeau pose un regard critique sur la confusion et la stérilité des propos d'ordre social (notamment lorsque tenus par les jeunes).Il est d'ailleurs clair, à la fin du film, que le projet de Stéphane, qui se voulait ethnographique et contestataire, ne se révèle qu'un pétard inoffensif qui proclame des slogans convenus et vains.Mais Falardeau n'est pas réactionnaire pour autant, car ce qu'il remet en question ici ce n'est pas le fond des discours, mais bien leur forme.Si les problèmes évoqués sont justes, c'est la façon de les aborder qui est plus discutable.Par exemple, Falardeau propose une scène où Philippe orchestre une confrontation entre un ouvrier mis à pied et son ex-patron.Cherchant à créer un effetchoc sur le spectateur (du vidéo de Philippe), l'ouvrier, après de La Moitié gauche du frigo brèves invectives, éclabousse le dirigeant (de café, mais on pense ici à Yentartage) et quitte les lieux sans avoir amorcé la moindre discussion.Stéphane (et son caméraman, obtenu entre-temps grâce à la participation financière de Radio-Canada -incidemment le film de Falardeau a véritablement reçu l'appui de la SRC) demeure seul avec le patron qui finit, évidemment, par avoir le dernier mot, signalant même que sa compagnie soutient le théâtre.Obnubilé par la mise en forme de son projet, Stéphane ne remarque même pas que les esclandres qu'il organise desservent son propos et qu'il est lui-même récupéré par l'institution (qui lui permet, entre autres, de devenir de plus en plus metteur en scène et de moins en moins activiste : l'importance de sa manipulation du réel étant proportionnelle au budget que son producteur réussit à amasser).Aussi, dans de telles circonstances, le projet de Stéphane ne pouvait que se solder par un échec.Un échec à l'image de sa génération en mal de discours.Il serait sans doute exagéré de prétendre que Falardeau érige Stéphane en représentant de toute une génération de jeunes artistes engagés.Mais les propos que ce dernier tient durant le film ne sont pas sans évoquer ce qu'on entend de plus en plus dans les différentes tribunes antimondialisation.Ayant soulevé cette dimension auto-réflexive, ne négligeons tout de même pas la dimension purement ludique du film.À ce propos, la justesse des situations est surprenante et les acteurs, convaincants.Paul Ahmarani (toujours crédible malgré un jeu très démonstratif), Stéphane Demers et Geneviève Néron forment ici un trio drôle et touchant auquel le film doit beaucoup.En s'en tenant au seul point de vue du personnage de Stéphane, Philippe Falardeau condamnait son propre film à se terminer, lui aussi, sur une impasse.Le réalisateur risquait du même coup de se faire reprocher de n'offrir aucune alternative à ce qu'il dénonce.Mais Falardeau parvient tout de même à jeter un pavé dans la mare en démontrant les limites de certains discours actuellement à la mode -ce qui est plutôt audacieux, et donc déjà digne de mention.
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.003 |
| Science and technology studies | 0.025 | 0.006 |
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| Open science | 0.002 | 0.003 |
| Research integrity | 0.004 | 0.005 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.040 | 0.003 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".