Médias, démocratie et économie de marché : quel rôle pour l’État dans la protection du droit du public à l’information?
Bibliographic record
Abstract
Les médias d’information traversent une importante zone de turbulence depuis le début du XXIe siècle. Les revenus des entreprises de presse chutent sous l’effet de la transformation numérique de l’industrie et de la concurrence nouvelle que leur livrent les géants de l’internet comme Meta et Google. De nombreux médias ont cessé leurs activités au cours de cette période au Québec, au Canada et aux États-Unis, pendant que d’autres révisaient leur structure de fonctionnement. Les secousses subies par l’écosystème médiatique inquiètent les membres de l’industrie, des élus et une partie du monde universitaire. Pour eux, d’un point de vue démocratique, le travail de la presse d’information consiste à produire et publier de la nouvelle capable d’améliorer la compétence des citoyens sur les affaires de l’État en plus d’enrichir le débat collectif. La surveillance qu’assurent les médias des institutions publiques conduirait également à une meilleure gestion des ressources collectives par l’adoption de politiques publiques plus efficaces. Des médias fragilisés risqueraient donc de compromettre le bon fonctionnement de la société. Des voix résonnent et demandent aux gouvernements de soutenir les entreprises de presse à l’aide des fonds publics au nom de la démocratie. Notre recherche confirme l’impact de la baisse de revenus sur les choix éditoriaux réalisés par les éditeurs de journaux, entre 2007 et 2022. Notre analyse du contenu de près de 10 000 articles tirés de deux quotidiens québécois d’envergure nationale témoignent de l’influence de ces choix sur la qualité de l’information proposée aux citoyens par les deux journaux. Parmi d’autres observations, la nouvelle « politique » perd de son importance, au profit de la chronique sur le même thème. La quantité de contenu original recule également. Nos travaux et la littérature savante ne nous permettent cependant pas de conclure à la catastrophe démocratique annoncée par les entreprises de presse et leurs journalistes. D’abord parce que les médias d’information ne constituent pas, dans l’état actuel des choses, un pilier de la démocratie1. L’industrie se compose principalement d’entreprises commerciales dont l’objectif consiste à générer des revenus au bénéfice de leurs propriétaires. Leurs décisions participent de cette réalité. Nos résultats témoignent de cet objectif par ailleurs légitime pour une entreprise privée. La presse d’information représente ensuite un producteur de connaissances parmi d’autres en démocratie. L’école, la famille, les clubs sociaux et sportifs font aussi partie de cet écosystème auquel s’ajoutent désormais les réseaux sociaux. La crise que traversent les médias apparait néanmoins indiscutable. Malgré les services que peut rendre la presse d’information à la démocratie, il s’agit toutefois de la crise d’une industrie en transformation, non de la démocratie. Ses joueurs les plus fragiles ont disparu, parfois remplacés par d’autres mieux outillés pour servir les nouvelles exigences du marché. Certains, plus solides ou mieux supportés financièrement, se sont adaptés. Ils ont fait les choix qui leur apparaissaient les plus à même d’assurer leur subsistance. Ces médias ont redéployé leurs ressources afin de produire un bien susceptible de plaire aux consommateurs et de ramener les publicitaires partis ailleurs. Une part du redressement récent de l’industrie tient à l’aide gouvernementale déployée au nom de la démocratie. Notre thèse questionne ce lien entre médias et démocratie. Nous y resituons le rôle des médias d’information dans le jeu démocratique en marquant les limites de leur capacité à servir le bien commun. Nous faisons enfin du droit des citoyens à l’information susceptible d’influencer leur bien-être, une condition de justice en démocratie. Nous y voyons un droit fondamental, au même titre que la liberté d’expression, qu’il incombe à l’État de protéger. Nous concluons cette thèse avec la proposition d’un cadre normatif destiné à mieux définir les motifs et les conditions de l’aide publique aux médias d’information.
Fetched live from OpenAlex and de-inverted. Abstracts are not stored in this database: the inverted indexes are 8.6 GB of the frame’s 9.3 GB of text, and the host has 13 GB free.
How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.003 | 0.008 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.003 | 0.005 |
| Science and technology studies | 0.005 | 0.010 |
| Scholarly communication | 0.021 | 0.016 |
| Open science | 0.001 | 0.004 |
| Research integrity | 0.002 | 0.003 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.031 | 0.003 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".