Les travailleuses de l’éducation et de la santé face au tournant néolibéral de l’État québécois (1980-1990)
Bibliographic record
Abstract
Dès les années 1960, l’État québécois s’est fortement engagé dans le secteur public, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Cependant, les années 1980 ont marqué un tournant. Dans un contexte de remise en question du providentialisme, le gouvernement procède à des coupes budgétaires importantes, adopte plusieurs lois spéciales et met en oeuvre diverses réformes qui ont affecté les services publics et les programmes sociaux. Cette thèse vise à comprendre comment les travailleuses de l’éducation et de la santé ont vécu le tournant néolibéral de l’État québécois dans les années 1980. En m’appuyant sur les approches de l’économie politique féministe, je démontre comment le virage néolibéral a entraîné une « crise de la reproduction sociale » qui a affecté les trajectoires professionnelles et personnelles des travailleuses, avec des répercussions durables dans les milieux de l’éducation et des soins. Quatre espaces ont été explorés et constituent les chapitres principaux de la thèse. Les chapitres 2 (Écoles) et 3 (Hôpitaux) présentent les transformations dans ces services publics, notamment en ce qui concerne la précarisation des conditions d’emploi, l’alourdissement et la complexification du travail, ainsi que les bouleversements dans le rapport à la profession des enseignantes et des soignantes. Alors que ces deux secteurs ont été examinés dans des champs historiographiques distincts, leur analyse au sein d’une même étude permet de mettre en évidence des similitudes quant aux perturbations qu’ont subies ces milieux d’emploi féminins. Le quatrième chapitre (Syndicats) se penche sur les rondes de négociations et les grèves de 1983, 1986 et 1989 dans le secteur public, en portant une attention particulière à la reconfiguration des stratégies et des revendications syndicales, ainsi qu’au déroulement plus « quotidien » des conflits. En fin de chapitre, il est question des expériences des travailleuses dans les structures syndicales – encore fortement masculinisées – et des retombées de leur implication, qui ont été largement sous-étudiées par l’historiographie syndicale. Le cinquième et dernier chapitre (Foyers) expose les changements dans les modèles conjugaux et familiaux des années 1980, ainsi que les débats entourant l’élaboration d’une première politique familiale québécoise sur fond de montée du néolibéralisme et de responsabilisation des ménages. J’aborde l’impact de la crise économique et de la précarisation sur la vie quotidienne des travailleuses ainsi que les conséquences du désengagement de l’État sur le travail gratuit des femmes, notamment quant à la prise en charge des personnes vulnérables. Le chapitre s’achève sur les luttes menées par les femmes pour « améliorer le quotidien ». Dans une conjoncture particulièrement difficile, d’importantes mobilisations entraînent des avancées décisives en matière de congés de maternité et d’accès aux garderies. Ce projet, qui s’appuie sur un vaste corpus de sources orales et de sources textuelles, apporte plusieurs contributions importantes à l’historiographie québécoise, en particulier dans les domaines de l’histoire des femmes, du syndicalisme, de l’État et des services publics. Alors que plusieurs travaux ont été consacrés à l’État-providence québécois, sa remise en cause à travers le néolibéralisme a été peu étudiée dans une perspective historique. Plus largement, cette thèse jette un nouvel éclairage sur une décennie souvent perçue comme une période de reculs, en mettant de l’avant les mobilisations des travailleuses pour la défense des services publics et l’obtention de nouveaux acquis. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : éducation, État québécois, enseignantes, grèves, infirmières, néolibéralisme, précarisation de l’emploi, santé, services publics, syndicalisme, travail de reproduction sociale
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.010 | 0.005 |
| Scholarly communication | 0.005 | 0.001 |
| Open science | 0.001 | 0.002 |
| Research integrity | 0.001 | 0.002 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.015 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".