C'était du spectacle. L'histoire des artistes transsexuelles à Montréal 1955-1985 (review)
Bibliographic record
Abstract
Reviewed by: C'était du spectacle. L'histoire des artistes transsexuelles à Montréal 1955-1985 Isabelle Boisclair Viviane Namaste , C'était du spectacle. L'histoire des artistes transsexuelles à Montréal 1955-1985. Montréal & Kingston, McGill-Queen's Université Press, coll. Études d'histoire du Québec, xiv-266 p. «L'histoire des généraux»: c'est l'expression que Tynianov utilise, en 1927, pour déplorer l'orientation adoptée par l'historiographie, qui s'est jusque-là essentiellement attardée aux grandes figures. C'est contre cette histoire officielle que l'histoire culturelle prend forme, sous l'impulsion des Élias, Foucault, et autres. Et, renouvelant le regard que l'on porte sur l'histoire, elle révèle de nouveaux objets. C'est dans ce cadre que se situe la recherche de Viviane Namaste sur les artistes transsexuelles (entendre travestis et transsexuelles œuvrant dans les cabarets) à Montréal, dont l'objectif est défini de façon fort circonscrite: il s'agit essentiellement de documenter l'histoire de ces sujets laissés pour compte parce que illégitimes dans l'ordre social. [End Page 639] Outre les objets de recherche, ce renouvellement disciplinaire affecte également la méthodologie, promouvant notamment la mise en relation de l'économique, du politique et du symbolique (Pascal Ory). Ainsi Namaste fait-elle fort pertinemment entrer en résonance la pratique artistique des transsexuelles avec le juridique et le médical. Le renouvellement disciplinaire affecte également et plus spécifiquement la diversification des sources, autorisant à se détourner des seules sources dites officielles, pour se mettre à l'écoute d'autres voix, notamment celles des personnes concernées. En l'occurrence, Namaste travaille à partir de la voix des «objets» de la recherche eux-mêmes – ce qui n'est pas sans subvertir la politique des représentations – ainsi que des sources imprimées qui ont conservé les traces de leurs activités, en l'occurrence les journaux jaunes. Étant donné l'écart entre ces pratiques méthodologiques et les pratiques instituées – car nonobstant les avances de l'histoire culturelle, celle-ci n'a pas encore pris complètement le pas sur les pratiques institutionnelles hégémoniques, plus «classiques» –, Namaste installe un dispositif de précautions important, aussi bien dans le texte lui-même que dans une annexe présentant des «réflexions méthodologiques», où elle justifie ses choix. Si les choix reliés aux sources ne posent pas de problème pour quiconque est familier avec les cultural studies, il en est un qui demeure cependant discutable, celui de la taille de l'échantillon. L'auteure dit avoir rencontré 14 transsexuelles; c'est peu lorsqu'on songe que certaines affirmations n'émanent que de l'une ou deux d'entre elles, et qu'elles sont corroborées par une ou deux autres: qu'un phénomène soit arrivé à deux ou trois personnes est-il suffisant pour être considéré représentatif du traitement réservé à une communauté? Cela dit, l'ouvrage de Namaste est passionnant à lire et on en apprend beaucoup. Le renversement de perspective laisse entendre un tout nouveau discours. En effet, il est éclairant d'entendre les voix qui ont longtemps été l'objet de discours nous raconter leur version des faits, leur expérience. Le premier chapitre présente le cadre général de la pratique artistique de l'époque, dans les cabarets de Montréal. Le deuxième se concentre sur les activités prostitutionnelles des travestis et des transsexuelles dans ce milieu. Les chapitres suivants portent sur les dimensions extérieures à ces pratiques, tout en leur étant étroitement liées: la santé est abordée, les lois civiles et, enfin, la répression policière. Ces trois aspects de la vie sociale montrent bien la difficulté de l'institution civile, ses résistances à accepter l'Autre, le non-conforme. La période embrassée s'étale de 1955 à 1985, mais la lecture laisse l'impression que la majeure partie des témoignages et des observations porte sur la fin des années 1950, puis les années 1960 et 1970. De fait, une précision sur la délimitation temporelle est apport...
Fetched live from OpenAlex and de-inverted. Abstracts are not stored in this database: the inverted indexes are 8.6 GB of the frame’s 9.3 GB of text, and the host has 13 GB free.
How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.001 | 0.001 |
| Bibliometrics | 0.004 | 0.007 |
| Science and technology studies | 0.002 | 0.004 |
| Scholarly communication | 0.003 | 0.002 |
| Open science | 0.001 | 0.001 |
| Research integrity | 0.001 | 0.002 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.027 | 0.004 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".