Les artisans bateliers du bassin de la Seine : des territorialités hybrides entre singularité et marginalité
Bibliographic record
Abstract
Par le fleuve, les bateliers approvisionnent la ville en marchandises. Jusqu’au XIXème siècle, ils ont été sédentaires. Mais suite au creusement d’un réseau de canaux leurs trajets se sont allongés. Les bateliers sont devenus itinérants. La famille s’est installée à bord. La voie d’eau est devenue à la fois leur espace de production, le transport de marchandises, et d’habitation. Ils ont du habiter le flux. À la manière des nomades du Sahel (Gagnol, 2011), les bateliers seraient, par leurs spatialités, une figure paradoxale de la postmodernité définie comme ‘liquid modernity’ (Bauman, 2000) : ‘polytopiques’, car contraints de pratiquer et d’habiter de nombreux lieux, en combinant temps de travail, de voyage, de résidence et de loisirs. Quelles territorialités les bateliers, en prises avec ces contraintes spatiales fortes, construisent-ils ? Selon un travail de terrain mené auprès d’artisans bateliers du bassin de la Seine, elle reposerait sur deux spatialités bien différentes. Les bateliers étant contraints d’habiter leur mobilité professionnelle, la première spatialité est à la fois professionnelle et résidentielle. Préoccupés principalement par la réussite commerciale, leurs pratiques spatiales sont extrêmement rationalisées. Leur souci est de rallier le plus vite possible les lieux de chargement/déchargement. S’arrêtant uniquement pour dormir, ils s’amarrent de façon stratégique dans les ports ou à proximité des chantiers, des carrières et des écluses pour respecter les délais. Ces haltes, superficiellement aménagées sont des lieux en marge des espaces urbains. Telles des ‘non-lieux’ (Auger, 1992), leur appropriation par les bateliers est minimale. Cette organisation du travail, soumise à un ensemble de contraintes spatio-temporelles, borne fortement la pratique des espaces près desquels ils naviguent. La voie d’eau et le chemin de halage constituent leurs frontières (Manceron, 1996). Les opportunités d’interactions avec les ‘gens d’à terre’ sont réduites. Les bateliers pratiqueraient un ‘ espace mobile’ (Retaillé, 2011), celui du fleuve ponctué de haltes fonctionnelles, un espace réticulaire parallèle à celui des ‘gens d’à terre’, en ce sens, un espace marginal. Cependant, les bateliers constituent un groupe doté d’une forte identité culturelle, se réunissant régulièrement, notamment lors des fêtes traditionnelles. Conflans-Sainte-Honorine et Saint-Mammès en sont les principaux lieux, lieux d’amarrage du week-end voire d’installation la retraite venue. Se trouvent aussi dans ces villes des services particuliers aux bateliers : assurances spécifiques et internats. Véritables villes batelières (Le Sueur, 1994), elles remplissent pour cette population les deux fonctions urbaines historiques : lieux de la coprésence (Levy, Lussault, 2003) et lieux centraux (Christaller, 1996) offrant des services rares. Cette sociabilité étant une construction de l’entre-soi à l’échelle du groupe professionnel, ces deux centralités urbaines ne sont pas partagées avec ‘ceux d’à terre’. La territorialité batelière repose ainsi sur deux pôles : l’habitat du flux professionnel et les lieux de la sociabilité socioprofessionnelle. Elle est hybride parce qu’à la fois réticulaire et ancrée ; individuelle et collective ; associant des lieux faiblement appropriés (les haltes) et d’autres fortement (l’embarcation-habitation, les villes batelières). Elle entremêle les dimensions résidentielles, professionnelles et sociales. Surtout, ces territorialités batelières nous semblent particulièrement en marge des territorialités dominantes et donc exclusives : exclusives à l’entreprise familiale durant les voyages et exclusives au groupe socioprofessionnel pendant les moments de sociabilité. Quels sont les rapports à l’autre au sein du groupe socioprofessionnel, mais aussi aux autres, ‘ceux d’à terre’, qui découlent de ces territorialités hybrides ? Inversement, quelles places sont de ce fait aujourd’hui laissées aux populations itinérantes ?
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.009 | 0.011 |
| Scholarly communication | 0.005 | 0.002 |
| Open science | 0.000 | 0.002 |
| Research integrity | 0.001 | 0.001 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.010 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".