18. La confessionnalité dans l'éducation
Bibliographic record
Abstract
Le 8 avril 1961, soit deux semaines avant la nomination des membres de la Commission Parent, est fondé à Montréal le « Mouvement laïque de langue française » (MLF). Ce mouvement réclame la mise en place d’une école neutre au plan religieux et, de façon plus générale, la laïcisation des institutions publiques de la société québécoise. La création du MLF est un signe des temps et annonce une sécularisation accélérée de la société de même qu’une transformation en profondeur de la place jusqu’alors dominante de l’Église catholique. En quelques années, cette dernière se retirera institutionnellement au profit d’organismes et de services mis en place par l’État, des champs d’activité, tels l’éducation, les services de santé, les services sociaux, où, depuis un siècle, elle avait joué un rôle de maître d’œuvre. Au moment où la Commission Parent se met au travail, le système d’éducation québécois est massivement confessionnel. Ainsi, les commissions scolaires responsables de l’enseignement élémentaire et secondaire public sont catholiques ou protestantes ; dans les villes de Montréal et de Québec, ce caractère confessionnel est même garanti par la Constitution canadienne. Les collèges classiques privés et les séminaires diocésains sont catholiques. Les universités francophones sont officiellement catholiques, dirigées par des ecclésiastiques et disposent de chartes pontificales ; les universités anglophones sont inscrites dans la mouvance du protestantisme. Seuls les écoles de métier, les instituts de technologies, les écoles de beaux-arts et les conservatoires, institués depuis le début du XXe siècle par l’État et relevant de divers ministères, ne sont pas formellement confessionnels. L’immense majorité des élèves et des étudiants sont inscrits dans des établissements confessionnels. Pourtant, les attitudes de la population en matière religieuse changent : une proportion croissante de personnes ne se reconnaissent plus d’affiliation religieuse et des parents réclament une école sans enseignement ni pratique religieux. Aussi, la composition même de la population, notamment par le fait de l’immigration, se diversifie, ce qui remet en cause les privilèges scolaires historiquement reconnus aux religions catholique et protestante ; par exemple, les communautés juives ne se sentent pas à l’aise dans les cadres scolaires confessionnels, même si une partie de leurs enfants fréquentent, à Montréal, les écoles protestantes. La Commission Parent affronte donc une situation complexe : d’une part, une forte proportion de la population demeure croyante et attachée à la présence de l’enseignement religieux à l’école ; d’autre part, si les droits reconnus aux catholiques et aux protestants ne peuvent être refusés aux autres confessions religieuses, on ne saurait consentir, pour autant, à un émiettement du système d’éducation. En outre, l’on peut penser que les commissaires, qui songeaient à des réformes en profondeur du système d’éducation, étaient soucieux de ne pas les compromettre en adoptant, en matière de confessionnalité, des positions trop radicales aux yeux de la population et des courants conservateurs de l’opinion. Il est significatif, à cet égard, que la question de la confessionnalité n’est abordée que dans le dernier tome du rapport de la Commission (volume 4, publié en 1966) et que les deux premières parties du rapport comportent des garanties pour la place de la religion dans le système scolaire : ainsi, la Commission a proposé qu’il y ait au ministère de l’Éducation des sous-ministres associés de foi catholique et protestante, au Conseil supérieur des Comités catholique et protestant, et des cours de religion (ou sciences religieuses) aux divers ordres. Au terme de ses analyses, la Commission développe donc sur la question de la confessionnalité dans l’éducation une position nuancée qu’elle espère acceptable pour la majorité de la population. Le système doit offrir un enseignement catholique, protestant ou non-confessionnel selon le désir des parents pouvant légitimement demander l’exemption de l’enseignement religieux à leurs enfants. Les structures administratives elles-mêmes (commissions scolaires, instituts) doivent être épurées de tout caractère confessionnel, à charge pour elles d’organiser et de dispenser un enseignement confessionnel dans les diverses traditions religieuses ou un enseignement moral non confessionnel. Dans les écoles élémentaires ou secondaires catholiques et protestantes, les enfants d’autres confessions ou sans confession ne doivent pas être contraints de suivre les cours de religion ou les pratiques religieuses prévus pour la majorité confessionnelle qu’accueille l’école. Le ministère de l’Éducation doit s’assurer que l’enseignement confessionnel est de qualité et confié à des enseignants qualifiés. Les universités, pour leur part, sont invitées à revoir leur caractère confessionnel. Les propositions de la Commission guideront la réforme de l’éducation en matière religieuse et il n’y aura pas de conflits majeurs en la matière. Cependant, il faudra attendre encore une génération pour que disparaissent les vestiges institutionnels de la confessionnalité religieuse dans le système scolaire québécois : en 1997, la Constitution canadienne est amendée pour abolir l’obligation de maintenir des commissions scolaires catholiques et protestantes dans les villes de Québec et Montréal et, en 2000, une loi de l’Assemblée nationale supprime les postes de sous-ministres associés de foi catholique et protestante et les comités confessionnels du Conseil supérieur de l’éducation.
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Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.003 | 0.005 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
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| Research integrity | 0.005 | 0.007 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.016 | 0.003 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".