“Fille-s dans l’imaginaire du Québec (1980–2015).” Tangence, par Eftihia Mihelakis
Bibliographic record
Abstract
Reviewed by: “Fille-s dans l’imaginaire du Québec (1980–2015).” Tangence, par Eftihia Mihelakis Ariane Gibeau Mihelakis, Eftihia, coordonnatrice. “Fille-s dans l’imaginaire du Québec (1980–2015).” Tangence, no. 119, 2019, ISSN 11894563, journals.openedition.org/tangence/647. 134 p. En juillet 2020, le Québec a traversé une seconde vague de dénonciations publiques d’abus sexuels et psychologiques. Plus encore que la vague #MoiAussi de l’automne 2017, l’été 2020 aura été marqué par la prise de parole de femmes et de personnes minorisées dans le genre, dévoilant, notamment sur les réseaux sociaux, des agressions vécues durant leur adolescence. Ces bouleversements sociopolitiques nous obligent plus que jamais à nous pencher sur la sexualité des filles, les contraintes et interdits qui l’entourent, de même que sur ses potentiels de transgression. Comme le montre tout un pan de la recherche féministe actuelle dans la veine des girlhood studies, la fille est, dans l’imaginaire et les discours ambiants, une figure qui suscite nombre de fantasmes sexistes, racistes, classistes, transphobes, etc.: on l’hypersexualise tout en contraignant l’expression de ses désirs, on exige qu’elle reste éternellement jeune et on la maintient dans une situation de “désappartenance perpétuelle” (Delvaux 18). Pour plusieurs critiques, il apparaît dès lors essentiel de lui redonner voix. Interroger les figures de jeunes filles dans la littérature québécoise contemporaine, comprendre qui elles sont et politiser leurs représentations, tels sont les objectifs d’Eftihia Mihelakis et des autrices rassemblées dans le dossier “Fille-s dans l’imaginaire littéraire au Québec,” publié dans Tangenceà l’automne 2019. Pour [End Page 275]Mihelakis, ce dossier fait notamment suite à une monographie consacrée à la virginité féminine et à la manière dont les discours mythologiques, juridiques et médicaux ont eu pour fonction, depuis l’Antiquité grecque, de contrôler le corps des jeunes filles. En analysant de tels discours, Mihelakis montrait déjà dans cet ouvrage comment la domestication des corps trouve son envers dans l’éventualité d’une subversion: “Puisque [le corps de la fille] fait appel à quelque chose qui n’est pas encore entièrement développé, il devient le site de toutes les possibilités et simultanément de toutes les restrictions” (Mihelakis 11). Cette dichotomie entre contrainte et résistance guide l’ensemble des textes du dossier et permet d’actualiser, dans les études littéraires québécoises contemporaines, un champ de réflexion vaste, riche et foisonnant. Revient, dans la plupart des textes ici rassemblés, un désir de penser la multiplicité des menaces pesant sur le corps des filles. C’est toute la question de l’agentivité sexuelle qui est alors posée. Lisant en parallèle la correspondance de Louis-Joseph Papineau (dont la mémoire collective a effacé les positions esclavagistes), et les romans Crude Nefertari Bélizaire et Amour, colère et foliede Marie Vieux-Chauvet, Nathalie Batraville s’intéresse aux interactions entre violence sexuelle et domination raciale, le viol et l’esclavage ayant en commun “de réduire l’être en chair, de rendre la personne soluble dans la chose, en lui refusant toute possibilité de fuite et d’évasion” (Batraville 17). En détaillant notamment les mécanismes d’annihilation et de dissociation au cœur du discours de la narratrice de Cru, laquelle est victime d’inceste durant toute son enfance, Batraville étudie le “non-lieu” dans lequel sont plongées les personnes victimes de violents traumatismes et explore les possibilités de fuite. Karine Rosso lit quant à elle deux romans d’auteurs blancs, Soudain le Minotaurede Marie-Hélène Poitras et Quelque part en Amériqued’Alain Beaulieu, et observe comment la figure de la señoritay est associée à une série de stéréotypes exotiques et colonialistes. Elle note par exemple une “surreprésentation de prostituées, de victimes d’agression et de femmes au foyer” (Rosso 76), par opposition aux personnages de jeunes femmes blanches éduquées et “libérées.” Eftihia Mihelakis se penche sur l’œuvre de France...
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How this classification was reachedexpand
Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.001 | 0.001 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.002 | 0.003 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.003 | 0.002 |
| Bibliometrics | 0.001 | 0.006 |
| Science and technology studies | 0.008 | 0.010 |
| Scholarly communication | 0.001 | 0.002 |
| Open science | 0.004 | 0.001 |
| Research integrity | 0.002 | 0.003 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.036 | 0.027 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; both teacher heads agree on what is shown here.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".