Isabelle Eberhardt, Assia Djebar et Nina Bouraoui : le devenir métis(se) dans la littérature algérienne
Bibliographic record
Abstract
Depuis plus d’une vingtaine d’année et de manière de plus en plus soutenue à l’heure où le métissage s’est érigé en idiome planétaire, de nombreuses personnalités littéraires, appartenant à une frange pluriculturelle au carrefour d’influences multiples, clament à travers leurs oeuvres et leurs prises de parole une appartenance à un imaginaire émancipé des contours nationaux binaires et essentialistes. À travers ces remises en cause, artistes et philosophes explorent une « voie tierce » permettant d’entrevoir l’horizon d’un devenir métis, interstice dans lequel il serait possible de reconnaitre et de poursuivre une action qu’Édouard Glissant dirait « d’unité et de diversité libératrices. » Dans le champ littéraire francophone, le cas de la littérature algérienne nous interpelle particulièrement, notamment en raison des voix féminines qu’elle abrite et qui s’illustrent parmi les contributions notables à cet imaginaire, en plus d’avoir la particularité d’intégrer à la perspective d’un devenir métis une dimension féminine supplémentaire, laquelle constitue la tache aveugle de la pensée du métissage. Nous nous penchons pour ce mémoire plus précisément sur la filiation de trois autrices appartenant à ce corpus, soit Isabelle Eberhardt, Assia Djebar et Nina Bouraoui. Couvrant plus d’un siècle, notre analyse fait advenir entre elles un échange inédit afin de faire ressortir les figures, les thèmes et les motifs qui permettent de cerner les contours d’une posture métisse féminine algérienne, à la fois inusitée, atemporelle et emblématique au sein des auteurs et autrices de la littérature-monde. La première autrice de cette filiation, Isabelle Eberhardt, est une écrivaine suisse transfuge, convertie à l’Islam et rebaptisée Mahmoud Saadi. Ses écrits personnels, rassemblés dans le premier tome de l’ouvrage Écrits sur le sable (1904) mêlent sans distinction les langues et les imaginaires de trois continents et ainsi manifestent l’émergence d’une conscience métisse durant la période coloniale. La deuxième autrice, Assia Djebar, plume postcoloniale incontournable, pose dans son roman Nulle part dans la maison de mon père (2007), un ultime regard sur sa position ambiguë de femme algérienne assumant avec originalité son usage du français et son métissage culturel avec la culture des dominants. Enfin, la troisième autrice, Nina Bouraoui, franco-algérienne, expose un éclatement identitaire et un rapport subversif aux frontières stylistiques, nationales et sexuelles typiquement postmoderne dans son roman Tous les hommes désirent naturellement savoir (2018). Le premier chapitre situe dans son contexte épistémologique et historique le cadre conceptuel de notre recherche en définissant le nouveau paradigme mondial auquel nous sommes confronté.e.s depuis l’avènement de la Totalité-Monde. Cette amorce nous permet d’entrer ensuite dans la pensée du métissage à travers l’exposé des contributions principales auxquelles nous nous référons soit Édouard Glissant, François Laplantine, Alexis Nouss et Gloria Anzaldùa. En clôture nous revenons sur le contexte critique respectif entourant les oeuvres de nos trois autrices. Le deuxième chapitre est consacré à la notion de conscience métisse, laquelle émerge à l’intersection de plusieurs formes d’exils. La confrontation avec de muliples frontières concourt chez nos autrices à leur relativisation. Retranchées dans une espace ambivalent, à l’image de la rive méditérannéenne, elles ressentent vertige et solitude. Or, ce « nulle part », conçu comme béance créatrice, se sublime dans la pratique de l’écriture. Enfin le troisième chapitre souligne l’adhésion progressive de nos autrices à une dynamique de métissage et explore les stratégies et les postulats intellectuels qui leur permettent de conserver la tension inhérente à ce processus. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : postcolonialisme, littérature algérienne, métissage, féminisme poscolonial, Isabelle Eberhardt, Assia Djebar, Nina Bouraoui
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.002 | 0.002 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.001 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.005 | 0.005 |
| Scholarly communication | 0.005 | 0.003 |
| Open science | 0.001 | 0.002 |
| Research integrity | 0.001 | 0.002 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.008 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".