Sexualité et hiérarchies de classe
Bibliographic record
Abstract
La sexualité constitue désormais un objet légitime, bien qu’à développer encore, des sciences sociales du politique, et pas uniquement lorsqu’elle est déclinée sous l’angle des politiques sexuelles. C’est ce que montre le présent dossier en s’intéressant aux modes d’articulation entre sexualité et classe sociale dans différentes configurations et aux processus de hiérarchisation, de distinction et de politisation qui en résultent. Comme le rappellent Marion Maudet et Lucas Monteil dans l’article introductif, les travaux qui s’inscrivent dans ce champ de recherche ont montré comment la classe dessine les formes, les conditions d’accès et d’expérience de la sexualité, mais aussi comment la sexualité joue un rôle dans la production des frontières et des rapports sociaux de classe. La sexualité constitue conjointement un rapport de domination, qui distingue et hiérarchise les groupes sociaux, et un langage commode pour signifier – et ainsi naturaliser et légitimer – d’autres rapports de pouvoir, en particulier de classe. Si l’on sait que la sexualité est étroitement imbriquée au genre (la matrice hétérosexuelle reposant sur la distinction et la hiérarchisation des hommes et des femmes, du masculin et du féminin), les effets de son articulation simultanée avec les rapports sociaux de classe (mais aussi d’âge et de race) dépendent des configurations observées.Ces variations sont illustrées dans les quatre articles originaux qui composent ce dossier Sexualité et hiérarchies de classe. Dans le contexte post #MeToo en France, Rebecca Lévy-Guillain s’intéresse ainsi aux effets de la diffusion des discours valorisant le consentement sur les représentations de la « bonne » sexualité chez des femmes hétérosexuelles de différentes classes sociales et différents âges. À partir d’une enquête par entretiens biographiques, elle montre que le développement d’une perspective constructiviste des rôles sexuels dépend avant tout des expériences vécues et d’une disponibilité biographique rendant sensibles à ce nouveau script sexuel, les clivages de classe ne jouant qu’un rôle secondaire. Dans le même contexte, Laure Beaulieu décrypte les effets du scandale de la « ligue du Lol » dans une rédaction de la presse nationale où elle a mené une enquête ethnographique. Ici, la proximité sociale et professionnelle entre les auteurs de violences sexistes et sexuelles et les journalistes empêche la production de l’habituel cadrage qui tend à altériser socialement et racialement les auteurs de violence. La mise à distance s’opère alors par la réaffirmation de normes professionnelles distinctives visant à se différencier des journalistes incriminés. Mickaël Durand analyse quant à lui le rapport au vote de gays et lesbiennes dans la France des années 2010, à partir d’entretiens biographiques approfondis. Le rôle de l’appartenance homosexuelle varie selon son degré de conflictualisation (différent selon le milieu social et l’ancrage à gauche ou à droite) et selon le degré de compétence politique des individus. Le contexte politique s’avère également déterminant : l’appartenance homosexuelle prend davantage de poids dans un contexte de polarisation autour de l’homosexualité, où le vote peut devenir le moyen de défendre son groupe. Cet effet du contexte politique et social est également mis en évidence dans l’article de Clémentine Comer, Camille Morin-Delaurière, Alice Picard et Françoise Bagnaud, qui étudie la formation d’un espace de la cause lesbienne dans une métropole régionale française dans les années 1980 et 1990. À partir d’une ethnographie historique et d’entretiens auprès d’ex-militantes, les autrices mettent en évidence le rôle décisif des capitaux culturels et des trajectoires sociales dans la composition et le positionnement de deux associations lesbiennes des années 1980 (entre féminisme radical et lieu de sociabilité), tandis que la réduction des distances sociales entre militantes dans la décennie 1990 estompe les frontières associatives et rapproche les modalités d’appropriation de la catégorie de lesbienne.Ces enquêtes originales sur le contexte français sont complétées par un article d’Amy Hanser, un « classique » des études de genre et de sexualité au travail, paru initialement en 2005 dans la revue Gender & Society et traduit pour Politix par Hélène Boisson. La sociologue, professeure à l’Université de Colombie britannique au Canada, y analyse les performances de genre et de sexualité des employées de différents lieux de vente, dans le contexte de transition politique et économique de la Chine. L’enquête montre que la hiérarchisation entre les manières d’incarner la féminité et l’(hétéro)sexualité consolide la désirabilité du régime capitaliste chinois et légitime les nouvelles inégalités de classe, témoignant de l’efficacité du langage du genre et de la sexualité pour naturaliser les frontières sociales et politiques.Le dossier se clôt par un entretien croisé avec trois spécialistes français·es des liens entre sexualité et hiérarchies sociales. Isabelle Clair, Wilfried Rault et Sylvie Tissot reviennent sur leur parcours de recherche, la manière dont il et elles ont rencontré ces questionnements, les cuisines de leurs enquêtes – qualitatives ou quantitatives –, leurs principaux résultats et les prolongements de leurs recherches. Ce dialogue croisé très riche, servi par une grande réflexivité, permet de saisir les enjeux et apports épistémologiques du développement d’un champ de recherche novateur au cœur des sciences sociales du politique.
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How this classification was reachedexpand
Full frame machine prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. The Gemma side is a direct model label for every work in the frame, read from the title-only record. The Codex side is a classifier learned from the 10,348 direct Codex labels and calibrated to design-weighted sample rates; fields without enough sample support carry no Codex call. Candidate is the union of the two sides; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels.
Distilled classifier scores by category (both heads)
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.002 | 0.005 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.002 | 0.002 |
| Science and technology studies | 0.003 | 0.010 |
| Scholarly communication | 0.006 | 0.004 |
| Open science | 0.000 | 0.003 |
| Research integrity | 0.001 | 0.001 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.011 | 0.001 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one source (direct Gemma or distilled Codex), not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".