Les décors peints du XVIe siècle
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Abstract
Les décors peints du XVI e siècle dans les demeures messines et lorraines : reflets de la vie artistique et des courants humanistes de ce temps Par Ilona HANS-COLLAS, membre correspondantDès les premières décennies du XVI e siècle, le décor peint connaît dans les constructions civiles en Lorraine un renouveau exceptionnel.Le décor prestigieux de la Galerie des Cerfs du palais ducal de Nancy, peint par Hugues de la Faye entre 1524 et 1529 en est l'exemple le plus célèbre.Détruit, le cycle n'est connu que par des dessins préparatoires (fig.1).L'histoire du cerf, de sa naissance jusqu'à sa mort, se trouve illustrée dans de grands tableaux et est mise en parallèle avec l'histoire du Christ, repré-Nativité du Christ (médaillon) Les veneurs cherchant la piste, Judas montrant le Christ au jardin des oliviers (médaillon)d'un voile blanchâtre dû aux sels qui migrent à la surface, ce qui rend les peintures quasi illisibles (fig.2, a).Grâce aux documents photographiques de l'époque (5), il est possible aujourd'hui de se faire une idée précise du décor.La largeur du plafond ne devait pas excéder les 2,10 m alors que la longueur peut être estimée à environ 5 m (6).Le mode de construction des plafonds avait été observé par Auguste Prost, archéologue messin, et décrit comme suit : « les poutres avivées ont été également espacées ; sur le flanc de chacune d'elles et à moitié de la hauteur, des cercles de tonneau (7) redressés avaient été cloués à plat et en ligne droite pour former des tasseaux sur lesquels on avait ensuite posé des séries de cercles de même courbure, qui ont été noyés dans un hourdi en mortier de chaux et sable fin, puis le dessous a été dressé en mortier fin de chaux et sable mélangé de poils, dit blanc de bourre, et c'est sur cet enduit encore frais que l'artiste est venu peindre à fresque »(8).Parmi les nombreux plafonds peints du XIV e au XVI e siècle, c'est le seul de ce type connu en Lorraine.Le décor couvre ces entrevous en berceau segmentaire formant de larges bandes décoratives (la courbure fait environ 80 cm de large).Des motifs végétaux et géométriques occupent la plus grande place et ornent généreusement l'espace entre les deux extrémités qui sont occupées par des bustes d'hommes et de femmes sur quatre des sept entrevous.Le deuxième entrevous comporte un petit cartouche dans lequel est inscrite la date de 1543 (9) (fig.2, b).Le décor figuré et ornemental est traité en grisaille sur des fonds alternativement rouges et bleus.Ces deux couleurs se retrouvent sur les solives qui séparent les entrevous.Chaque entrevous comprend des ornements différents qui s'agencent à la manière de candélabres : de grandes feuilles sont rassemblées en bouquets ou disposées le long d'une tige droite ou enroulée, tiges qui sortent de vases ; ou bien des motifs floraux inscrits dans une forme losangique 5. J'adresse mes remerciements les plus vifs à Monsieur Michel Euzenat, propriétaire de ces clichés.En tant qu'habitant de Metz, il fut témoin des démolitions dramatiques ; également technicien-restaurateur au musée de la ville, il construisit le châssis pour assurer un nouveau support aux peintures et combla les lacunes par un nouvel enduit.6. Les cinq entrevous (sur les sept d'origine), conservés au musée de Metz, mesurent 3,90 m de long.7. Cercles de tonneaux ordinaires comme l'indiquaient les ligatures d'osier qui existaient encore sur plusieurs d'entre eux.8. Bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, 1869, p. 129-130.9. Cette même date fut relevée en 1869 sur l'une des faces du chevêtre de la cheminée.
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