Faire corps à distance ? Vers une approche communicationnelle et sensible du phénomène des nomades corporatifs
Bibliographic record
Abstract
Cette thèse interroge les transformations des formes d’appartenance organisationnelle à l’ère du travail à distance postpandémique, à travers la figure émergente des nomades corporatifs, située au croisement entre nomadisme numérique et salariat. Pour comprendre comment ces personnes « font corps » à distance, la thèse poursuit trois objectifs : (1) identifier les pratiques qui permettent de maintenir une connexion au collectif ; (2) analyser la manière dont ces pratiques sont vécues, racontées et investies émotionnellement ; (3) comprendre comment elles participent à la constitution de l’organisation et proposer une lecture processuelle du faire corps comme dynamique située, incarnée et non linéaire. La recherche mobilise les apports de l’École de Montréal, l’une des approches de la Communication Constitutive de l’Organisation (CCO), qui conçoit l’organisation comme un phénomène émergent issu des interactions et des pratiques communicationnelles. Elle s’appuie également sur une perspective sociomatérielle de la pratique, permettant d’analyser comment le travail s’inscrit dans des configurations concrètes façonnées par les corps, les objets et les environnements. Le croisement de ces deux approches rend possible une lecture sensible, située et processuelle des formes d’appartenance organisationnelle à distance. Ce cadre théorique s’accompagne d’une posture méthodologique fondée sur une ontoépistémologie de la pratique, attentive aux dimensions relationnelles et incarnées du travail. L’enquête repose sur 63 entretiens semi-directifs, une méthode de filature adaptée aux environnements numériques, ainsi qu’une écriture réflexive nourrie par des journaux de bord. L’analyse met en évidence un répertoire de quinze pratiques organisées autour de quatre dimensions : négociation des ancrages à distance, appropriation des espaces, travail des temporalités et métacommunication. Ces pratiques révèlent un travail implicite du lien visant à rendre perceptible une présence au collectif. Ce travail relationnel et émotionnel demeure cependant asymétrique, car largement porté par les individus et rarement reconnu. L’analyse fait également apparaître un modèle processuel en trois mouvements : faire corps, défaire corps et refaire corps, selon des formes variables d’attachement et de distanciation. Sur le plan théorique, la thèse enrichit les travaux sur les nouvelles formes de travail et sur le métatravail en montrant que faire corps à distance implique un effort supplémentaire d’ajustement émotionnel et de présence pour maintenir le lien au collectif. Elle met aussi en lumière l’ambivalence constitutive des dispositifs de travail « depuis partout », où la promesse d’autonomie coexiste avec des attentes implicites de conformité ; cette ambivalence apparaît moins comme une faille que comme un ressort structurant des formes contemporaines d’appartenance au travail. Enfin, la thèse propose le concept de degrés d’encorporation pour penser le lien au collectif comme un continuum affectif et situé. Sur le plan méthodologique, elle renouvelle l’usage de la filature en contexte distancié numérique et contribue au développement d’une ethnographie attentive aux dimensions affectives. Des pistes opérationnelles sont également formulées pour renforcer les dynamiques relationnelles à distance, tant du côté des organisations et des gestionnaires que des personnes concernées. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : nomades corporatifs, travail à distance, approches CCO, pratique sociomatérielle, filature
Fetched live from OpenAlex and de-inverted. Abstracts are not stored in this database: the inverted indexes are 8.6 GB of the frame’s 9.3 GB of text, and the host has 13 GB free.
How this classification was reachedexpand
Full frame distilled prediction
Teacher imitationNot calibrated prevalence, not ground truth. Human validation pending. Learned from the 10,348 direct Codex labels and 10,348 direct Gemma labels. Candidate is the union of thresholded teacher heads; consensus is their intersection. These outputs are machine_predicted_unvalidated and are not human labels or direct frontier model labels.
Codex and Gemma teacher scores by category
| Category | Codex | Gemma |
|---|---|---|
| Metaresearch | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (narrow) | 0.000 | 0.000 |
| Meta-epidemiology (broad) | 0.000 | 0.000 |
| Bibliometrics | 0.000 | 0.001 |
| Science and technology studies | 0.001 | 0.001 |
| Scholarly communication | 0.000 | 0.000 |
| Open science | 0.000 | 0.000 |
| Research integrity | 0.000 | 0.000 |
| Insufficient payload (model declined to judge) | 0.000 | 0.000 |
Machine scores (provisional)
The two teacher heads of the student model, read on this work. A score orders the frame for review; it never asserts a category, and the validation status ships verbatim with every row.
Baseline scores from an immature model (maturity gate not passed, 7 training rounds). Scores rank; they never assert a category.
score_only:v0-immature-baseline · verbatim from the scoring run: score_only means the number may rank works, and no category label ships from itClassification
machine, unvalidatedMachine predicted; a candidate call from one teacher head, not a consensus.
How this classification was reached, model by model and score by score, is at the end of the page under "How this classification was reached".